LE BEAU RISQUE DE L’AU­TEUR JACQUES SA­VOIE

Le Journal de Montreal - Weekend - - NEWS - Mi­chelle Cou­dé-Lord Le Jour­nal de Mon­tréal

L’ESPOIR AU COEUR DE CETTE HIS­TOIRE

Pour tou­jours les Ca­na­diens a les qua­li­tés d’un conte de Noël. « Ce film-là n’est pas une com­mande des Ca­na­diens de Mon­tréal. L’idée vient de Ci­té Amé­rique qui s’est as­so­cié au club du Canadien. Et ils n’ont pas scru­té mon scé­na­rio. Le ci­né­ma n’est pas leur bu­si­ness » confie le scé­na­riste Jacques Sa­voie.

Le Canadien de Mon­tréal est un des partenaires du film et a in­jec­té moins d’un mil­lion de dol­lars dans cette aven­ture ci­né­ma­to­gra­phique.

Jacques Sa­voie pré­cise « je dis aux cri­tiques qui re­gardent ce film de haut, qu’on ne dé­fend pas ici un es­sai mais un conte fan­tas­ma­go­rique. Ce cré­neau du­rant le temps des Fêtes qui est ha­bi­tuel­le­ment oc­cu­pé par les Amé­ri­cains. On de­vrait se ré­jouir de voir que notre ci­né­ma prend ain­si sa place ».

Jacques Sa­voie est l’au­teur connu de grandes sé­ries des La­vi­gueur, Bom­bar­dier, Ces en­fants d’ailleurs, Les Or­phe­lins de Du­ples­sis.

QUAND FIS­TON DONNE SON AVAL

C’est son fils de dix ans qui l’a convain­cu d’ac­cep­ter ce man­dat d’écrire pour le ci­né­ma un film sur le cen­te­naire des Ca­na­diens de Mon­tréal.

« Un ma­tin, il m’a mis toutes les cartes des joueurs des Ca­na­diens et m’a dit de fon­cer, de le faire. Le ho­ckey est si im­por­tant dans la vie des jeunes. Je le vois par mon gar­çon fier de por­ter le chan­dail de son équipe. »

Il se rap­pelle un soir de ren­contre avec le réa­li­sa­teur Syl­vain Archambault.

« On sa­vait que pour lui et moi c’était comme si nous jouions pour le club les Ca­na­diens. Nous al­lions être cri­ti­qués for­te­ment et qu’on al­lait en voir de toutes les cou­leurs..parce qu’on parle ici d’une ins­ti­tu­tion, d’un club qui a fait l’his­toire. Et en ce mo­ment on aime les haïr étant don­né qu’ils ont une sai­son en dents de scie » ex­plique Jacques Sa­voie.

Le scé­na­riste a donc op­té pour un conte. L’his­toire d’un en­fant ma­lade qui al­lait mon­trer le cou­rage et l’espoir.

« Ce sont ces émo­tions qui sont au centre de ce film-là. Nous vou­lions par la suite in­té­grer dra­ma­ti­que­ment l’his­toire des Ca­na­diens. Pour nous ce choix de dé­part était très clair. Ce film al­lait être un conte. Le pu­blic ver­ra ce­la. »

Syl­vain Archambault le réa­li­sa­teur ré­sume ain­si son film.

« C’est une his­toire très tou­chante ba­sée sur l’espoir qui vi­site les mo­ments forts de l’his­toire des Ca­na­diens. »

SOU­VE­NIRS DE SON EN­FANCE

Sans au­to­bio­gra­phie, Syl­vain Archambault a souf­fert d’une ma­la­die ré­nale à l’âge de 4 ans et fut hos­pi­ta­li­sé très long­temps. Donc il sai­sis­sait par­fai­te­ment l’im­por­tance de la vi­site d’un Koivu pour le pe­tit Da­niel dans ce film.

« Je pense que pour faire ce film-là, il faut né­ces­sai­re­ment être un grand par­ti­san des Ca­na­diens, ce que je suis. Et j’ai vu à quel point ils ont une marque à dé­fendre, et ils la pro­tègent très bien. Ils ne s’as­so­cient pas à n’im­porte quoi. Et il faut bien se rap­pe­ler que leur im­pli­ca­tion dans la so­cié­té est très grande. Ils aident énor­mé­ment et sont très pré­sents au­près des en­fants ma­lades. »

L’ÉMO­TION

Il n’a pas fait ce film pour les jour­na­listes mais pour le pu­blic.

« Et je sens que l’émo­tion est au ren­dez­vous. Nous en pleine tour­née et les gens viennent me voir et sont tou­chés. C’est un film fa­mi­lial, ras­sem­bleur » sou­ligne Syl­vain Archambault.

Même avec les mil­lions des Amé­ri­cains, il dit qu’il au­rait fait le même film.

« Je suis au ser­vice du film. J’au­rais ai­mé avoir plus de temps. 23 jours de tour­nage, c’est un sprint in­croyable. Mais nous sommes un peuple de dé­brouillards et des plus créa­tifs. Il faut qu’au Qué­bec, les moyens ne manquent ja­mais pour qu’on puisse s’ex­pri­mer » conclut le réa­li­sa­teur heu­reux de faire rêver les gens avec ce film Pour tou­jours les Ca­na­diens.

Syl­vain Archambault dit être en constant ap­pren­tis­sage « je suis un éter­nel étu­diant. » Quand on lui de­mande si ça le dé­range que Koivu soit le joueur ve­dette du film alors qu’il n’est plus dans l’équipe. Le réa­li­sa­teur rap­pelle qu’il fût un ca­pi­taine des Ca­na­diens pen­dant de longues an­nées… donc il fait par­tie de l’his­toire.

PHOTO THIER­RY AVRIL PHOTOS COUR­TOI­SIE ET ARCHIVES

Syl­vain Archambault, le réa­li­sa­teur du film en com­pa­gnie de Jacques Sa­voie, le scé­na­riste. La grande lé­gende du Canadien, Mau­rice « Ro­cket » Ri­chard.

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