« Le pu­blic a be­soin de s’amu­ser »

Le Journal de Montreal - Weekend - - THÉÂTRE - Be­noît Au­bin Le Jour­nal de Mon­tréal

Le théâtre De­nise-Pel­le­tier joue pour le grand pu­blic, mais il est aus­si in­té­gré au pro­gramme d’édu­ca­tion du se­con­daire de la ré­gion. Pour Jean-Guy Le­gault, ces deux clien­tèles sont du pa­reil au même.

« Le pu­blic a be­soin de s’amu­ser, de voya­ger avec nous autres, dit-il. Il faut que les gens soient im­pres­sion­nés par les ac­teurs, leurs per­for­mances phy­siques. »

Pour ce­la, « il faut créer des mo­ments sai­sis­sants, trou­blants. Le théâtre doit être spor­tif. Quand tu sais que les co­mé­diens sont en dan­ger, qu’ils pour­raient se cas­ser la gueule s’ils ne sont pas concen­trés, c’est là que le théâtre vit, qu’il est pas­sion­nant ».

Si on doit en mettre plein la vue au spec­ta­teur, on doit aus­si at­tendre de lui qu’il s’in­ves­tisse, qu’il par­ti­cipe, qu’il ima­gine.

« Mes shows sont dé­sta­bi­li­sants, pour les co­mé­diens comme pour les spec­ta­teurs », confie Le­gault.

DIF­FÉ­RENTES LANGUES

On parle quatre ou cinq langues dif­fé­rentes dans sa ver­sion de 20 000 lieues, dont une, qui n’a pas en­core de nom, in­ven­tée de toutes pièces, de tous mots, en fait, par Le­gault.

Les Ma­rines amé­ri­cains parlent en an­glais, les pirates parlent es­pa­gnol, il y a des Fran­çais, et Ned Lang est un Qué­bé­cois de Qué­bec.

Les membres d’équi­page du Nau­ti­lus viennent de par­tout, alors ils se sont créé une langue com­mune, la seule qu’ils parlent à bord.

« Ap­prendre cette langue était un sé­rieux dé­fi pour les co­mé­diens, car ils n’ont au­cun re­père, dit Le­gault. Ça ajoute à l’as­pect per­for­mance du spec­tacle. » Et pour les spec­ta­teurs ? On com­prend tout ce qui se passe, parce que le théâtre lui-même est un lan­gage, un ou­til de com­mu­ni­ca­tion. « Si tu me parles en russe, je ne com­pren­drai pas. Mais si je sais de quoi on parle, si on a un point d’an­crage, on va se com­prendre quand même. »

Les adultes sont de grands en­fants. Eux aus­si ont en­vie de rêver, de se faire ra­con­ter des his­toires. On l’ou­blie trop sou­vent, as­sure JeanGuy Le­gault.

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