C’est pas moi, je le jure !

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA -

L’an­née 1968 marque un tour­nant dans la vie du pe­tit Léon Do­ré, dix ans. Sa fausse ten­ta­tive de sui­cide, par pen­dai­son, passe à un doigt de réus­sir. Peu après, sa mère neu­ras­thé­nique, qui étouffe au­près de son ma­ri, part s’éta­blir en Grèce, lais­sant leurs deux fils à ses soins. Tan­dis que son frère aî­né cultive sa ran­coeur, Léon pille et met sens des­sus des­sous la mai­son des voi­sins par­tis en va­cances, ma­ni­gance, tourne son père et tous les autres en bour­rique. À l’ex­cep­tion de Léa, la jeune voi­sine qui voit clair dans son jeu et qui, ayant elle-même des comptes à ré­gler avec le des­tin, va ai­der Léon à vo­ler de l’ar­gent afin qu’il puisse s’ache­ter un billet d’avion pour la Grèce.

CE QUE NOUS EN PEN­SONS

Ce film de Philippe Fa­lar­deau tire sa sève, non pas d’un seul, mais de deux ro­mans au­to­bio­gra­phiques de Bru­no Hé­bert. Ce qui pour­rait ex­pli­quer que le film, dont le foyer dra­ma­tique ap­pa­raît d’en­trée de jeu bien dé­fi­ni, avance en­suite en zig­zags, sui­vant un arc plus ou moins bien dé­fi­ni, avec plu­sieurs op­tions de dé­noue­ment en cours de route. C’est là le prin­ci­pal bé­mol à ap­por­ter à cette mé­di­ta­tion émou­vante et drôle sur le thème de la fa­mille écla­tée. Celle-ci se dis­tingue par la qua­li­té de sa mise en scène, ja­mais po­reuse, tou­jours ferme et in­ven­tive, et la belle so­brié­té de sa di­rec­tion ar­tis­tique, qui évite le piège de la nos­tal­gie. À cet égard, la par­ti­tion de l’au­teur-com­po­si­teur Pa­trick Wat­son che­vauche les époques et ap­porte une cou­leur mé­lan­co­lique par­fai­te­ment adap­tée aux états d’âme de Léon, cam­pé avec un na­tu­rel si­dé­rant par le pe­tit Antoine L’Écuyer.

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