« JE NE PEN­SAIS JA­MAIS RE­VE­NIR... »

Do­nald Lau­trec a connu et a nour­ri le star sys­tem qué­bé­cois de belle fa­çon dès le dé­but des an­nées 60. Ja­mais il ne pen­sait re­ve­nir. Mais la pas­sion ne meurt pas. Telle est son his­toire.

Le Journal de Montreal - Weekend - - ACTUALITÉS - Mi­chelle Cou­dé-Lord

« C’est mon pre­mier CD. Mon der­nier disque était un 33 tours en 1981. In­croyable tout de même », me lance Do­nald Lau­trec de son sou­rire ti­mide lé­gen­daire.

Non, ce n’est pas un rêve. Il re­vient vrai­ment avec un nou­vel al­bum. Le titre À ja­mais, qui com­prend onze chan­sons, dont Love Me, qui consti­tue le pre­mier ex­trait ra­dio. M. Lau­trec a d’ailleurs un pe­tit mes­sage sym­pa­thique pour les ra­dios.

« Ne jouez pas juste des jeunes et faut pas pen­ser qu’un gars de 69 ans est né­ces­sai­re­ment au Via­gra ou au Gé­ri­tol ».

LA PAS­SION

En forme Do­nald Lau­trec? « La pas­sion le brûle à nou­veau », pré­cise-t-il en en­tre­vue au Jour­nal.

Un re­tour pré­pa­ré mi­nu­tieu­se­ment où rien ne fut lais­sé au ha­sard.

« Ça fait deux ans qu’on pré­pare ce­la avec l’équipe de Pierre Mar­chand. Mais plu­sieurs per­sonnes me parlent d’un re­tour de­puis long­temps. Dominique Mi­chel me di­sait: “si tu re­viens, il faut que ce soit big”. Mais la voix, ça se tra­vaille. J’ai donc re­pris des cours de chant et même si je de­meure sur la Ri­ve­Sud, je me suis ren­du 79 fois au stu­dio à Blain­ville pour que tout soit par­fait. Je suis un per­fec­tion­niste », ra­conte Do­nald Lau­trec qui a en­core le phy­sique d’un gars très en forme mal­gré ses 69 ans.

Le soir du lan­ce­ment de son al­bum À ja­mais, lun­di soir der­nier, Re­né An­ge­lil lui a en­voyé un bou­quet ma­gni­fique lui sou­hai­tant bonne chance.

MA­NON VIENT DAN­SER LE SKA...

Même s’il se dé­crit comme un homme du pré­sent et du fu­tur, il ac­cepte de nous re­mettre dans l’am­biance de sa vie glo­rieuse de chan­teur au Qué­bec avec le Lau­trec show, Ma­non vient dan­ser le ska.

« Au lan­ce­ment d’ailleurs, des mères ve­naient avec leur fille qu’elles avaient ap­pe­lée Ma­non en mon hon­neur. Ça me fai­sait tout drôle. »

Do­nald Lau­trec vient de Jonquière et de­vient acro­bate. Il par­ti­cipe au spec­tacle de Mi­chel Lou­vain. Il ac­cu­mu­le­ra par la suite les suc­cès.

« Moi, j’ai connu ça les gardes du corps et de n’être pas ca­pable de sor­tir tel­le­ment les filles et les fans m’ai­maient. C’était une belle his­toire d’amour entre eux et moi. Mais je suis un gars ti­mide, donc j’ai un peu souf­fert à tra­vers ce­la. As­sez pour chan­ger de mé­tier et de­ve­nir un maître de la pro­duc­tion ».

MON­SIEUR QUIZ

Do­nald Lau­trec, c’est Éloïse, mais c’est aus­si Mon­sieur quiz.

« J’ai un gars qui a beau­coup d’idées et d’ima­gi­na­tion. J’ai créé le quiz Ac­tion-ré­ac­tion pour Pierre La­londe (les deux hommes se res­pectent énor­mé­ment); Double-jeu, La guerre des sexes, Zi­za­nie, ani­mé par Paul Ber­val, Ca­fouillis pour Fran­cis Red­dy et, à la fin, il ani­ma lui-même Roue de for­tune... 720 émis­sions. »

Et après, il a ven­du sa mai­son de pro­duc­tion et en avait tel­le­ment as­sez que son bu­reau dans le VieuxMon­tréal est res­té vide pen­dant trois ans sans lo­ca­tion.

« J’ai eu du fun, j’ai pro­fi­té de la vie et comme per­sonne ne me re­con­nais­sait, je pou­vais al­ler dan­ser dans les boîtes de nuit et par­ti­ci­per à des rave avec des amis sans que per­sonne ne se sou­vienne du Lau­trec show. »

Il croit que le Qué­bec a be­soin de vraies stars, de nour­rir à nou­veau son star sys­tem. « Il faut plus de gla­mour. Ça manque, je crois ». Do­nald Lau­trec sou­haite être à nou­veau as­so­cié à un suc­cès. Si­non... « Ça ne don­ne­ra rien de mon­ter un spec­tacle si la ré­ponse du pu­blic n’est pas au ren­dez­vous. Mais je suis sur­pris de l’in­té­rêt de dé­part. Le lan­ce­ment m’a dé­mon­tré que les gens avaient le goût de me re­voir. Donc, c’est bon signe », conclut l’unique Do­nald Lau­trec.

En mai pro­chain il veut s’of­frir la Place des Arts. « D’autres ar­tistes ont ef­fec­tué de beaux re­tours. Or, pour­quoi pas moi? Et je l’ai ré­flé­chi long­temps », ajoute-t-il. Comme di­rait l’autre... faut ja­mais dire ja­mais. Dans son com­mu­ni­qué, on peut y lire « Lau­trec à ja­mais, c’est la somme de ce que j’ai été au­pa­ra­vant, ce que je suis pro­fon­dé­ment au­jourd’hui et ce vers quoi je me di­rige avec ou­ver­ture et pas­sion. »

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.