Au pays du sa­voir et de la science

Un ma­tin en­so­leillé ce prin­temps, je fris­sonne au pied de la cé­lèbre tour de l’Uni­ver­si­té de Mon­tréal construite sur le flanc du MontRoyal. Une grande réa­li­sa­tion, un legs im­por­tant de l’ar­chi­tecte Er­nest Cor­mier aux fu­tures gé­né­ra­tions sa­vantes.

Le Journal de Montreal - Weekend - - TOURISME -

UNE ALERTE QUI NOUS RE­JOINT

Cette tour dont l’in­té­rieur conserve de bien pré­cieuses archives ac­cueille sur le pa­lier d’une haute cor­niche ex­té­rieure une fa­mille de Fau­cons pè­le­rins. Une fa­mille de Fal­co per­egri­nus, une fa­mille va­ga­bonde qui a bien failli dis­pa­raître à ja­mais du pay­sage nord-amé­ri­cain en même temps que tous ces mau­dits in­sectes que le DDT vou­lait éra­di­quer à ja­mais. Un DDT qui s’at­ta­quait aux co­quilles d’oeufs en les fra­gi­li­sant au point où les pe­tits fau­cons ne par­ve­naient plus à éclore. L’alerte de­vint sé­rieuse lorsque le poi­son concen­tré par la chaîne ali­men­taire fi­nit par nous re­joindre. On dé­cré­ta alors son ban­nis­se­ment.

Mais en­core fal­lait-il s’in­té­res­ser aux nom­breux nau­fra­gés de ce « ter­rible pro­grès de la science » par­mi les­quels le Fau­con pè­le­rin oc­cu­pait une place im­por­tante.

UNE « MOUS­TACHE » SOUS LES YEUX

De la gros­seur d’une corneille ce ma­gni­fique oi­seau de proie se dé­marque par une « mous­tache » fon­cée sous les yeux, un ca­pu­chon sombre, un dos gris obs­cur et un ventre crème des­si­né de noir. Ses ailes à géo­mé­trie va­riable font l’en­vie des concep­teurs d’avions de com­bat qui déses­pé­ré­ment tentent de l’imi­ter. Comme il se nour­rit presque uni­que­ment d’oi­seaux qu’il cap­ture au vol, sa stra­té­gie d’at­taque est ra­pide. Dos aux rayons du so­leil qui aveuglent sa vic­time, il la sur­vole avant de fondre sur elle à des vi­tesses de plus de 300 km/heure.

ADEPTE DES FA­LAISES ET DES ÉDI­FICES EN HAU­TEUR

Et c’est ce que réa­lise le pa­ter­nel en ce ma­tin où je l’ob­serve pour­suivre des troupes d’étour­neaux san­son­nets ter­ro­ri­sés. Vic­to­rieux, il re­vient vers ce ni­choir que des gens de l’Uni­ver­si­té ont ins­tal­lé sur la ver­ti­gi­neuse tour. Car ce fau­con n’est pas un construc­teur et il pré­fère ins­tal­ler sa fa­mille sur les hautes cor­niches des fa­laises abruptes ou des édi­fices en hau- teur, là où sa vue per­çante lui per­met de re­pé­rer plus fa­ci­le­ment ses proies. Des trois à quatre oeufs que pon­dra la fe­melle seule­ment 1 ou 2 pe­tits par­vien­dront jus­qu’à l’âge de l’en­vo­lée.

Tan­dis que j’ob­serve la belle ve­nir à la ren­contre de son cham­pion chas­seur pour prendre li­vrai­son du re­pas du ma­tin, je me sou­viens de ces an­nées ex­cep­tion­nelles ra­con­tées par mon père où toute une ville s’ex­ci­tait des ex­ploits d’une fe­melle du nom de « Scar­let ». Ins­tal­lée au ving­tième étage du siège so­cial de la Sun Life. Elle y ni­cha du­rant 16 ans, eut 3 com­pa­gnons et 21 re­je­tons. Sou­hai­tons au­tant de suc­cès à ces nou­veaux ve­nus de la tour de l’Uni­ver­si­té de Mon­tréal et à ses ad­mi­ra­teurs.

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