Là où tout le monde tire sa sub­sis­tance du PAL­MIER À HUILE

Le Journal de Montreal - Weekend - - TOURISME - Paul Si­mier Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

TOK­PAÏ­ZO, Bé­nin | Le pal­mier à huile est un arbre ma­gique. Il pro­cure une di­zaine de pro­duits dif­fé­rents au point d’as­su­rer du tra­vail et leur sub­sis­tance à tous les vil­la­geois, cha­cun ayant dé­ve­lop­pé sa spé­cia­li­té.

Au vil­lage de Tok­paï­zo, tous les ha­bi­tants se trouvent d’une fa­çon ou d’une autre im­pli­qués dans l’ex­ploi­ta­tion de cet arbre ty­pique du mi­lieu tropical hu­mide, dont les plan­ta­tions couvrent toute la par­tie sud du Bé­nin.

Cette es­pèce de pal­mier est en pre­mier lieu culti­vée pour ses fruits qui se pré­sentent sous la forme de ré­gimes de noix de cou­leur rouge.

« L’HUILE ROUGE »

Une fois bouillies, les noix sont pres­sées dans une cuve en bé­ton (ou en­core dans une pi­rogue) grâce à un long et pa­tient pro­ces­sus de... pié­ti­ne­ment. L’huile rouge ain­si ex­traite de la pulpe est en­suite mise à dé­can­ter, puis fil­trée.

L’huile de pre­mière qua­li­té est des­ti­née aux usages ali­men­taires, la se­conde qua­li­té uti­li- sée pour la fa­bri­ca­tion de sa­von, une fois mé­lan­gée à de la cendre.

La pulpe des noix de palme, sé­chée sous la forme de grosses ga­lettes, est ven­due comme com­bus­tible.

Le noyau conte­nu dans la noix de palme, que l’on casse pa­tiem­ment à l’aide d’une pierre, contient une amande qui sert à pro­duire l’huile de pal­miste, un corps gras de qua­li­té uti­li­sé pour les soins de la peau.

Du pal­mier à huile on re­cueille éga­le­ment la sève. À Tok­paï­zo, comme ailleurs au Bé­nin, plu­tôt que d’en­tailler l’arbre sur pied on abat ce­lui-ci, non sans avoir au préa­lable plan­té un plant de rem­pla­ce­ment.

VIN DE PALME ET EAU-DE-VIE

Mise à fer­men­ter, la sève du pal­mier à huile donne un vin de quelques de­grés d’al­cool dès la pre­mière jour­née, qui de­vient plus fort et aus­si plus aigre les jours sui­vants.

Après une fer­men­ta­tion de 11 jours, le vin de palme est dis­til­lé pour pro­duire une eaude-vie ap­pe­lée lo­ca­le­ment so­da­bi, à l’aide d’un alam­bic de fa­bri­ca­tion très ar­ti­sa­nale.

Les troncs du pal­mier à huile servent à construire des char­pentes, et les ner­vures des feuilles servent de lattes pour la construc­tion de toi­tures ou en­core de clô­tures.

On se sert par ailleurs des ner­vures de feuilles de pal­mier pour fa­bri­quer des pa­niers de toutes les tailles et aus­si des nattes. Les fibres sont uti­li­sées dans la fa­bri­ca­tion de cordes.

Les co­quilles de noix sont des­ti­nées au for­ge­ron qui les uti­lise comme com­bus­tible.

En­fin, pen­dant que la pulpe ob­te­nue des noix sèche au so­leil, la vo­laille y pi­core les der­niers élé­ments nu­tri­tifs.

Entre toutes ces tâches im­pli­quant tant les hommes que les femmes, les jeunes, les adultes que les per­sonnes âgées, les gens de Tok­paï­zo pra­tiquent l’agri­cul­ture (maïs et igname) ain­si que la pêche dans les ma­rais avoi­si­nants.

Pour l’ins­tant, le vil­lage ne bé­né­fi­cie d’au­cune source d’élec­tri­ci­té, mais, grâce aux re­tom­bées d’un tou­risme (vi­sites de quelques heures) pra­ti­qué de fa­çon so­li­daire, une ex­pé­rience de pan­neaux so­laires est en cours.

PHOTOS LE JOUR­NAL

1. Ga­briel (à gauche) et deux de ses aides à l’un des ate­liers de dis­til­la­tion de Tok­paï­zo. 2. Ré­bec­ca nous pré­sente un échan­tillon d’« huile rouge » de palme. 3. Ga­briel et Bien­ve­nu nous montrent des ré­gimes de noix de palme. 4. Les noix de palme, fruits du pal­mier à huile. 5. Les noix de palme sont pres­sées avec les pieds. 6. La fibre du pal­mier à huile est uti­li­sée pour tres­ser des cordes.

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