Trou­ver l’au­then­tique

Le Journal de Montreal - Weekend - - TOURISME -

MO­NIEUX, France | (AP) Les guides tou­ris­tiques re­com­mandent sou­vent de res­ter dans une grande ville des­ser­vie par des trains et des bus, comme la très ro­maine Avi­gnon et la ville na­tale de Cé­zanne, Aix-en-Pro­vence. Il n’y a sû­re­ment rien de mal à ça. Mais pour vrai­ment voir et res­sen­tir la Pro­vence au­then­tique, res­tez dans une pe­tite ville. Louez une voi­ture et ex­plo­rez les routes de cam­pagne, qui sont as­sez vides, même dans le mois de va­cances d’août.

J’ai eu l’im­pres­sion de trou­ver la Pro­vence de Pe­ter Mayle sur une col­line, dans la ville de Mo­nieux, en­vi­ron 65 km à l’Est d’Avi­gnon. Dès que vous vous réveillez, vous sen­tez le par­fum sub­til de la la­vande. Les mai­sons aux vo­lets de cou­leurs pas­tel joyeuses ta­chettent la ville où des ga­mins à vé­lo sa­luent même les étran­gers d’un « bon­jour » ami­cal comme ils s’en vont en pé­da­lant.

« CHEZ ISA­BELLE »

Mon ami et moi sommes res­tés dans une chambre d’hôte nom­mée « Chez Isa­belle », te­nue par Isa­belle de Mo­nies de Sagazan. An­cienne agente im­mo­bi­lière de Bretagne, elle a dé­mé­na­gé à Mo­nieux il y a dix ans pour ap­pro­fon­dir la vie à la cam­pagne. Elle loue deux grandes chambres à cou­cher à moins de 50 eu­ros la nuit.

Le dé­jeu­ner est ser­vi sur la ter­rasse, avec une pe­tite vue qui do­mine les champs de la­vande. Elle sert six pots de confi­ture mai­son - ma pré­fé­rée était à la menthe et à la ce­rise - ain­si que des pains, une tarte aux pêches mai­son, des cé­réales, du jus et de l’ex­pres­so. At­ten­tion au chien qui aime les gâ­teaux et qui s’ap­pelle jus­te­ment Voyou de crainte qu’il ne pique votre part quand vous regardez ailleurs.

Nous avons conduit en pe­tite Peu­geot jus­qu’à Sault, 6,5 km à l’Est de Mo­nieux. C’est le centre ré­gio­nal de la pro­duc­tion de la­vande. J’ai ap­por­té mon GPS qui contient une carte de presque toute l’Eu­rope. Je l’ai ins­tal­lé pour trou­ver les routes les plus proches qui contournent les voies ra­pides pour s’af­fir­mer de pit­to­resques routes de cam­pagne. Le GPS a ren­du notre voyage beau­coup plus plai­sant comme nous avons évi­té le stress de se perdre dans un pays étran­ger et le GPS a pu trou­ver la sta­tion d’essence la plus proche en un clin d’oeil.

De plus, nous avons loué une voi­ture avec l’op­tion air condi­tion­né. Après une longue randonnée, même par un temps agréable de 27-29 °C le plus sou­vent, avec une brise fraîche. L’essence est plus chère en Eu­rope qu’en Amé­rique du Nord mais notre voi­ture éco­no­mique a consom­mé seule­ment un ré­ser­voir d’essence en quatre jours de voyage. (Un pro­blème: les boîtes de vi­tesses ma­nuelles sont la norme et les voi­tures à louer à boîte de vi­tesses au­to­ma­tique sont dures à trou­ver.)

Sault do­mine une val­lée de champs de la­vande, alors soyez cer­tains d’y al­ler pen­dant la sai­son des fleurs en juillet et en août. Ne man­quez pas la vue pa­no­ra­mique à par­tir du centre du vil­lage. Un ca­fé se trouve à cô­té de la vue. Vous pou­vez y es­sayer la glace à la la­vande. Le mar­di après-mi­di là­bas, un groupe d’hommes joue à la pé­tanque, le passe-temps fran­çais où les joueurs es­saient de lan­cer des boules de mé­tal en di­rec­tion d’une bille ap­pe­lée le co­chon­net.

COS­MO­PO­LITE

La Pro­vence est fran­çaise, mais pas pu­re­ment. Les in­fluences ita­liennes abondent, de l’am­phi­théâtre gal­lo-ro­main à Arles, la ville où Vincent Van Gogh s’est cou­pé l’oreille jus­qu’au Pa­lais des Papes en Avi­gnon, siège des papes au XIVe et XVe siècles. Les glaces à l’ita­lienne, le tiramisu et les pâtes sont ser­vis à cô­té d’es­car­gots, de steak, de frites et des vins de la ré­gion Côtes-du-Rhône.

Un ex­cellent res­tau­rant où dî­ner est « Le Bis­trot du Pa­ra­dou », près de la ci­té mé­dié­vale des Baux. Le chef Jean-Louis pro­pose un me­nu à 49 eu­ros qui com­prend une bou­teille du propre vin du res­tau­rant. En amuse-gueule, nous avons man­gé des tranches de vi­va­neau rouge par­fai­te­ment cuites, puis en en­trée, le pou­let de Bresse fran­çais à la sa­veur fa­meuse, un pla­teau de fro­mage in­cluant le puant mais dé­li­cieux époisses de Nor­man­die et un des­sert. Même l’huile d’olive était si par­fu­mée que nous ne pou­vions nous ar­rê­ter de sau­cer notre assiette avec notre pain.

1. Un pe­tit-dé­jeu­ner, com­pre­nant un as­sor­ti­ment de confi­tures dé­li­cieuses, ser­vi sur la ter­rasse de « chez Isa­belle ». 2. Le puant mais dé­li­cieux fro­mage époisses de Nor­man­die. 3. « Le Bis­trot du Pa­ra­dou » a su nous en­voû­ter avec ses plats bien par­fu­més. 4. La Ca­lanque de Mor­giou à Mar­seille, un en­droit idéal pour faire de belles pro­me­nades. 5. Le me­lon de Cavaillon pousse dans la plaine de la Crau. 6. Les herbes de Pro­vence sont mon­dia­le­ment re­con­nues et il fait bon de s’en pro­cu­rer à la source. 7. Pour faire pro­vi­sion de su­cre­ries, il n’y a pas meilleur en­droit que La Cure Gour­mande à Les Baux.

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