Les su­per­pou­voirs d’un Su­per­man de la mu­sique

On le sa­vait doué, do­té d’une mé­moire ex­cep­tion­nelle, d’une éner­gie conta­gieuse, mais ca­pable d’être un su­per­hé­ros ? C’est pour­tant ce à quoi as­pire Gre­go­ry Charles dans nou­veau spec­tacle qu’il ra­mène tout droit de Paris.

Le Journal de Montreal - Weekend - - NEWS - Da­ny Bou­chard

« C’est un show qui est comme Har­ry Pot­ter qui s’en va à l’école de ma­gie, qui es­saye de de­ve­nir ce qu’il es­père de­ve­nir », com­pare Gre­go­ry Charles, tout juste re­ve­nu de Paris où il est al­lé ten­ter sa chance au­près du pu­blic fran­çais. Dans Mu­sicMan, Gre­go­ry Charles n’est pas un su­per­hé­ros, mais plu­tôt quel­qu’un qui es­saye d’en de­ve­nir un.

« Le spec­tacle Noir et Blanc était sur « d’où je viens » et « qui je suis ». Là, c’est « qui je rêve d’être », « qui j’as­pire à de­ve­nir », ex­plique-t-il.

En pre­mière par­tie du spec­tacle, Gre­go­ry Charles pré­sen­te­ra ses su­per­hé­ros de la mu­sique, ses « mu­sic-man » et « mu­sic-wo­man » du der­nier siècle: Ju­dy Gar­land, Alys Ro­bi, Frank Si­na­tra, El­vis, El­ton John, Bar­bra Strei­sand, Nat King Cole, Ste­vie Won­der, Mi­chael Jack­son et même Ro­bert Char­le­bois.

« Mu­sicMan, ce n’est pas sur des chan­teurs ou des mu­si­ciens, mais sur des en­ter­tai­ners, pré­ci­set-il. C’est de mon­trer quel im­pact ils ont eu sur moi. Ce sont ces gens-là qui m’ont fait rêver un jour de de­ve­nir un mu­sic-man. »

UN « EX­PLOIT »

Gre­go­ry Charles s’at­tar­de­ra en­suite à deux « su­per­pou­voirs » de la mu­sique: le pou­voir du temps et le pou­voir du sou­ve­nir.

« De tout ce qui nous marque dans la vie, ce qui est le plus in­dé­lé­bile, c’est la mu­sique.

« Nos vies sont écrites à tra­vers les chan­sons qui marquent les évé­ne­ments les plus im­por­tants de nos vies: la ren­contre avec notre chum ou notre blonde, l’achat de notre pre­mière mai­son...

« Les chan­sons d’une époque re­flètent aus­si cer­taines pré­oc­cu­pa­tions so­ciales. Ce n’est pas pour rien qu’on a eu 1990 de Jean Le­loup, Ju­lie des Co­locs et Si Fra­gile de Luc De La­ro­chel­lière. »

Le mo­ment fort du spec­tacle est pré­vu à la toute fin, avec la réa­li­sa­tion « d’un ex­ploit ».

« C’est un ex­ploit qui im­plique que je me rap­pelle de tous les tubes, de toutes les an­nées, confie Gre­go­ry Charles.

« On l’a es­sayé. C’est chao­tique à sou­hait, mais c’est tel­le­ment l’fun. (...) C’est un ex­ploit qu’on ne peut pas échouer. Si on échoue, le show tombe à terre. »

Après le suc­cès de Noir et Blanc, les at­tentes pour ce nou­veau spec­tacle sont grandes.

« À Mon­tréal, on a en­vie, mes soeurs et moi, qu’il fasse le show de sa vie, confie Gil­bert Ro­zon, le grand ma­ni­tou de Juste pour rire, pro­duc­teur des spectacles de Gre­go­ry Charles. Ça va être un feel good show », pro­met-il aux spec­ta­teurs qui vou­dront oublier la gri­saille de no­vembre et les tour­ments de la crise éco­no­mique.

RÉ­PÉ­TÉ À PARIS

Mu­sicMan se­ra pré­sen­té au Théâtre St-Denis à comp­ter de mar­di. Le spec­tacle se­ra à l’af­fiche jus­qu’au 12 dé­cembre.

La créa­tion de Mu­sicMan a dé­bu­té il y a dé­jà plu­sieurs mois, en jan­vier der­nier, mais le spec­tacle a réel­le­ment pris forme au cours des trois der­niers mois, alors que Gre­go­ry Charles et ses mu­si­ciens étaient à Paris pour y pré­sen­ter un autre spec­tacle, Vous n’avez ja­mais en­ten­du ça, ins­pi­ré de Noir et Blanc.

« Le der­nier mois à Paris était épui­sant », ad­met Gre­go­ry Charles, en par­lant des ré­pé­ti­tions en après-mi­di et des spectacles en soi­rée.

Serge Pos­ti­go, le met­teur en scène, est al­lé les re­joindre en France pen­dant trois se­maines.

« Serge et moi, on est des amis de­puis long­temps. Serge est clai­re­ment un gars de théâtre, qui a une connais­sance et une ap­pré­cia­tion de la mu­sique. Moi, je suis à l’op­po­sé: j’ai une connais­sance mu­si­cale et une ap­pré­cia­tion de ce qui est théâ­tral. »

Con­trai­re­ment aux spectacles pré­cé­dents de Gre­go­ry Charles, Mu­sicMan se­ra jus­te­ment plus théâ­tral, plus or­ga­ni­sé, très près de l’es­prit qui se dé­gage des spectacles pré­sen­tés sur Broad­way, cho­ré­gra­phié même par mo­ments.

« C’est l’fun de faire du spon­ta­né, de l’improvisation, mais à un mo­ment don­né, ça de­vient l’fun de pou­voir pla­cer des choses en termes de scé­no­gra­phie et d’éclai­rage », ad­met-il, en par­lant de l’in­tel­li­gence et de la sen­si­bi­li­té de Serge Pos­ti­go, « qui a eu la lourde tâche de domp­ter la bi­bitte ».

Sur scène, Gre­go­ry Charles se­ra ac­com­pa­gné de dix mu­si­ciens, dont plu­sieurs qui l’ont ac­com­pa­gné en France, ces der­nières se­maines.

« En terme de pré­pa­ra­tion, pour moi, ça n’a pas été si di­vergent que ça », dit-il, en par­lant des nom­breux pro­jets et spectacles avec les­quels il a jon­glé ces der­niers mois.

« C’est un peu comme un boxeur qui se pré­pare pour tel ad­ver­saire. Son trai­ning n’est pas si dif­fé­rent que ça quand il s’en­traîne pour un autre ad­ver­saire. »

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