de l’ex­pé­rience

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Agence QMI

LOS ANGELES – Il n’y a pas si long­temps, in­ter­vie­wer Kris­ten Ste­wart était presque un cal­vaire. Les mots avaient peine à sor­tir de la bouche de la star, qui bal­bu­tiait et hé­si­tait à chaque phrase. Même si elle avait beau­coup à ra­con­ter, elle n’ar­ri­vait ja­mais à s’ex­pri­mer cor­rec­te­ment.

Mais après une an­née à faire les cou­ver­tures des ma­ga­zines, les dif­fi­cul­tés de Ste­wart semblent être chose du pas­sé. Alors qu’elle mon­trait des signes évi­dents de ner­vo­si­té lors de la pro­mo­tion du pre­mier Twi­light, ce jour-là, dans une chambre d’hô­tel de Be­ver­ly Hills, elle sem­blait confiante et dé­ten­due, ré­pon­dant avec ai­sance aux ques­tions por­tant sur la suite du film, Ten­ta­tion. Même Ste­wart, 19 ans, re­con­naît le chan­ge­ment qui s’est opé­ré en elle.

« Je crois que je suis par­ve­nue à me sen­tir plus à l’aise à l’idée de par­ler de moi lorsque je me suis ren­du compte que les gens pre­naient au sé­rieux ce que je di­sais, af­firme Ste­wart. J’étais si in­ti­mi­dée que je mâ­chais tous mes mots. Je ne ter­mi­nais pas mes phrases parce que j’étais pé­tri­fiée. Je ne vou­lais pas pa­raître hy­po­crite, car au fond, j’adore ce que je fais. »

Le hic est que sa pas­sion, le jeu, vient en conflit avec sa vie pri­vée, par­ti­cu­liè­re­ment avec la cou­ver­ture mé­dia­tique dont fait constam­ment l’ob­jet sa sup­po­sée re­la­tion avec Ro­bert Pat­tin­son, l’ac­teur bri­tan­nique au pro­fil an­gu­laire qui joue le vam­pire Ed­ward Cul­len, flan­qué de sa par­te­naire mor­telle, Bel­la Swan.

« C’est un vrai cirque, un spec­tacle ri­di­cule avec une fausse im­pres­sion de réa­lisme, comme un té­lé­ro­man qui sonne vrai, a-t-elle dit, sans faire di­rec­te­ment ré­fé­rence aux ru­meurs qui cir­culent. Toutes ces ru­meurs pu­bliées dans les ta­bloïds, je ne les ai ja­mais crues, et ce, bien avant que je n’en de­vienne l’ob­jet.

« Mais ce­la ne me dé­range pas. Je ne le prends pas per­son­nel. Heu­reu­se­ment, j’ai ac­quis de l’ex­pé­rience et j’ar­rive main­te­nant à par­ler de mon tra­vail. »

Et l’ins­pi­ra­tion vient fa­ci­le­ment lors­qu’on s’at­tend à ce que le « tra­vail », Ten­ta­tion, sor­ti en salles hier, de­vienne un des plus grands suc­cès de l’an­née et qu’il dé­passe les 383 mil­lions de dol­lars de re­cettes que son pré­dé­ces­seur a réus­si à at­teindre à tra­vers le monde.

Les pro­duc­teurs du film croient dur comme fer au pro­jet, car le tour­nage du troi­sième épi­sode, Hé­si­ta­tion, est dé­jà ter­mi­né et la sor­tie du film est pré­vue pour juin.

RUP­TURE

Comme les ama­teurs des livres à suc­cès le savent dé­jà, Twi­light : Ten­ta­tion dé­bute avec la fin abrupte de l’his­toire d’amour brû­lante, mais non consom­mée, entre Ed­ward et Bel­la. La tour­nure des évé­ne­ments et l’im­mense cha­grin qui s’en­sui­vra ouvrent la porte à l’ami pla­to­nique de Bel­la, Ja­cob (Tay­lor Laut­ner), qui s’avère être… un loup-ga­rou. Nul be­soin de pré­ci­ser qu’il y au­ra un peu de four­rure d’ar­ra­chée.

Ste­wart qua­li­fie la rup­ture d’Ed­ward et de Bel­la comme « la scène la plus im­pres­sion­nante de tout le film. Elle fait fran­che­ment peur. On ne parle pas d’une scène de rup­ture nor­male. Dans ce cas-ci, je romps avec un vam­pire qui m’a cau­sé des mo­di­fi­ca­tions chi­miques et phy­siques.

« C’est comme si vous pre­niez un accro et que vous lui re­ti­riez sa drogue. Il y a un ef­fet de manque as­su­ré. »

« Accro » est un terme qui convient peu­têtre, tout en étant un peu exa­gé­ré, pour dé­crire les « Twi­hards », ces lec­teurs ob­sé­dés par la sé­rie Twi­light, qui ne font pas la dif­fé­rence entre Bel­la et Ste­wart et mêlent réa­li­té et fic­tion aux spé­cu­la­tions sur Pat­tin­son et Ste­wart. « Je com­prends tout à fait que les gens aient de la dif­fi­cul­té à nous dis­so­cier de nos per­son­nages, sou­tient Ste­wart. Ce phé­no­mène est à l’image de notre monde. Les gens sont ob­sé­dés. Il y a tel­le­ment de gens pour qui ob­ser­ver la vie des autres dans les ma­ga­zines est une ac­ti­vi­té à temps plein. Je trouve ça étrange, mais c’est com­pré­hen­sible.

« On campe des per­son­nages qui sont convoi­tés par tel­le­ment de gens qu’il est nor­mal de vou­loir en sa­voir plus sur nous et de sou­hai­ter que nous soyons en­semble. » L’ac­trice n’a tou­te­fois au­cun re­gret. « Il y a dé­jà as­sez de choses pour les­quelles je me dis : ‘Kris­ten, vis le mo­ment pré­sent. As­sure-toi de le vivre in­ten­sé­ment et de ne pas l’oublier.’ Ces deux der­nières an­nées ont tel­le­ment été for­mi­dables pour moi; je me consi­dère comme très chan­ceuse. »

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