JOYEUX MAL­GRÉ TOUT

Le Journal de Montreal - Weekend - - MUSIQUE - CÉ­DRIC BÉ­LAN­GER Le Jour­nal de Qué­bec

Der­rière ses mé­lo­dies joyeuses et en­traî­nantes, Tro­piques du cancer, pre­mier bé­bé du trio de Saint-Apol­li­naire, Po­lipe, cache deux drames qui ont mar­qué son en­re­gis­tre­ment.

La mère d’Antoine Tar­dif et le père de Pier­reLuc Bé­gin ont li­vré une rude ba­taille contre le cancer, com­bat que les deux ont fi­na­le­ment per­du.

Ce­la ex­plique en bonne par­tie pour­quoi le jeune groupe, com­plé­té par Fran­cis La­fleur, a par­ta­gé son temps entre son vil­lage na­tal et Mon­tréal du­rant les ses­sions d’en­re­gis­tre­ment de Tro­piques du cancer, pa­ru à la mi-oc­tobre.

« Pen­dant le pro­ces­sus, on te­nait à être là. On a fait d’une pierre deux coups. On s’oc­cu­pait de nos pa­rents et, en même temps, on tra­vaillait sur l’al­bum », re­late Fran­cis La­fleur.

Évi­dem­ment, la ma­la­die des pa­rents a in­fluen­cé le conte­nu de l’al­bum.

« Ça s’est em­boî­té sans que ce soit ré­flé­chi. C’est sûr que pour les pa­roles, ce­la a eu une in­fluence. En même temps, on es­sayait de don­ner un peu de joie et de mettre le cancer de cô­té quand on jouait », disent les gars.

Pa­ra­doxa­le­ment, le nom du groupe, qu’ils avaient choi­si bien avant ces évé­ne­ments, dé­signe une tu­meur bé­nigne lors­qu’il est écrit avec un « y ».

« En met­tant un « i », on le rend plus joyeux. On change cette tu­meur, qui est laide, en quelque chose de beau. »

MÊME LA PUB LES IN­FLUENCE

Mal­gré leur look ves­ti­men­taire ré­so­lu­ment ré­tro et le cô­té par­fois très six­ties de leurs pièces, les gars de Po­lipe as­surent pui­ser leurs in­fluences un peu par­tout.

« Nous sommes des ama­teurs de mu­sique tout court », dit Fran­cis La­fleur, avant que le groupe ne se mette à fre­don­ner la ri­tour­nelle de la pu­bli­ci­té de Dé­mé­na­ge­ment de la Ca­pi­tale, his­toire de mon­trer qu’il y a lieu de trou­ver des idées par­tout.

« Aus­si­tôt que tu en­tends quelque chose, ça t’in­fluence. Les plus gros suc­cès de Dan Bi­gras peuvent m’in­fluen­cer. La pu­bli­ci­té de Dé­mé­na­ge­ment de la Ca­pi­tale nous in­fluence au boutte. Au­tant que si j’écou­tais les Beatles du­rant la même jour­née. »

« Ce sont quand même des mu­si­ciens aguer­ris qui font ces trucs en ap­pa­rence ba­nals », ex­plique Pierre-Luc Bé­gin.

Ce­la ex­plique pour­quoi la mu­sique de Po­lipe peut al­ler dans di­verses di­rec­tions, pré­cise le trio.

« Il n’y a vrai­ment au­cune res­tric­tion. On peut pas­ser d’une sal­sa à un vieux rock. C’est as­sez rare, quand on pré­sente des ma­quettes, qu’on les re­jette parce qu’elles ne cadrent pas avec notre son. »

PHOTO COUR­TOI­SIE

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