UN HUI­TIÈME AL­BUM FES­TIF

C’est la pre­mière fois en car­rière que l’au­teur-com­po­si­teur ve­dette Da­niel Bé­lan­ger n’at­tend pas cinq ans entre la sor­tie de deux al­bums. En 2007, il lan­çait l’Échec du ma­té­riel. Or, le voi­ci de nou­veau avec son der­nier-né, Nous, sur le­quel on re­trouve un

Le Journal de Montreal - Weekend - - MUSIQUE - Mi­chelle Cou­dé-Lord

Hô­tel Opus, mar­di après-mi­di, à Mon­tréal. Le so­leil est ra­dieux. Une am­biance agréable pour re­ce­voir les con­fi­dences d’un créa­teur qui, ma foi, est en par­faite har­mo­nie avec son art.

« J’ai eu le goût d’ap­por­ter quelque chose de neuf tout de suite. Quand je re­viens après une longue ab­sence, je dois né­ces­sai­re­ment par­ler du pas­sé. Je ne sens pas la conti­nui­té. Là, j’ai l’im­pres­sion que je me suis lais­sé por­ter par mes hu­meurs », confie Da­niel Bé­lan­ger. Et il ajoute avec hu­mi­li­té: « Au fond, j’ai pra­ti­qué mon mé­tier. J’aime le rythme sur cet al­bum. Je ne me suis pas cas­sé la tête, j’ai op­té pour la sim­pli­ci­té. Nous l’avons fait en stu­dio en 22 jours, un re­cord pour moi. Cha­peau à mon di­rec­teur ar­tis­tique Jean-Fran­çois Le­mieux, qui est au coeur de ce pro­jet mu­si­cal », ex­prime l’au­teur-com­po­si­teur de 47 ans.

UN HOMME EN VOIX

Ja­mais la voix de Da­niel Bé­lan­ger n’a été aus­si forte, aus­si pure.

« C’est drôle que vous en par­liez, car ef­fec­ti­ve­ment, dans l’Échec du ma­té­riel, je m’étais presque dé­fen­du de chan­ter. Tout était plus doux. Pour cet al­bum-ci, j’y suis al­lé à fond et je suis content du ré­sul­tat. C’est co­hé­rent avec le pas­sé. Je ne romps pas avec ce que j’ai fait, mais j’aime aus­si sen­tir que ma créa­tion va de l’avant. »

On l’ima­gine té­né­breux, cher­chant les mots de ses chan­sons dans le si­lence de la nuit. Pas du tout. « Je crois que je ré­flé­chis dans la dou­leur, mais je crée dans l’en­thou­siasme », dit-il, ap­puyé par un sou­rire de sa­tis­fac­tion.

Le rythme, les sons, le saxo­phone, la cla­ri­nette... Da­niel Bé­lan­ger a re­trou­vé la mu­sique de James Brown sur YouTube; son genre, son son, ses sa­veurs de blues. Le mu­si­cien s’est fait plai­sir. Il a même in­vi­té Éli­za­beth Blouin-Bra­th­waite pour l’ac­com­pa­gner dans la chan­son Im­pos­sible.

« Quelle belle voix, cette fille-là! Quelle pré­sence ! Dé­jà, après le pre­mier en­re­gis­tre­ment, c’était par­fait », sou­ligne-t-il.

Une re­marque qui fe­ra gon­fler le torse du fier pa­pa Nor­mand Bra­th­waite.

SA SI­GNA­TURE SOL­LI­CI­TÉE

Il ne faut pas se sur­prendre de sen­tir un tel en­thou­siasme chez Da­niel Bé­lan­ger. Il tra­vaille de­puis des mois avec deux de nos plus grands créa­teurs et met­teurs en scène : Re­né-Ri­chard Cyr, pour une adap­ta­tion mu­si­cale de la pièce Les belles-soeurs qui se­ra pré­sen­tée au Théâtre d’Au­jourd’hui, en mars pro­chain, et Pa­ra­dis per­du, cette odys­sée spec­ta­cu­laire et mu­si­cale mise en scène par Do­mi­nic Cham­pagne et le ci­néaste Jean Lemire.

« Je me sens pri­vi­lé­gié d’être au coeur de ces deux beaux pro­jets, qui me forcent à être en­core plus pro­duc­tif. Ils m’amènent en­core plus loin. Deux créa­tions qui m’ont por­té, je crois, jus­qu’à cet al­bum. Au fait, tra­vailler sur ces pro­jets m’exige de don­ner en­core plus et de me nour­rir de mu­sique. Donc, ins­pi­ré, j’ai vou­lu par­ta­ger ce qui m’ha­bi­tait », ex­plique Da­niel Bé­lan­ger, qui fête cette an­née ses 17 ans de car­rière.

VI­VE­MENT SON MÉ­TIER

Théâtre, co­mé­die mu­si­cale, spectacles : Da­niel Bé­lan­ger mord comme ja­mais dans la créa­tion. Il est en feu, comme di­rait l’autre. Après avoir tou­ché au théâtre et au spec­tacle mu­si­cal avec Pa­ra­dis per­du, il ne dit pas non à une co­mé­die mu­si­cale. Il aime que sa mu­sique ha­bite et se trans­forme de mul­tiples ma­nières.

«Je sens que tout est pos­sible. C’est une chance de pou­voir vivre de mon mé­tier, sur­tout au­jourd’hui. Et je sens que mes fans res­pectent mon rythme. Quand ils dé­couvrent mes al­bums, ils res­pectent as­sez la dé­marche pour ne pas le je­ter après une pre­mière écoute. Fa­ce­book m’aide à res­ter en contact avec eux. J’en ai fait de bons com­plices », conclut un Da­niel Bé­lan­ger créa­teur comme ja­mais, dans un bel en­thou­siasme.

La mu­sique ne s’en porte que mieux. Un al­bum à dé­cou­vrir, Nous, en ma­ga­sin le 10 no­vembre. Il n’y a pas de tour­née pré­vue pour le mo­ment, mais peut-être au­ra-t-il le goût de re­ve­nir sur scène en 2011. Il vient d’of­frir 100 spectacles en un an avec l’Échec du ma­té­riel.

PHOTO GRA­CIEU­SE­TÉ AU­DIO­GRAM

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