ROCK

Sur­tout connue à titre de membre des Dears, la mu­si­cienne Va­lé­rie Jo­doin-Kea­ton est aus­si une pho­to­graphe accomplie qui vient d’ac­cou­cher de son pre­mier ou­vrage, Backs­tage, un fas­ci­nant voyage dans les cou­lisses du rock.

Le Journal de Montreal - Weekend - - LIVRES - Cé­dric Bé­lan­ger

Jack White, Billy Cor­gan, Ad Rock, Feist, Beck, Kele Ore­keke et Paul McCart­ney ne sont que quelques-unes des grandes ve­dettes du rock qui ont ac­cep­té de prendre la pause pour la Qué­bé­coise, bien sou­vent dans le confort de leur loge.

Ar­mée d’un Has­sel­blad, un ap­pa­reil photo n’ayant rien à voir avec la nou­velle gé­né­ra­tion d’ap­pa­reils nu­mé­riques ul­tra­per­for­mants, Va­lé­rie Jo­doin-Kea­ton a com­men­cé à pho­to­gra­phier les ar­tistes qu’elle cô­toyait avec les Dears, en 2006.

« Quand j’ai quit­té le groupe, c’était plus dif­fi­cile parce que, pour ob­te­nir l’ac­cès, je de­vais faire des de­mandes d’ac­cré­di­ta­tions. Je de­vais me pré­sen­ter comme pho­to­graphe. J’étais comme Su­per­man qui perd sa cape », ri­gole la pho­to­graphe, qui a quand même réus­si à sé­duire ses su­jets en leur pré­sen­tant ses oeuvres.

« Quand les ar­tistes ont vu mon tra­vail, ils ont ra­re­ment re­fu­sé. Je crois qu’ils ont ai­mé l’es­thé­tique du tra­vail, l’ap­proche qui était dif­fé­rente et le mo­ment choi­si qui est par­ti­cu­lier, soit avant ou après une pré­sence sur scène. Tous les mu­si­ciens aiment do­cu­men­ter ce mo­ment. »

En fait, seuls deux ar­tistes ont re­fu­sé son in­vi­ta­tion.

« Quatre-vingt-dix-huit pour cent ont ac­cep­té. Les seuls qui ont re­fu­sé sont Björk et Ar­cade Fire. Dans le pre­mier cas, c’est parce qu’elle a son pho­to­graphe per­son­nel et qu’elle est en contrôle de son image. Et Ar­cade Fire, ils n’en font ja­mais. »

CONFES­SION D’UN RO­CKEUR

Rares sont les mau­vaises ex­pé­riences avec les ar­tistes, as­sure-t-elle. Seul Carl Ba­rat, des Li­ber­tines, un groupe bri­tan­nique sur­tout connu pour ses frasques et sa consom­ma­tion ex­ces­sive de mille et une sub­stances, lui a don­né du fil à re­tordre. Pour le reste, elle n’a que de bons sou­ve­nirs et de belles sur­prises. Comme cette ren­contre avec Paul Ra­ven, de Mi­nis­try, un groupe de me­tal in­dus­triel ul­tra agres­sif.

« Il était su­per char­mant, il a ra­con­té l’his­toire de sa fille ado­les­cente qu’il avait ren­con­trée pour la pre­mière fois la veille. Elle ve­nait de re­tra­cer son vrai père. Il confes­sait une his­toire vrai­ment tou­chante », dit la pho­to­graphe, qui a aus­si été sur­prise de l’ac­cueil cha­leu­reux que lui a ré­ser­vé Billy Cor­gan, des Sma­shing Pump­kins.

« Je m’at­ten­dais à une mau­vaise ré­cep­tion de sa part, mais il a été très po­li, très cour­tois. »

AVEC McCART­NEY

Mais sa pièce de ré­sis­tance de­meure la photo de Paul McCart­ney prise dans les cou­lisses de son spec­tacle à Ha­li­fax, plus tôt cette an­née. Une réus­site dont les bases ont été je­tées à Qué­bec, en 2008.

« J’ai fait une de­mande backs­tage, à Qué­bec, qui a été re­fu­sée. Mais on m’a in­vi­tée, à ma grande sur­prise, à faire de la photo sur scène, ce que j’ai ac­cep­té. »

Réem­bau­chée pour le même tra­vail à Ha­li­fax, Va­lé­rie Jo­doin-Kea­ton a cette fois pu ob­te­nir la photo convoi­tée.

« J’ai eu la chance de lui par­ler un peu plus. Sans vou­loir lui de­man­der, parce que je ne vou­lais pas lui mettre de pres­sion, je lui ai mon­tré mon tra­vail pour lui mettre la puce à l’oreille. Le len­de­main, avant son spec­tacle, il a com­pris, quand il m’a vu at­tendre avec mon ap­pa­reil, que j’es­pé­rais ce mo­ment-là. C’est alors qu’il m’a in­vi­tée lui-même pour faire la photo. Semble-t-il, se­lon ses proches, qu’il est un peu comme un âne: il dé­teste se faire de­man­der quelque chose. Je l’ai su par la suite. J’avais donc la bonne ap­proche. »

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