La ré­vé­la­tion Ra­pace

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA -

CANNES | À par­tir du mo­ment où on la voit ap­pa­raître à l’écran, de dos, les mains enfouies dans son blou­son de cuir, les pier­cings et les ta­touages jaillis­sant de par­tout, on ne peut plus dé­ta­cher notre re­gard d’elle.

Noo­mi Ra­pace est la ré­vé­la­tion de Millé­nium le film. Che­veux courts d’un noir opaque, air dé­ta­ché, qua­si-ro­bo­tique, constam­ment à l’éco­no­mie de pa­roles, sa Lis­beth Sa­lan­der semble ve­nir d’un autre monde. Rien à voir avec la char­mante jeune femme de 29 ans que Le Jour­nal a ren­con­trée à Cannes.

« J’ai été la pre­mière sur­prise qu’on m’offre le rôle. Je me croyais trop fé­mi­nine pour le per­son­nage. Mais Niels m’a dit que je dé­ga­geais l’éner­gie qu’il cher­chait. Je me suis donc mise à l’en­traî­ne­ment. »

TE­NIR TÊTE

PEUR DU VEDETTARIAT

Toute fé­mi­nine, mais un ca­rac­tère af­fir­mé, la Noo­mi. En cours de tour­nage, elle a re­fu­sé de jouer une scène parce qu’à son avis, elle ne cor­res­pon­dait pas à l’évo­lu­tion psy­cho­lo­gique. Ont sui­vi de nom­breuses et par­fois vi­riles dis­cus­sions avec Niels Ar­den Oplev, les­quelles ont fi­ni par abou­tir sur un com­pro­mis ac­cep­table pour les deux par­ties.

« J’ai dit à Niels que je ne fe­rais pas la scène comme elle était écrite. Il était cho­qué, mais j’étais per­sua­dée que c’était bon pour le film. Un jour, il est re­ve­nu me voir en me di­sant qu’il avait trou­vé une nou­velle fa­çon de jouer la scène. Par­fois, un peu de ré­sis­tance a du bon quand on veut faire le meilleur film », dit Ra­pace.

« Quand on débat son point, on ar­rive par­fois à trou­ver la bonne ré­ponse. Je choi­sis des ac­teurs au ca­rac­tère fort et ça ne me fait pas peur. Mais vient un temps où il faut dire as­sez, c’est moi le pa­tron », ajoute Oplev.

Chose cer­taine, le nom et le vi­sage de Noo­mi Ra­pace vont cer­tai­ne­ment faire la une des ma­ga­zines au cours des pro­chains mois. Ef­frayée de de­ve­nir une ve­dette in­ter­na­tio­nale ?

« Oui, tout à fait. J’aime mon tra­vail et je crois que si on de­vient très connu, le dan­ger est que ça nous dis­trait de notre mé­tier », dit celle dont le té­lé­phone a dé­jà com­men­cé à son­ner.

« Mes agents parlent à des gens des États-Unis et d’Eu­rope. J’ai­me­rais beau­coup tra­vailler à l’ex­té­rieur de la Suède. Les films que j’aime re­gar­der et que j’ad­mire ne sont ja­mais sué­dois. Je ne peux qu’es­pé­rer que ça m’ouvre des portes. »

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