LES BEAUX TRIPS DU RO­CKER

Bien­tôt dix mois qu’il est sobre. Éric La­pointe, le ro­cker, tient bon et il en est très fier. Il pro­fite du jour et ap­pri­voise la nuit. Il pré­sente le vo­lume 2 de l’al­bum qui re­vi­site de beaux trips, des uni­vers qu’il a su se créer avec d’autres com­plices

Le Journal de Montreal - Weekend - - MUSIQUE - Mi­chelle Cou­dé-Lord

Le pre­mier al­bum Ailleurs a été disque d’or à plus de 40000 co­pies.

« Je suis heu­reux de cette confiance que m’en­voie le pu­blic. D’au­tant plus que l’in­dus­trie du disque ac­tuel­le­ment vit une pé­riode dif­fi­cile. Je me sens donc pri­vi­lé­gié. D’ailleurs, j’ai pas­sé au tra­vers de plu­sieurs crises dans ma car­rière et j’ai tou­jours eu peur qu’ils m’aban­donnent, qu’ils ne soient plus là. »

« Cet ap­pui de mes fans me touche énor­mé­ment. Mon été pro­chain est dé­jà rem­pli de fes­ti­vals et je suis content de voir que les res­pon­sables ont re­pris confiance en moi. Pas fa­cile quand ta ve­dette ar­rive saoule sur scène », confie Éric La­pointe, bien at­ta­blé au res­tau­rant en bu­vant son ca­fé dé­ca­féi­né.

Ces fans qui l’ont « char­gé d’amour », comme il le dit avec ten­dresse et res­pect, pour­ront ré­en­tendre de beaux mo­ments de car­rière sur cet al­bum, Ailleurs 2.

« J’ai 40 ans et je crois que ça met fin à un cha­pitre. J’ai la tête rem­plie de pro­jets pour mon pro­chain al­bum que j’ai­me­rais sor­tir à l’au­tomne 2010 ou au prin­temps sui­vant. Je ne sais pas ce que ça va don­ner. Avant je ra­con­tais la nuit, main­te­nant je suis ailleurs. Ça bouillonne », af­firme l’au­teur-com­po­si­teur.

AILLEURS 2

Ain­si, sur cet al­bum, Éric La­pointe chante in­nu avec Florent Vol­lant, fait l’ivrogne pour Yves Lam­bert dans L’ivrogne et le pé­ni­tent— « il sa­vait sû­re­ment que j’al­lais être na­tu­rel dans le rôle », pré­cise en sou­riant le ro­cker —, il chante de l’opé­ra avec Na­tha­lie Cho­quette, re­prend une chan­son d’El­vis avec Mar­tin Fontaine — « je suis un grand fan d’El­vis », rap­pelle-t-il — et se paye la traite avec ses Porn Flakes.

« Pour moi, il est meilleur que le pre­mier. J’aime beau­coup le ré­sul­tat. Main­te­nant, je plonge dans mes nou­velles créa­tions. C’est la pre­mière fois que je tra­vaille à jeun. On va voir dans quelle di­rec­tion le si­lence de la nuit m’en­voie », ajoute Éric La­pointe.

Plus sage, en bonne san­té, se trou­vant chan­ceux d’être sor­ti de son épi­sode mé­di­cal avec tous ses mor­ceaux, le ro­cker ne su­bit plus la vie. Il vit.

« Je reste pru­dent et je m’oc­cupe beau­coup. Par exemple, je pars quatre jours à Vienne avec ma blonde, et le jour de mon re­tour j’ai un show. Puis du­rant le temps des Fêtes, je se­rai en spec­tacle avec Mar­jo et Marie-Mai. Je me pro­tège en tra­vaillant et mon en­tou­rage me sup­porte énor­mé­ment. Il y a même des amis qui m’ap­pellent pour me de­man­der ma re­cette. Ils veulent aus­si ar­rê­ter de boire ».

LA SCÈNE : SON AS­SU­RANCE

La scène lui a don­né une grande confiance. « Il a fal­lu que je la ré­ap­pri­voise, mais je sens que j’ai plus de plai­sir qu’avant. Je m’amuse comme un fou et je re­çois tel­le­ment d’éner­gie de tous ces fans qui sont là en­core pour moi et ne m’ont pas lâ­ché. Fran­che­ment, je me sens très choyé, ce qui ne veut pas dire que je ne trouve pas ça dur et que par­fois je m’en­nuie de ma bois­son. J’ai eu une re­la­tion amou­reuse avec la bou­teille. On ne quitte pas ce­la fa­ci­le­ment. » Il parle alors de sa mère. « Ma mère m’a vu de­ve­nir fou à l’hô­pi­tal, elle a craint de ne plus voir son fils cor­rect. Donc, je pense qu’elle est pas mal fière de moi. Ça me ré­jouit », conclut un Éric La­pointe, qui che­mine comme ja­mais au dé­but de sa qua­ran­taine. Ailleurs vo­lume 2 se­ra dis­po­nible dès le lun­di 23 no­vembre.

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