Un nou­veau Jeu­net dé­ce­vant

Après avoir été pré­sen­té en pre­mière mon­diale au Fes­ti­val in­ter­na­tio­nal du film de To­ron­to, le nou­veau film de Jean-Pierre Jeu­net, Mic­macs à tire-la­ri­got, avec Da­ny Boon dans le rôle prin­ci­pal, a pris l’af­fiche la se­maine der­nière en France. On y re­trouve

Le Journal de Montreal - Weekend - - ACTUALITÉS -

Le hé­ros de l’his­toire, Ba­zil (Da­ny Boon), n’a pas vrai­ment de chance avec les armes. Lors­qu’il était plus jeune, son père est mort après avoir mis le pied sur une mine an­ti­per­son­nel. Quelques an­nées plus tard, une balle per­due vient se lo­ger dans son cer­veau. Après avoir ti­ré à pile ou face, le chirurgien choi­sit de ne pas l’opé­rer puisque l’opé­ra­tion au­rait pu lui être fa­tale. Ba­zil de­vra donc vivre avec cette balle qui peut le faire mou­rir à tout ins­tant.

Comme si les choses n’étaient pas as­sez dif­fi­ciles, en sor­tant de l’hô­pi­tal, Ba­zil se re­trouve à la rue. Par chance, un vieux mon­sieur le prend alors sous son aile et l’amène dans sa caverne d’Ali-Ba­ba, où il vit avec d’autres chif­fon­niers aus­si ex­cen­triques et rê­veurs que lui. On y re­trouve la contor­sion­niste dite « la Môme Ca­ou­tchouc », Fra­casse « l’homme-ca­non » ou en­core Cal­cu­lette « la pro du cal­cul ». Mais Ba­zil n’a pas ou­blié la mine qui a tué son père ni sa balle dans la tête.

Après avoir re­trou­vé les deux fa­bri­cants d’armes qui ont cau­sé ses mal­heurs, Ba­zil dé­cide de se ven­ger avec l’aide de sa bande de joyeux lu­rons.

RECYCLAGE

Le nou­veau Jeu­net dé­çoit. À la moi­tié du film, le scé­na­rio com­mence à tour­ner en rond et l’en­nui nous gagne. Cette bande d’hur­lu­ber­lus bricà-brac n’ar­rive pas à nous dis­traire mal­gré leur ima­gi­naire sor­ti tout droit d’un des­sin ani­mé. Ils ont du mal à ga­gner notre sym­pa­thie et leur bonne hu­meur n’est pas conta­gieuse.

Tout comme les films de Tim Bur­ton sont re­con­nais­sables par­mi tous, ceux de Jean-Pierre Jeu­net ont une em­preinte. Le réa­li­sa­teur a une fac­ture vi­suelle bien à lui. Ses images un peu jau­nies nous ren­voient à un uni­vers oni­rique, un peu sur­réa­liste. Avec Mic­macs à ti­re­la­ri­got, Jeu­net nous offre du Jeu­net et c’est peut-être là le pro­blème. Il nous ra­conte son his­toire avec fan­tai­sie et bonne hu­meur, nous pro­pose plu­sieurs plans es­thé­ti­que­ment ir­ré­pro­chables, mais le film manque de spon­ta­néi­té et de fraî­cheur. Alors qu’Amé­lie Pou­lain tou­chait et nous émer­veillait, Ba­zil, lui, laisse in­dif­fé­rent.

Mic­macs à tire-la­ri­got sent un peu le recyclage et on ai­me­rait que le réa­li­sa­teur nous étonne la pro­chaine fois.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.