RAS­SEM­BLER cri­tique et pu­blic

CANNES | Millé­nium réus­si­ra-t-il là où Da Vin­ci Code a échoué, c’est-à-dire ral­lier au­tant les cri­tiques que le grand pu­blic. Et da­me­ra-t-il le pion au suc­ces­seur de ce der­nier, Anges et dé­mons, ap­pa­ru presque au même mo­ment sur les écrans ?

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Cé­dric Bé­lan­ger 1 PHOTOS COUR­TOI­SIE

Le ver­dict dé­fi­ni­tif tom­be­ra dans quelques se­maines, mais dé­jà, ou­treAt­lan­tique, la cause semble en­ten­due. L’adap­ta­tion ci­né­ma­to­gra­phique des ro­mans de Stieg Lars­son a la fa­veur des cri­tiques, qui sont beau­coup plus en­flam­mées qu’elles ne l’étaient pour Da Vin­ci Code. Cette si­tua­tion ne sur­prend pas le réa­li­sa­teur da­nois Niels Ar­den Oplev, dont le franc-par­ler ne fe­ra pas de lui un in­time de Ron Howard, on vous en passe un pa­pier.

« Je ne m’at­ten­dais cer­tai­ne­ment pas à avoir des cri­tiques comme celles de Da Vin­ci Code, puisque mon film est bien meilleur », a-t-il clai­ron­né, lors d’un en­tre­tien avec Le Jour­nal, pa­ral­lè­le­ment au Fes­ti­val de Cannes.

« Je n’ai d’ailleurs vu Da Vin­ci Code qu’au mi­lieu du tour­nage de Millé­nium. Je suis tom­bé en­dor­mi au beau mi­lieu du film. »

Oplev n’avait pas lu les po­lars de Lars­son (qui est dé­cé­dé) quand on l’a contac­té pour la pre­mière fois pour qu’il trans­pose les ré­cits à l’écran. Il a d’abord re­fu­sé, avant de chan­ger son fu­sil d’épaule, à une condi­tion: il vou­lait avoir carte blanche pour tout. Ce­la en­glo­bait le choix des ac­teurs qui don­ne­raient vie au jour­na­liste d’en­quête Mi­kael Blomk­vist et à la jeune dé­tec­tive pri­vée Lis­beth Sa­lan­der.

Le choix s’est ar­rê­té sur la star scan­di­nave Mi­chael Ny­q­vist et sur une in­con­nue, Noo­mi Ra­pace.

« J’ai choi­si Mi­chael en rai­son de sa cré­di­bi­li­té, dit Oplev. Quand on re­garde Millé­nium, il faut croire qu’il est ce jour­na­liste d’en­quête poids lourd. Et Mi­chael est Blomk­vist. En même temps, c’est un homme qui pro­jette une image ras­su­rante. » Quant à Noo­mi Ra­pace, le réa­li­sa­teur s’es­time choyé, non seule­ment d’avoir trou­vé l’ac­trice par­faite pour jouer Lis­beth, mais de l’avoir re­pé­rée tôt au dé­but du pro­jet.

« À la pre­mière au­di­tion, quand je l’ai ren­con­trée pour la pre­mière fois, j’ai su ins­tan­ta­né­ment qu’elle se­rait Lis­beth », dit Oplev de celle qui a dû perdre du poids, s’in­fli­ger des pier­cings, ap­prendre à conduire une mo­to et prendre des cours de kick-boxing pour tour­ner le film.

« Elle était prête pour jouer ce rôle et je sa­vais qu’elle irait jus­qu’au bout. Ce fut vrai­ment un mi­racle de la trou­ver dès le dé­but de nos re­cherches. »

CARTE BLANCHE

PAS IN­TÉ­RES­SÉ

« Au dé­part, dit Ny­q­vist, je n’étais même pas in­té­res­sé. Compte te­nu du suc­cès des livres, je ne vou­lais pas faire par­tie d’un na­vet com­mer­cial. Puis, j’ai ren­con­tré Niels et le cou­rant a pas­sé im­mé­dia­te­ment. »

L’ac­teur s’est même re­con­nu dans l’uni­vers de Stieg Lars­son. « Stieg et moi sommes tous deux très cri­tiques de la fa­çon dont notre so­cié­té est construite. Il était très cho­qué de ce que nous avons fait, en Suède, de notre sys­tème de ser­vices so­ciaux. »

UN MI­RACLE

1. Noo­mi Ra­pace in­ter­prète Lis­beth Sa­lan­der avec son blou­son de cuir, ses pier­cings et ses ta­touages. 2. L'équipe de ré­dac­tion de Millé­nium com­po­sée de Ma­lin Erik­son ( So­fia Le­darp), Eri­ka Ber­ger ( Le­na Endre), Mi­kael Blomk­vist ( Mi­chael Ny­q­vist) et Malm (Ja­cob Ericks­son). 3. Nils Bjur­man (Pe­ter An­ders­son) fait la vie dure à Lis­beth Sa­lan­der 4. Mi­kael Blomk­vist, jour­na­liste d’en­quête poids lourd.

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