TATOUÉSURLECOEUR

Le Journal de Montreal - Weekend - - NEWS - Mi­chelle Cou­dé-Lord

Claude Le­gault rê­vait d’être un joueur de ho­ckey. Mais son mau­vais coup de pa­tin a vite mis fin à son rêve. Sa car­rière s’est ter­mi­née dans le ju­vé­nile. Il est donc de­ve­nu un fan fi­ni du Canadien de Mon­tréal et a dé­tes­té les Big Bad Bruins et les Nor­diques. Comme il le dit si bien « le peuple qué­bé­cois est tri­co­té avec le CH ». Nor­mal que le film sur ses cent ans d’his­toire fasse dé­jà ja­ser. Bien­ve­nue sur la pla­nète sport.

Dans le film Pour tou­jours les Ca­na­diens, la ve­dette Claude Le­gault joue l’en­traî­neur Bor­de­leau d’une équipe ju­nior. Son man­dat est de gé­rer des ego. Il connaît ce­la car, il fut aus­si coach d’une équipe d’im­pros. C’est là qu’il a ap­pris toute la si­gni­fi­ca­tion du mot équipe.

« Le sport c’est une école de vie, une mi­ni-so­cié­té. Ton tra­vail doit avoir un im­pact sur les autres. Tu y apprends que t’es pas plus im­por­tant que les autres. C’est toi qui dois quelque chose à l’équipe. Je réa­gis comme ce­la sur un pla­teau de tour­nage, je ne suis pas plus im­por­tant que le ma­quilleur ou le tech­ni­cien. On a be­soin du ta­lent de cha­cun » confie Claude Le­gault, le co­mé­dien le plus ap­plau­di sur le ta­pis rouge lors de la pre­mière au Centre Bell, lun­di der­nier.

COMME EN­TRER AU VA­TI­CAN…

À 46 ans, il ac­cu­mule les rôles mais reste humble. « Quand t’es adu­lé, ap­plau­di de­vant des mil­liers de per­sonnes. C’est gra­ti­fiant mais tu te sens tel­le­ment seul le soir chez vous quand ça va mal dans ta vie. Faut donc re­la­ti­vi­ser tout ce­la » dit-il sa­ge­ment.

Pour tou­jours les Ca­na­diens, ce fut deux jours in­ten­sifs de tour­nage qui l’ont ame­né dans l’uni­vers du Canadien de Mon­tréal, le club le plus ré­pu­té de l’his­toire avec 24 coupes Stan­ley.

Pré­ci­sons que le film sur les cent ans du Canadien n’est pas une com­mande des di­ri­geants du Canadien mais une idée de la pro­duc­trice Lor­raine Ri­chard de Ci­té Amé­rique.

Syl­vain Archambault a dû tra­vailler avec un bud­get de 6 M$ et un sprint de 23 jours de tour­nage. Claude Le­gault rap­pelle que le man­dat de ce film sur les cent ans du Canadien n’était sû­re­ment pas simple.

« Le Centre Bell, c’est comme le Va­ti­can. Ton film parle du club le plus cé­lèbre au monde, il faut que tu pré­serves leur image très propre, que tu plaises à beau­coup de per­sonnes et que tu re­montes le temps. Dans ce contexte-là je trouve qu’on s’en sort pas si mal. Ça ne ré­vo­lu­tionne pas le ci­né­ma. Mais ce n’était pas le man­dat. C’est un film fa­mi­lial, ac­ces­sible, abor­dable qui fait le job de faire tri­per sur le club ».

Aux cri­tiques sé­vères il ré­torque « qu’ils n’aiment pas le film, je leur dis qu’on ne le fait pas pour eux. C’est vrai il n’a pas toutes les qua­li­tés du monde. Je suis pas aveugle, pas niai­seux mais ce n’est pas un mau­vais film. »

L’IDEN­TI­TÉ DE TOUT UN PEUPLE

Se­lon Claude Le­gault, c’est tout un peuple qui s’iden­ti­fie à cette grande équipe.

« La fièvre est aus­si forte qu’avant. Le sen­ti­ment d’ap­par­te­nance est fort. On l’a vu l’an pas­sé quand le club a per­du les pé­dales, tout s’est ef­fon­dré mais les fans sont res­tés de­bout pour eux. Il a fal­lu qu’il se passe quelque chose pour que Bob Gai­ney dé­cide de net­toyer l’équipe et d’en­voyer tous les joueurs cha­ris­ma­tiques. Les fans sont jeunes, il y a de plus en plus de femmes qui aiment le CH; si les joueurs ne s’as­soient pas sur leur steak on va conti­nuer à croire en eux ».

Pour cet ac­teur fan de ho­ckey l’un des grands mo­ments de ce tour­nage fut sa ren­contre avec Jean Bé­li­veau.

« C’était comme si je ren­con­trais Ro­bert De Ni­ro. C’est un grand mon­sieur, un homme à l’écoute des autres et très res­pec­tueux. Di­sons que ma lé­gende ne m’a pas dé­çu. »

Quant à l’or­ga­ni­sa­tion du Canadien, le por­te­pa­role Do­nald Beau­champ in­dique ce­ci à ceux qui croient qu’ils ont été très contrô­lants dans ce pro­jet.

« Nous avons été des fa­ci­li­ta­teurs. On a ren­du dis­po­nibles toutes nos archives. Nous ne sommes pas des pro­duc­teurs de ci­né­ma, on ne connaît pas ce­la. On a lais­sé les ex­perts tra­vailler ». Pour tou­jours les Ca­na­diens ar­rive dans toutes les salles de ci­né­ma du Qué­bec le 4 dé­cembre, le jour des cent ans des Ca­na­diens.

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