COMMENT METTRE UN PRE­MIER MI­NISTRE DANS SA POCHE

Le Journal de Montreal - Weekend - - LES PARLEMENTERIES 2009 - Mi­chelle Cou­dé-Lord Le Jour­nal de Mon­tréal

Il ar­rive comme chef de l’op­po­si­tion au Par­le­ment avec un suc­cès monstre de plus de 400 000 billets, et ca­pable de rem­plir le Centre Bell plu­sieurs fois. Donc, pas ques­tion qu’il se laisse im­pres­sion­ner par un cer­tain Pre­mier mi­nistre nom­mé Pa­trick Huard. Il compte bien le mettre dans sa pe­tite poche.

« La po­li­tique est tel­le­ment dé­pri­mante que ça va faire du bien de s’amu­ser un peu. J’ar­rive donc à ce par­le­ment avec un bel en­thou­siasme », me lance au bout du fil Mar­tin Matte, at­ten­du par son pu­blic de Ri­vière-du-Loup.

« On va pi­cos­ser nos po­li­ti­ciens un peu, ça va nous faire tous du bien. Évi­dem­ment, il y a Huard. Je ne sais pas s’il se­ra ca­pable de faire sa marque. C’est un peu ce qui m’in­quiète, mais en­core là, je de­vrai l’ai­der à s’en sor­tir. Je vais voir ce que je peux faire », sou­ligne le chef de l’op­po­si­tion.

L’AF­FRON­TE­MENT TANT AT­TEN­DU

Huard-Matte...de­puis des an­nées qu’ils jouent cette guerre de pe­tits gars et de ja­lou­sie, mais sa­chez que les deux hu­mo­ristes se res­pectent énor­mé­ment.

« Pa­trick a une belle car­rière. Il est im­pres­sion­nant à voir al­ler. Au fait, fau­drait pas que je m’at­tarde au mi­lieu du ci­né­ma. Ça l’aide que je ne sois pas pré­sent en ce mo­ment. »

Huard aime rap­pe­ler d’ailleurs le film Ni­tro dans le­quel Matte jouait un rôle de chef de ma­fia.

« Je ne sais pas si c’était un rôle co­mique ou dra­ma­tique. En­fin, il a fait ce qu’il a pu ».

Voi­là, vous pou­vez vous at­tendre à ce que les deux hommes, pla­cés face à face au par­le­ment, s’en donnent à coeur joie et à coups de mots.

Mar­tin Matte est tou­jours pru­dent quand il parle de po­li­tique. Ja­mais il ne se mouille.

« Je trouve ce­la très per­son­nel. Tou­te­fois, je constate comme tout le monde que nous vi­vons une pé­riode dé­pri­mante avec ces scan­dales, des po­li­ti­ciens qui sont peu ins­pi­rants. Nous étions plus gâ­tés à une cer­taine époque. Les vrais lea­ders étaient au ren­dez-vous. Là, ce n’est plus le cas. Je ne me ré­serve la po­li­tique que pour les Par­le­men­te­ries ».

LA FRANCE

Il ter­mine donc sa tour­née en fé­vrier pro­chain au Centre Bell, sa­voure chaque ins­tant de ses der­niers shows en tour­née.

« C’est in­croyable. Les gens ont ache­té leurs billets de­puis plus d’un an. Donc, je leur dois beau­coup, et je veux leur en don­ner beau­coup. Je vis sans l’ombre d’un doute les plus beaux mo­ments de ma car­rière. C’est du tra­vail, mais c’est aus­si une grande pas­sion », sou­ligne Mar­tin Matte, sur un ton fier.

Après, ce se­ra quelques mois de re­pos et le cap sur la France. « Ce se­ra un beau dé­fi de re­com­men­cer et d’al­ler ten­ter de conqué­rir un nou­veau mar­ché. Je suis content d’avoir at­ten­du, car je me sens plus ma­ture pour vivre cette belle aven­ture », conclut le po­pu­laire hu­mo­riste.

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