Guerre des robes sur ta­pis rouge

PARIS | (AFP) À Cannes, la com­pé­ti­tion se joue sur les écrans, mais aus­si sur ta­pis rouge : les ac­trices du monde en­tier ri­va­lisent d’élé­gance et de gla­mour aux frais de mai­sons de cou­ture qui se dis­putent leurs fa­veurs pour pro­fi­ter de cette ex­cep­tion­nel

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA -

« Il y a peu de mai­sons, mais la concur­rence est forte », re­con­naît-on chez Elie Saab. Les pe­tites mai­sons sont pra­ti­que­ment hors course, même s’il ar­rive que des stars créent la sur­prise en pio­chant dans leur ves­tiaire, comme Sha­ron Stone il y a quelques an­nées avec Guy La­roche.

C’est qu’ha­biller des cé­lé­bri­tés sup­pose un bud­get non seule­ment pour le prêt des vê­te­ments, mais aus­si « pour leur faire des ca­deaux, les in­vi­ter à de grandes soi­rées » où elles se­ront abon­dam­ment pho­to­gra­phiées, ex­plique un bon connais­seur du mi­lieu.

Pour les grandes marques, le fes­ti­val est de­ve­nu, avec la cé­ré­mo­nie des Os­cars, l’un des prin­ci­paux évé­ne­ments mé­dia­tiques de l’an­née.

D’où leur mo­bi­li­sa­tion pour prê­ter robes, ac­ces­soires et bi­joux. « Il y a un gros tra­vail d’ap­pel pour que les ac­trices viennent voir nos col­lec­tions », confie-ton chez Elie Saab. D’autres disent ne pas sol­li­ci­ter les co­mé­diennes : « Nous sommes plé­bis­ci­tés », af­firme-t-on chez Cha­nel.

Outre ses égé­ries, comme An­na Mou­gla­lis, Cha­nel va ha­biller la pré­si­dente du ju­ry, Isa­belle Hup­pert. Elle au­ra une « garde-robe toute prête », dont une robe spé­cia­le­ment des­si­née par Karl La­ger­feld. Asia Ar­gen­to et Ro­bin Wright Penn, membres du ju­ry, ont contac­té la mai­son, qui es­père aus­si ha­biller des fi­dèles, comme Diane Kru­ger ou Pe­ne­lope Cruz.

POUR LA QUA­LI­TÉ

Les mai­sons sont très vi­gi­lantes quant aux choix des ac­trices. « Il n’y a pas for­cé­ment de cri­tère », dit-on chez Dior, mais la robe doit « cor­res­pondre à l’ac­trice et à l’image de la mai­son ».

Chez Cha­nel, on sou­ligne être « pour la qua­li­té, pas la quan­ti­té ». « Si Pa­me­la An­der­son (NDLR l’hé­roïne d’Alerte à Ma­li­bu à la poi­trine avan­ta­geuse) m’ap­pelle demain, je vais dire non », ex­plique une porte-pa­role.

Le choix des dif­fé­rentes te­nues se fait gé­né­ra­le­ment à Paris. « On fait le maxi­mum d’es­sayages de fa­çon à faire les re­touches à Paris et à avoir les robes prêtes quand on ar­rive à Cannes, et dé­jà at­tri­buées », ex­plique-ton chez Dior. Les vê­te­ments, qui valent sou­vent plu­sieurs mil­liers d’eu­ros cha­cun, sont ache­mi­nés par « ca­mion sé­cu­ri­sé ».

Dior ha­bille « une pe­tite ving­taine de co­mé­diennes » et, outre leurs te­nues, em­porte près d’une cen­taine de robes qui se­ront à la dis­po­si­tion d’autres ac­trices et per­son­na­li­tés dans un grand hô­tel.

La mai­son Cha­nel, qui en­voie elle aus­si une pe­tite équipe sur place, pré­voit « quelques robes de se­cours » pour les stars qu’elle ha­bille.

Le plus grand dan­ger, « c’est d’ha­biller avec la même robe deux ac­trices, le même soir, sur le même ta­pis », sou­li­gnet-on chez Elie Saab où l’on note scru­pu­leu­se­ment « qui a por­té quoi de­puis des an­nées ».

Les robes, qui ne peuvent être por­tées qu’une seule fois, sont en prin­cipe ren­dues, même s’il ar­rive qu’elles soient of­fertes aux ac­trices. Plus fré­quem­ment, l’ac­trice gar­de­ra « un pe­tit ac­ces­soire, un sac ou une paire de chaus­sures qui lui plaisent », dit-on chez Dior.

Rares sont celles qui conservent robes et ac­ces­soires sans au­to­ri­sa­tion. On garde ce­pen­dant chez Cha­nel le sou­ve­nir cui­sant d’une cé­lé­bri­té qui n’a ja­mais vou­lu rendre une robe par­ti­cu­liè­re­ment pré­cieuse, et l’on se ré­jouit qu’elle n’ait rien de­man­dé cette an­née.

Ma­don­na en Cha­nel. Mo­ni­ca Bel­luc­ci en Dior. Eva Her­zi­go­va en Dior. Diane Kru­ger en Cha­nel, ici avec Karl La­gar­feld.

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