Jar­din d’amour au Qué­bec

De­puis quatre ans qu’il tra­vaille sur Jar­din d’images, son qua­trième disque de com­po­si­tions; Alain Le­fèvre af­firme qu’il s’agit d’un hymne d’amour. « C’est un cri d’amour pour le Qué­bec et mes conci­toyens », af­firme-t-il haut et fort en en­tre­vue.

Le Journal de Montreal - Weekend - - MUSIQUE - De­nise Mar­tel

« C’est un opus qui est plus se­rein et plus lé­ger, moins sombre que mon al­bum pré­cé­dent, parce qu’il ap­par­tient à une pé­riode plus heu­reuse. Les com­po­si­tions de Jar­din d’images m’ont été ins­pi­rées par des lieux et par des gens qui m’ont ac­cueilli à bras ou­verts et que j’aime tout par­ti­cu­liè­re­ment », pré­cise le pia­niste, en men­tion­nant Sous le ciel de CapSan­té, Qué­bec, terre pro­mise, Pro­me­nade ita­lienne, qui font ré­fé­rence à des amis cha­leu­reux.

« Je suis en­fant d’im­mi­grés, mais je suis ar­ri­vé ici à quatre ans, et mon pays, c’est le Qué­bec. Je n’ai pas été un en­fant gâ­té, mais c’est au Qué­bec que j’ai eu la chance d’ap­prendre la mu­sique et tout ce que je sais. Je consi­dère que nous avons le de­voir de don­ner de l’espoir à nos en­fants », in­siste Alain Le­fèvre, qui sou­ligne que ce 25e disque est aus­si une ré­ponse au né­ga­ti­visme qui do­mine si sou­vent dans les mé­dias.

« Je voyage sur tous les conti­nents et par­tout où je vais, on parle des Qué­bé­cois en termes très élo­gieux. En­core ré­cem­ment, j’étais en Grèce pour par­ti­ci­per au gala de la flamme olym­pique et, dans une brève conver­sa­tion, le pré­sident de la Grèce et sa femme me par­laient de Ro­bert Le­page et du Mou­lin à images! »

« Quand je re­viens ici, je suis un peu tan­né d’en­tendre des com­men­taires peu flat­teurs sur les Qué­bé­cois. J’en ai ras le bol de cette at­ti­tude né­ga­tive, de cette ten­dance à l’au­to­fla­gel­la­tion en lais­sant croire que c’est tou­jours mieux ailleurs. On ne peut pas bâ­tir une so­cié­té et don­ner de l’espoir à nos en­fants en ré­pé­tant des mes­sages aus­si né­ga­tifs à lon­gueur de jour­née », af­firme Alain Le­fèvre qui, fi­dèle à ses ha­bi­tudes, ne mâche pas ses mots.

Il cite en exemple le ci­né­ma qué­bé­cois qui, à son avis, n’a pas la re­con­nais­sance mé­ri­tée, alors qu’on a ten­dance à van­ter, sou­vent sans rai­son, le ci­né­ma amé­ri­cain. « On de­vrait com­men­cer à faire confiance à ce que nos oreilles en­tendent et à ce que nos yeux voient. Je vais beau­coup dans les écoles, et si on dé­truit constam­ment les nôtres, on ouvre la porte à une in­va­sion étran­gère. Nos en­fants consom­me­ront en masse ce qui vient d’ailleurs. »

C’est un peu ce qui est ar­ri­vé au com­po­si­teur André Mathieu. Il n’était peut-être pas le meilleur mu­si­cien du monde, mais il avait un ta­lent im­mense et sur­tout le droit d’exis­ter », af­firme Alain Le­fèvre. Rap­pe­lons que le pia­niste lui a consa­cré de nom­breux concerts et en­tre­vues, tan­dis qu’un long mé­trage réa­li­sé par Luc Dionne ar­ri­ve­ra sur nos écrans en mai.

PHOTO STE­VENS LE­BLANC

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