Au coeur de l’el­do­ra­do, tout ce qui brille est or

Le Journal de Montreal - Weekend - - TOURISME -

BO­GO­TA, Co­lom­bie | L’el­do­ra­do, la contrée où ruis­se­lait l’or, a exis­té. Au coeur de la ca­pi­tale co­lom­bienne où ils sont ex­po­sés, 50 000 ob­jets cou­lés dans cette ma­tière en té­moignent élo­quem­ment.

À leur ar­ri­vée sur les ri­vages de cette par­tie du con­tinent, au XVIe siècle, les aven­tu­riers et les con­qué­rants eu­ro­péens ap­prirent que quelque part plus au sud vi­vait le peuple des Muis­cas, dé­ten­teur, di­sait-on, de grandes quan­ti­tés d’or.

C’est ain­si que na­quit la lé­gende de l’El Do­ra­do, un tré­sor lé­gen­daire.

Trois con­qué­rants, l’un al­le­mand, les autres es­pa­gnols, tous mus par la soif de l’or, se ren­con­trèrent par ha­sard sur le vaste pla­teau qu’oc­cu­paient alors les Muis­cas.

C’est l’un d’eux, un Es­pa­gnol ap­pe­lé Ji­mé­nez de Quesada, qui al­lait fon­der là San­ta Fé de Bo­go­ta, de­ve­nue plus tard siège de la vice-royau­té et ca­pi­tale de la Nou­vel­leG­re­nade, comme on ap­pe­lait alors cette co­lo­nie sud-amé­ri­caine.

De l’or, les troupes es­pa­gnoles en trou­vèrent, lors­qu’elles ou­vrirent leur route à tra- vers ce ter­ri­toire, pillant les villages et les temples, et bien sûr sou­met­tant les chefs.

AT­TRI­BUTS DES CHEFS

Ra­che­tés à des col­lec­tion­neurs ou en­core à des pilleurs de tombes par la Banque de la Ré­pu­blique de Co­lom­bie, les 50 000 ob­jets en or réunis au Mu­sée de l’or de Bo­go­ta consti­tuent une illus­tra­tion du raf­fi­ne­ment de la ci­vi­li­sa­tion des Muis­cas.

Du­rant 2000 ans, soit de 400 av. J.-C. à 1600 apr. J.-C., les Muis­cas oc­cu­pèrent cette ré­gion ré­pu­tée pour la fer­ti­li­té de sa terre.

Col­liers, bra­ce­lets, bagues, pen­den­tifs, pa­rures, ob­jets cé­ré­mo­niels, du plus mas­sif au plus dé­li­cat, tous ces ob­jets té­moignent d’une re­mar­quable maî­trise des or­fèvres de ce temps.

Dans tous les cas, il s’agis­sait en pre­mier lieu de pa­rures des­ti­nées aux chefs ou en­core d’ob­jets ser­vant aux rites dic­tés par les prêtres. La plu­part des ob­jets réunis au Mu­sée de l’or ont été trou­vés dans des tombes de chefs ou de nobles.

La plus fas­ci­nante des oeuvres ex­po­sées au Mu­sée de l’or est un po­po­ro, un ré­ci­pient ser­vant à en­tre­po­ser la pous­sière de co­quillage que l’on mâ­chait en même temps que les feuilles de co­ca.

Ce ré­ci­pient en or pèse 777 grammes et date des an­nées 600 apr. J.-C. Le som­met du cou­vercle a la simple ap­pa­rence d’une poi­gnée, mais si on ob­serve ce­lui-ci une fois gros­si y ap­pa­raît un vi­sage de femme.

UNE CHAMBRE FORTE

Toutes les salles d’exposition du Mu­sée de l’or se com­posent d’une suc­ces­sion de vi­trines où sont ex­po­sés les di­vers types de pièces. Une salle fait tou­te­fois ex­cep­tion.

Il s’agit d’une chambre forte, avec une vé­ri­table porte blin­dée, dans la­quelle le pu­blic se trouve du­rant un mo­ment en­fer­mé pour une ani­ma­tion ba­sée sur un jeu de lu­mières.

On se re­trouve ain­si plon­gé au fond d’un lac, avec au centre, une ac­cu­mu­la­tion de toutes sortes d’ob­jets en or et en éme­raude, et, sur tout le pour­tour, en sus­pen­sion une mul­ti­tude d’autres pièces en or.

Pour un ins­tant, on vit donc la cé­lé­bra­tion de l’El Do­ra­do, comme ce­la se fai­sait ja­dis au lac Gua­ta­vi­ta (lire le texte de droite).

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