UN RE­TOUR QUI N’EN EST PAS UN

Le Journal de Montreal - Weekend - - MUSIQUE - Agence QMI

Dans sa nou­velle chan­son The Last Days of Dis­co, le chan­teur pop bri­tan­nique Rob­bie Williams chante : « Don’t call it a co­me­back ».

Âgé de 35 ans, il sou­tient que ce­la peut s’ap­pli­quer aus­si à son hui­tième al­bum so­lo, Rea­li­ty Killed The Vi­deo Star, dis­tri­bué en ma­ga­sin à par­tir de mar­di. Son disque pré­cé­dent en 2006, Ru­de­box, dans le­quel Williams fai­sait du rap entre autres, a re­çu des cri­tiques mi­ti­gées.

« Vous pou­vez cer­tai­ne­ment ap­pe­ler ce­la un re­tour, in­dique Williams lors d’une en­tre­vue faite sur vi­déo­con­fé­rence à par­tir de Londres, en An­gle­terre, dont Agence QMI a ob­te­nu l’ex­clu­si­vi­té ca­na­dienne. Je pense que c’est le scé­na­rio que les gens re­tiennent ac­tuel­le­ment. Mais je ne suis pas par­ti. Je n’ai été ab­sent que quelque temps. U2 a pris cinq ans avant de sor­tir un nou­vel al­bum et per­sonne n’a ap­pe­lé ce­la un re­tour. Et George Mi­chael sort un al­bum tous les dix ans. Mais je me suis fait à l’idée. Oui, d’ac­cord, c’est un re­tour. »

Williams plai­sante bien sûr. Nous le croyons du moins. Mais il tente sans au­cun doute de re­ga­gner son en­viable po­si­tion au Royaume-Uni où, jus­qu’à Ru­de­box, il avait tou­jours été une ve­dette pop à suc­cès. Il n’a ja­mais vrai­ment per­cé en Amé­rique du Nord, même s’il a vé­cu à Los Angeles pen­dant cinq ans. (Il est dé­mé­na­gé en An­gle­terre plus tôt cette an­née).

Williams, qui a amor­cé sa car­rière en 1990 dans le groupe de mu­si­ciens bri­tan­niques Take That, alors qu’il était un ado­les­cent, a ven­du 55 mil­lions d’al­bums à tra­vers le monde en tant que chan­teur so­liste. An­gels, Kids, Let Me En­ter­tain You et Millen­nium sont par­mi ses chan­sons les plus po­pu­laires.

En cou­lisse, on re­trouve cette fois par­mi ses as­sis­tants le ré­pu­té pro­duc­teur bri­tan­nique Tre­vor Horn (Seal, Pet Shop Boys, Yes, Fran­kie Goes to Hol­ly­wood, ABC), dont le propre groupe The Buggles a pro­duit le suc­cès Vi­deo Killed The Ra­dio Star à la fin des an­nées 1970.

« Tre­vor est un ar­tiste, as­sure Williams. On gal­vaude sou­vent le terme gé­nie in­ter­na­tio­nal, mais lui il en est vrai­ment un, et c’est un adulte. Je n’aime pas les stu­dios en gé­né­ral, mais ce­lui dans le­quel il tra­vaille est très ac­cueillant et sti­mu­lant. Il y a beau­coup de choses qui s’y passent. Du­rant le pre­mier mois, j’y al­lais très peu, mais j’ai fi­ni par m’y rendre chaque jour au cours du der­nier mois et de­mi. Tre­vor est es­sen­tiel­le­ment comme un mo­teur de re­cherche Google. Vous pou­vez lui de­man­der n’im­porte quoi et il va vous ré­pondre. Il est tour à tour thé­ra­peute, ani­ma­teur, pro­duc­teur, et un être char­mant en plus. »

In­ter­ro­gé sur ses in­fluences mu­si­cales, Williams sou­ligne qu’il est un grand ama­teur de Be­ha­vior, un al­bum des Pet Shop Boys sor­ti en 1990. D’après lui, il « es­saie­ra pro­ba­ble­ment de re­faire Be­ha­vior pen­dant les 20 pro­chaines an­nées ».

CRÉA­TEUR IN­SA­TIS­FAIT

« Je n’ai ja­mais pen­sé que mes al­bums étaient par­faits. Je m’ef­force de faire un al­bum pop par­fait, mais je n’y ar­ri­ve­rai peut-être ja­mais. Ou peut-être que j’en ai fait un et que je l’ignore. Mais en tant que créa­teur, je ne pense pas qu’on puisse être sa­tis­fait de ce qu’on a fait. Si on l’était, on s’ar­rê­te­rait là, et ce n’est pas en­core dans mes plans. »

Plus tôt cette an­née, Williams a em­mé­na­gé dans une pro­prié­té mul­ti­mil­lion­naire dans la cam­pagne an­glaise près de Wilt­shire, avec l’ac­trice amé­ri­caine Ay­da Field (de la sé­rie té­lé­vi­sée Stu­dio 60 On The Sun­set Strip), sa co­pine de­puis trois ans.

Se­lon lui, son re­tour en An­gle­terre a été mo­ti­vé par plu­sieurs élé­ments, bien que la presse bri­tan­nique ait ré­cem­ment rap­por­té qu’il veuille vendre son do­maine de Wilt­shire pour se ré­ins­tal­ler aux États-Unis avant les Fêtes.

Ne vous at­ten­dez tou­te­fois pas à ce que Williams fasse une tour­née de pro­mo­tion pour son al­bum Rea­li­ty Killed The Vi­deo Star, sur­tout après l’ac­cès de trac qu’il a ex­pé­ri­men­té du­rant sa der­nière tour­née en 2006.

Sa per­for­mance à l’émis­sion de ta­lents bri­tan­niques The X-Fac­tor, le mois der­nier, a été sé­vè­re­ment cri­ti­quée, mal­gré qu’elle ait été sui­vie par une ap­pa­ri­tion à la sé­rie Elec­tric Proms, sur les ondes de la BBC, beau­coup mieux ac­cueillie cette fois.

« Je ré­ap­prends à faire mes pre­miers pas en ce mo­ment, ex­plique-t-il. Plus je vieillis, plus la peur m’en­va­hit. Ce­la ar­rive à beau­coup de monde, pas juste à moi. »

PHOTO PC

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