Comment se porte l’humour au Qué­bec ?

Le Journal de Montreal - Weekend - - LA UNE -

L’humour se porte bien mais c’est un point de vue bien égoïste. L’humour se porte bien au ni­veau de ses té­nors de la même fa­çon qu’on peut dire que la chan­son au Qué­bec se porte bien quand on re­garde Cé­line Dion. Il y a une belle re­lève prête à éclore mais il n’y a à peu près rien pour les plus jeunes comme plate-forme de dif­fu­sion. C’est dom­mage parce que la re­lève c’est l’ave­nir.

Pour­quoi est-ce dif­fi­cile de faire rire?

Il faut sur­prendre et dé­jouer l’in­tel­li­gence des gens et les gens ont vu beau­coup d’humour alors, ils voient ve­nir les gags. En plus, aus­si­tôt que quel­qu’un est de mau­vaise foi, il de­vient im­pos­sible de le faire rire.

Comment les hu­mo­ristes sont-ils per­çus par les pairs de l’in­dus­trie cultu­relle au Qué­bec?

De ma­nière plu­tôt né­ga­tive. Il y a une hié­rar­chie dans les arts et l’humour est en bas. Tan­dis que l’art est sou­vent éli­tiste et s’en­or­gueillit de s’adres­ser à un grou­pus­cule d’ini­tiés. Ça m’est ar­ri­vé sou­vent de res­sen­tir un cer­tain mé­pris de confrères de l’in­dus­trie cultu­relle à l’en­droit du mé­tier d’hu­mo­riste, mais ja­mais ce mé­pris m’était adres­sé per­son­nel­le­ment.

Le nu­mé­ro qui vous a exi­gé le plus de tra­vail?

C’est tou­jours les plus plates parce que ceux-là, on n’est pas ins­pi­ré et c’est pour ça qu’il faut tra­vailler plus fort.

Que fut votre pire mo­ment sur scène?

J’ai eu deux blancs de mé­moire in­ter­mi­nables au gala hom­mage de mon idole Yvon Des­champs… un vrai cau­che­mar que je ne sou­haite à per­sonne. Tous les autres mo­ments dif­fi­ciles que j’ai vé­cus n’ar­ri­vaient pas à la che­ville de ce­lui-là.

Et si vous n’étiez pas hu­mo­ristes vous se­riez…

Je se­rais en­det­té.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.