L’amour de la terre unit L’IR­LANDE ET LE QUÉ­BEC

GROSSE-ÎLE | Les Qué­bé­cois et Ir­lan­dais sont unis par l’amour de leurs terres et par­tagent une his­toire com­mune, es­time le mi­nistre ir­lan­dais des Af­faires com­mu­nau­taires, ru­rales et gaé­liques, Éa­mon Ò Cuïv.

Le Journal de Montreal - Weekend - - TOURISME - Marc-André Sé­guin Le Jour­nal de Qué­bec

En vi­site à Grosse-Île, pour com­mé­mo­rer le cen­te­naire de la Croix cel­tique, éri­gée sur le site en 1909 à la mé­moire des per­sonnes dé­cé­dées des consé­quences de la Grande fa­mine en Ir­lande, le mi­nistre a te­nu à rap­pe­ler l’im­por­tance du site en tant que mo­ment-char­nière des his­toires ir­lan­daise, qué­bé­coise et ca­na­dienne. « Je crois que l’amour de sa terre et d’où on vient est un sen­ti­ment très fort ici, et c’est quelque chose que nous, Ir­lan­dais, res­sen­tons aus­si à pro­pos de notre île », a-t-il ajou­té à pro­pos des Qué­bé­cois.

Le mi­nistre Ò Cuïv, le mi­nistre canadien de l’En­vi­ron­ne­ment et res­pon­sable de Parcs Ca­na­da, Jim Pren­tice, ain­si que l’am­bas­sa­deur d’Ir­lande au Ca­na­da, De­clan Kel­ly, ont dé­voi­lé une plaque com­mé­mo­ra­trice et ont plan­té un arbre pour rap­pe­ler l’his­toire que par­tagent les deux pays. Une nou­velle exposition à la­quelle ont contri­bué les gou­ver­ne­ments ir­lan­dais et canadien se­ra aus­si lan­cée.

La cé­ré­mo­nie à Grosse-Île est la pre­mière com­mé­mo­ra­tion de la Grande fa­mine que l’Ir­lande sou­ligne à l’étran­ger. D’après M. Ò Cuïv, c’est le cen­te­naire de la Croix cel­tique or­nant la rive sud de l’île qui a dé­ter­mi­né le choix de son gou­ver­ne­ment pour sa pre­mière com­mé­mo­ra­tion in­ter­na­tio­nale de la tra­gé­die. Au XIXe siècle, cette der­nière a pro­vo­qué la mort ou l’exode de plus de deux mil­lions d’Ir­lan­dais.

UNE CROIX, TROIS MES­SAGES

La Croix cel­tique n’est d’ailleurs pas ab­sente de sens pour les Ir­lan­dais. Alors que les ins­crip­tions qu’on y trouve en fran­çais re­mer­cient les prêtres qui ont ai­dé les Ir­lan­dais à Grosse-Île et que celles en an­glais rap­pellent le contexte de l’inau- gu­ra­tion du mo­nu­ment, la ver­sion en gaé­lique, di­ri­gée en di­rec­tion de l’Ir­lande, évoque un mes­sage beau­coup plus cri­tique.

« Les en­fants de l’Ir­lande sont dé­cé­dés ici par mil­liers, fuyant des lois ty­ran­niques et une fa­mine ar­ti­fi­cielle en Ir­lande en 1847-1848, et les Ir­lan­dais de l’Amé­rique érigent ce mo­nu­ment en leur nom. Dieu sauve l’Ir­lande », peut-on lire en gaé­lique.

PHOTOS KARL TREM­BLAY

1. À comp­ter de 1845, les Ir­lan­dais qui fuyaient la Grande fa­mine com­men­cèrent à ar­ri­ver à Grosse-Île, pla­cés là en qua­ran­taine avant d’ac­cos­ter à Qué­bec. 2. La croix a été éri­gée en mé­moire des per­sonnes dé­cé­dées de la fa­mine. 3. Des mil­liers d’Ir­lan­dais ont été en­ter­rés au ci­me­tière de Grosse-Île.

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