BELLES IMAGES SANS HIS­TOIRE

Dans une courte scène du film Les li­mites du contrôle, le réa­li­sa­teur Jim Jar­mush fait par­ler une mys­té­rieuse femme blonde amou­reuse du ci­né­ma, jouée par Til­da Swin­ton.

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Un film de Jim Jar­musch. Jim Slotek Sun Me­dia

Les li­mites du contrôle

« Les meilleurs films sont comme des rêves que vous n’êtes pas cer­tain d’avoir eus », dit le per­son­nage en s’adres­sant au la­co­nique pro­ta­go­niste du film Lone Man (Isaach de Ban­kole) sur la ter­rasse d’un ca­fé es­pa­gnol. « Par­fois, j’aime les films où les gens sont sim­ple­ment as­sis, sans rien dire. » Et puis, évi­dem­ment, les deux per­son­nages ne disent rien pen­dant les se­condes qui suivent.

Les li­mites du contrôle dé­bute avec ce qui semble être un com­plot, avec des ins­truc­tions éso­té­riques al­lant de l’es­pa­gnol à l’an­glais par l’in­ter­mé­diaire d’un in­ter­prète. Le per­son­nage Lone Man est à Ma­drid en at­tente de ces ins­truc­tions qui ar­rivent sous la forme de mor­ceaux de pa­pier dans des boîtes d’al­lu­mettes. Les papiers sont échan­gés dans des ca­fés et sont man­gés une fois lus.

C’est la per­sonne qui fait le contact qui parle. En ef­fet, la phrase la plus longue qui est pro­non­cée par Lone Man est : « Non, je vais tra­vailler », en ré­ponse à une jeune fille nue (Paz de la Huer­ta), qui monte à plu­sieurs re­prises dans sa chambre et lui de­mande : « Vous n’ai­mez pas le sexe ? »

CHANCE POUR TOUS

En fait, le per­son­nage Lone Man passe au tra­vers de la même pro­cé­dure tel­le­ment sou­vent, qu’on a par­fois l’im­pres­sion que le film est une ten­ta­tive de Jar­musch de don­ner une chance à tous ceux qui ont vou­lu jouer dans un de ses films. Sauf pour les per­son­nages de Lone Man et de la fille nue, tous les autres n’ont que de pe­tits rôles dans le film.

Il y a John Hurt qui joue le rôle de Gui­tar. Il y a Gael Gar­cia Ber­nal, il y a You­ki Ku­doh, qui donne un bref dis­cours exis­ten­tiel sur la phy­sique quan­tique. Et il y a Bill Mur­ray, dont le dis­cours plein de co­lère semble avoir quelque chose à voir avec le fait que la culture pop ne vaut rien.

Les li­mites du contrôle est un film qui nous donne deux heures de mer­veilleux plans ci­né­ma­to­gra­phiques qui ne riment à rien, un rêve que je suis sûr que je n’avais ja­mais eu.

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