Un qua­trième tome?

Triste fin pour l’au­teur Stieg Lars­son mort su­bi­te­ment avant même d’avoir pu sa­vou­rer le suc­cès de son Millé­nium... et d’avoir pu ac­cou­cher d’un nou­veau tome!

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Pierre O. Nadeau Le Jour­nal de Qué­bec

3 000 PAGES

L’écri­vain dis­pa­ru, qui comp­tait éla­bo­rer la sé­rie jus­qu’à dix tomes, a lais­sé un ma­nus­crit post­hume. Il s’agi­rait en fait d’un qua­trième tome qui se­rait dis­si­mu­lé dans son or­di­na­teur por­table, pour l’heure ob­jet d’un li­tige entre sa com­pagne et ses pa­rents.

Stieg Lars­son est mort le 9 no­vembre 2004. Il a été em­por­té par une crise car­diaque, à 50 ans. Il ve­nait tout juste de re­mettre à son éditeur les trois ma­nus­crits de Millé­nium.

SCIENCE-FIC­TION

Ce­la ne se voit pas dans sa sa­ga, mais l’écri­vain sué­dois était un pas­sion­né de science-fic­tion. Ado­les­cent, il avait pu­blié avec un co­pain deux pe­tits ou­vrages por­tant ces cou­leurs. En 1978, il adhère à la Skan­di­na­visk Fö­re­ning för Science Fic­tion, qui est la plus grande as­so­cia­tion nor­dique de science-fic­tion. Il la pré­si­de­ra en 1980.

Il était aus­si un jour­na­liste d’in­ves­ti­ga­tion : en­ga­gé comme gra­phiste, en 1983, à l’agence de presse sué­doise TT, il de­vient ra­pi­de­ment jour­na­liste. Il com­mence par des cri­tiques de ci­né­ma et de BD, puis se­ra re­por­teur d’ac­tua­li­té pen­dant 20 ans.

En 1995, il fonde le tri­mes­triel Ex­po, fer de lance contre les ma­ni­fes­ta­tions or­di­naires du fas­cisme en Suède.

Son en­ga­ge­ment contre le ra­cisme, le fas­cisme, et l’ex­trême droite en gé­né­ral est ex­pri­mé dans deux ou­vrages : Ex­tré­miste de droite (1991), puis Les dé­mo­crates sué­dois : le mou­ve­ment na­tio­nal. Il donne des confé­rences par­tout dans le monde, y com­pris à Londres, comme in­vi­té de Scot­land Yard. À plu­sieurs re­prises, il est me­na­cé de mort.

L’évé­ne­ment Millé­nium fe­ra ins­tan­ta­né­ment de lui un hé­ros lit­té­raire. Quelques mois avant son décès, il contacte le plus grand éditeur sué­dois, Nors­tedts, et lui livre une sé­rie de trois ro­mans po­li­ciers, soit près de 3 000 pages. Le suc­cès est au ren­dez-vous mal­gré (ou à cause de) l’ab­sence tra­gique de l’au­teur pour pro­mou­voir son oeuvre.

L’oeuvre se­ra tra­duite dans 25 pays. Stieg Lars­son croyait à sa bonne étoile. Il par­lait de ses ro­mans comme de son « as­su­rance vieillesse ». Il pen­sait pu­blier jus­qu’à dix vo­lumes! Il a lais­sé der­rière lui sa com­pagne, ar­chi­tecte, sa com­plice de ses 32 der­nières an­nées. Cu­rieu­se­ment, cette der­nière n’a ja­mais tou­ché de droits d’au­teur.

Se­lon la té­lé­vi­sion sué­doise, Lars­son au­rait ré­di­gé un tes­ta­ment en 1977 et cé­dé tous ses droits à la Fé­dé­ra­tion des tra­vailleurs com­mu­nistes; jus­qu’à pré­sent, ses droits ont été ver­sés à son père et à son frère.

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