Un jeu su­per réus­si !

Nom­breux sont ceux qui se pas­sionnent pour les jeux vi­déo et les co­mics. Le pro­blème, c’est que les jeux de su­per­hé­ros ont ten­dance à être in­croya­ble­ment nuls. C’est comme si la grand-mère de Su­per­man lui tri­co­tait une cape en kryp­to­nite : il veut vrai­men

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Steve Tilley Sun Me­dia

S’il existe une for­mule pour créer un jeu de su­per­hé­ros à la fois su­per et hé­roïque, alors les dé­ve­lop­peurs d’in­Fa­mous l’ont dé­cou­verte. C’est sans contre­dit un des meilleurs titres exclusifs au PS3, toutes ca­té­go­ries in­cluses.

Dé­ve­lop­pé par les créa­teurs de l’ex­cel­lente sé­rie Sly Coo­per, in­Fa­mous ra­conte l’his­toire de Cole McG­rath, un gars or­di­naire plon­gé dans des cir­cons­tances ex­tra­or­di­naires. Après avoir sur­vé­cu à une ex­plo­sion in­ex­pli­cable qui a com­plè­te­ment ra­va­gé le centre-ville de la mé­tro­pole d’Em­pire Ci­ty, Cole s’aper­çoit qu’il pos­sède des su­per­pou­voirs d’élec­tri­ci­té (et qu’il peut es­ca­la­der un gratte-ciel en moins de temps qu’il nous en faut pour mar­cher du sa­lon à la salle de bain).

Pour avan­cer dans l’his­toire, Cole de­vra, entre autres, com­battre les trois fac­tions cri­mi­nelles qui ont en­va­hi la ville dé­truite, par­tir à la re­cherche des res­pon­sables de l’ex­plo­sion et ré­gler ses pro­blèmes de couple tout en sui­vant l’adage de Spi­der­man : un grand pou­voir im­plique de grandes res­pon­sa­bi­li­tés.

Le tout nous est of­fert avec des gra­phiques épous­tou­flants, une am­biance par­faite et un de­si­gn d’une élé­gance dif­fi­cile à dé­crire. En fait, c’est presque du ja­mais vu : un jeu ca­pable de faire croire aux joueurs qu’ils pos­sèdent des su­per­pou­voirs tout en leur im­po­sant des dé­fis de taille.

Même si on peut choi­sir entre le bien ou mal, c’est presque im­pos­sible de ne pas faire le tour deux fois : une fois en tant que hé­ros noble et ser­viable qui gué­rit les bles­sés et qui cap­ture ses en­ne­mis au lieu de les tuer, et une deuxième fois en tant que monstre san­gui­naire qui ignore les dom­mages col­la­té­raux en fou­droyant tout sur son pas­sage.

Les dé­ci­sions de Cole af­fectent non seule­ment les ré­ac­tions des ci­toyens d’Em­pire Ci­ty, mais sur­tout les pou­voirs aux­quels il a ac­cès. Il y a quand même des zones grises, par exemple quand Cole a le choix de sau­ver six mé­de­cins sus­pen­dus à une plate-forme rem­plie d’ex­plo­sifs au som­met d’un im­meuble ou de por­ter se­cours à sa pe­tite amie dans la même si­tua­tion au som­met d’un autre im­meuble. Il n’y pas as­sez de temps pour désa­mor­cer les deux bombes, alors que faites-vous ? Quel est le « bon » choix ?

FA­BU­LEUX

Par mo­ments, in­Fa­mous évoque va­gue­ment Cra­ck­down, As­sas­sin’s Creed et même Jet Set Ra­dio Fu­ture, mais c’est son ab­sence de frus­tra­tion qui le dif­fé­ren­cie des autres (qu’il s’agisse des contrôles in­tui­tifs, des points de sau­ve­garde gé­né­reux ou de sa fa­çon d’in­tro­duire constam­ment des nou­veaux pou­voirs). On y re­trouve quand même quelques failles, comme les gra­phiques qui ra­len­tissent quand trop de choses se passent à l’écran et le ni­veau de dif­fi­cul­té dé­me­su­ré de cer­taines mis­sions. La fin n’est pas trop im­pres­sion­nante non plus, sur­tout si vous l’avez dé­jà de­vi­née en jouant.

En­fin, ce ne sont que des dé­tails mi­neurs. Con­si­dé­rant le pas­sé des jeux de su­per­hé­ros, in­Fa­mous est un jeu ab­so­lu­ment fa­bu­leux.

LE MOT DE LA FIN

Un mé­lange élec­tri­fiant de gra­phiques im­pres­sion­nants, de contrôles par­faits et d’ac­tion ex­plo­sive.

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