Pour prendre soin­de­nos moisd’hi­ver

Pas­ser un mo­ment avec Isa­belle Bou­lay, c’est pé­né­trer en plein coeur de la vie. Chan­ter la dé­livre car elle avoue être « une per­sonne tour­men­tée. » Elle nous re­vient avec un al­bum Chan­sons pour les mois d’hi­ver. Son but ? « Ré­con­for­ter, faire du bien en c

Le Journal de Montreal - Weekend - - NEWS - Mi­chelle Cou­dé-Lord

Au­berge Saint-Ga­briel, Vieux Mon­tréal. Son gé­rant et amou­reux Marc-André Chi­coine nous ac­cueille. Il est fier du ré­sul­tat. Le vi­déo de la chan­son thème de l’al­bum joue… On aper­çoit Isa­belle vi­re­vol­ter comme la neige. Elle est en­tou­rée de ses mu­si­ciens, de son beau-frère Alain Chi­coine qui réa­lise, et même de son fils Mar­cus, 13 mois, qui danse. La mu­sique est douce. Ça sent le hit hi­ver­nal.

Elle est une mère, une femme amou­reuse, heu­reuse avec son homme. Isa­belle Bou­lay as­sume par­fai­te­ment ses 37 ans et son mé­tier, sa pas­sion, l’ha­bille comme le vê­te­ment par­fait qui nous colle à la peau.

« Ce mé­tier-là est la source de ma vie. Mon plus grand fac­teur d’épa­nouis­se­ment. Ça me fa­çonne de toutes les ma­nières. Si j’ai eu un ca­deau, c’est d’avoir la chance de dé­ve­lop­per ma pas­sion », confie-t-elle, as­sise confor­ta­ble­ment dans son fau­teuil.

MO­MENTS DE CRÉA­TION

Elle parle cal­me­ment. De sa voix ras­su­rante, elle dé­clare « quand je suis re­ve­nue de ma tour­née eu­ro­péenne, en avril der­nier, les pro­jets me tour­naient dans la tête comme d’ha­bi­tude, je souffre même d’in­som­nie créa­trice. Or, comme nous étions un peu malmenés so­cia­le­ment pour toutes sortes de rai­sons, comme la foi aux gens était du­re­ment mise à l’épreuve, j’ai vou­lu faire ce disque de ré­con­fort. J’aime ap­pe­ler ce­la des ber­ceuses pour grandes per­sonnes », ajoute-t-elle, d’un sou­rire ti­mide mais confiant.

D’ailleurs Isa­belle Bou­lay, elle-même, écoute de la mu­sique pour « être ré­con­for­tée. » Nor­mal qu’elle veuille par­ta­ger ce bon­heur, n’est-ce pas?

Cette in­ter­prète ve­dette est as­soif­fée de créa­tion.

« L’in­ac­ces­sible étoile, c’est mon étoile car j’aime que mes mo­ments de créa­tion m’amènent à la conquête de quelque chose que j’ignore, à un en­droit où je ne croyais ja­mais al­ler. La fa­bri­ca­tion d’un al­bum, d’un spec­tacle me pas­sionne ».

CE FILS AU COEUR DE SA VIE

Elle pro­met d’ailleurs une tour­née à l’au­tomne 2010. Juste avant, la mère se se­ra de­man­dée « si c’est pos­sible avec lui. »

« Dé­sor­mais, je me pose tou­jours la ques­tion à sa­voir si notre fils Mar­cus a sa place dans ce dé­fi. Je re­tiens cette phrase de Fran­çoise Sa­gan « je veux que mon fils soit tou­jours ca­pable de me trou­ver entre lui et la vie… Mar­cus va tou­jours être le plus im­por­tant dans mon coeur », pré­cise une Isa­belle Bou­lay émou­vante.

On la sait in­tense. Ima­gi­nez quand elle parle de ce pe­tit bout d’homme de 13 mois. « Il ne pou­vait pas mieux tom­ber dans notre vie, à Marc-André et moi. De­puis son ar­ri­vée, tout est clair, tout est tom­bé à sa place. Il m’éblouit, me porte dans mes der­niers re­tran­che­ments; me fait cô­toyer ma pa­tience, mon in­dul­gence. C’est l’amour ab­so­lu. »

LA PO­PU­LA­RI­TÉ PLUS QUE LA CÉ­LÉ­BRI­TÉ

Elle connaît le suc­cès, la cé­lé­bri­té, la po­pu­la­ri­té. Isa­belle Bou­lay a su bien se pro­té­ger, gar­der les deux pieds sur terre.

« Avec l’al­bum Mieux qu’ici bas, j’ai connu un suc­cès presque dé­me­su­ré. Je m’en suis ren­due compte. Je me suis rap­pe­lée ce que ra­con­tait An­tho­ny Queen dans sa bio­gra­phie, un soir de Noël, il s’est re­trou­vé sur Times Square à New-York, seul au monde et sa grande af­fiche qui rè­gnait en plein coeur du tour­billon. Je pré­fère la po­pu­la­ri­té à la cé­lé­bri­té. La po­pu­la­ri­té est très agréable car tu es dans le coeur des gens; la cé­lé­bri­té peut t’em­pê­cher de t’ap­par­te­nir; la vie de Mi­chael Jack­son a été mar­quée par le fer de la cé­lé­bri­té. Ça de­vient sur­di­men­sion­né. Ce n’est pas mon cas. »

TOUT SIM­PLE­MENT LA VIE

Sa tête est ha­bi­tée par mille et un pro­jets. « Je rêve en­core à un disque de Noël qui me res­sem­ble­rait, un pre­mier en an­glais. Mais la pro­chaine étape se­ra un spec­tacle à l’image de cet al­bum Chan­sons pour les mois d’hi­ver, dans une am­biance dé­pouillée, cha­leu­reuse, près des gens », pro­met Isa­belle Bou­lay.

Elle au­rait ai­mé avoir un deuxième en­fant, mais à 37 ans, avec sa car­rière, elle ver­ra ce que la vie lui offre. « Si Mar­cus me de­mande un jour un frère ou une soeur… je son­ge­rai peut-être à l’adop­tion. »

Elle cite An­na Quind­len « mon tra­vail c’est la na­ture hu­maine, la vie réelle, c’est au fond, la seule chose que je connaisse ».

Et si on se don­nait ren­dez-vous au même en­droit dans dix ans, elle se voit comment?

« Je sou­haite d’être aus­si à l’aise que main­te­nant, de vous par­ler de ce que je fais, de ce que je vis et d’être ani­mée par de beaux pro­jets. » D’être ré­con­for­tée et ré­con­for­tante quoi!

PHOTO JO­CE­LYN MA­LETTE

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