Le «vrai» Père Noël ha­bite au Lac Saint-Jean !

Le Journal de Montreal - Weekend - - TOURISME -

Alors que des clones du Père Noël com­mencent à en­va­hir les nom­breux centres com­mer­ciaux, le «vrai» Père Noël ac­cueille cha­leu­reu­se­ment tous ceux prêts à ava­ler les ki­lo­mètres me­nant à sa pe­tite mai­son de bois rond de Gi­rard­ville.

Ça fe­ra 15 ans cette an­née que les ha­bi­tants de cette mu­ni­ci­pa­li­té, si­tuée au nord du Lac Saint-Jean, at­tendent avec im­pa­tience que le rang de la Pointe s’illu­mine. En fait, de­puis le jour où Gaë­tan Gau­thier a dé­co­ré son cha­let de mil­liers de lu­mières.

Comme tous les gens du coin, Lar­ry Bol­duc et Mi­chel Per­reault avaient pris l’ha­bi­tude de s’y rendre et d’en­trer chez M. Gau­thier qui leur of­frait le ca­fé ou des bis­cuits. Les deux hommes étaient alors bien loin d’ima­gi­ner que ce se­rait à eux que re­vien­drait la tâche de per­pé­tuer la tra­di­tion.

LA MA­GIE DE NOËL

C’est pour­tant ce qui ar­rive quand, à l’hi­ver 2002, M. Gau­thier leur an­nonce que c’est sa der­nière an­née. Il a vieilli et ne se sent plus la ca­pa­ci­té de faire tout ce tra­vail. Lar­ry et Mi­chel qui font par­tie du dé­ve­lop­pe­ment lo­cal ne peuvent se ré­soudre à voir dis­pa­raître la Mai­son du Père Noël qui consti­tue une belle at­trac­tion tou­ris­tique du temps des fêtes dans leur vil­lage. Ils se consultent et dé­cident de ra­che­ter toutes les dé­co­ra­tions de M. Gau­thier.

Dès le prin­temps, les deux hommes se mettent au tra­vail, mais le temps de faire les plans et sur­tout de s’as­su­rer que la construc­tion ré­pon­dra aux normes des as­su­rances, août pointe dé­jà son nez. Ils se déses­pèrent un peu. Ja­mais ils n’ar­ri­ve­ront à temps pour Noël.

Mais c’était sans comp­ter sur le sup­port de la po­pu­la­tion. Bien­tôt, les amis, la fa­mille et tous ceux qui croient au pro­jet viennent leur prê­ter main-forte. Quelque 5 000 heures de bé­né­vo­lat plus tard, la pe­tite mai­son en bois rond s’illu­mine de quelque 75 000 am­poules de toutes les cou­leurs et ac­cueille ses pre­miers vi­si­teurs.

DE BON GOÛT

Huit ans plus tard, Gi­rard­ville at­tire de plus en plus de vi­si­teurs qui dé­couvrent l’im­mense ter­rain de jeux na­tu­rel que re­pré­sente ce ter­ri­toire. Mais, bien en­ten­du, la Mai­son du Père Noël de­meure le clou du spec­tacle.

Il faut ce­pen­dant pri­vi­lé­gier l’heure de la bru­nante pour em­prun­ter le rang de la Pointe. De très loin, on peut se lais­ser gui­der par les lu­mières (plus de 150 000) qui brillent dans le noir. Du sta­tion­ne­ment, elles tracent le che­min qui conduit à la pe­tite mai­son en bois rond.

En pous­sant la porte, on est en­va­hi par l’odeur des pains d’épice, des beignes, du sucre à la crème et des ga­lettes de sucre à la crème (un vrai pé­ché) qu’offre Mère Noël. En dé­vo­rant ces dé­lices, on dé­am­bule par­mi les lu­mières, les dé­co­ra­tions, les sa­pins avec leurs or­ne­ments et les fi­gu­rines ani­mées pour ar­ri­ver en­fin au trône du Père Noël pour la tra­di­tion­nelle photo. En grim­pant l’es­ca­lier, on peut même se per­mettre une in­dis­crète in­cur­sion dans la chambre du Père et de la Mère Noël. Hon…

Loin d’être kitsch, l’en­droit est propre et ma­gni­fi­que­ment amé­na­gé. Alors que les en­fants ouvrent des yeux im­menses afin de ne rien man­quer de ce qui les en­toure, la ma­jo­ri­té des pa­rents froncent les sour­cils en fai­sant un cal­cul ra­pide du tra­vail exi­gé pour ins­tal­ler ces mil­liers de lu­mières (dont la ma­jo­ri­té sont des DEL, en­vi­ron­ne­ment oblige) et, faut-il l’avouer, de la fac­ture d’élec­tri­ci­té qui doit faire des bonds spec­ta­cu­laires entre la fin no­vembre et la mi-jan­vier.

Mais il faut vite re­tour­ner à l’ex­té­rieur pour mar­cher dans le Sen­tier des lu­tins et mettre son nez aux fe­nêtres des mi­gnonnes pe­tites mai­sons dans les­quelles des lu­tins sont au tra­vail, tra­ver­ser le pont illu­mi­né pour se rendre à l’en­clos des rennes et les nour­rir, se ré­chauf­fer au­près du foyer ex­té­rieur dans le­quel brûle un bon feu de bois ou s’of­frir un tour de trot­ti­nettes des neiges, de car­riole ou de train dans les bois en­vi­ron­nants.

Lar­ry et Mi­chel es­pèrent qu’un jour pro­chain, leur Vil­lage pour­ra de­meu­rer ou­vert toute l’an­née, à tout le moins pen­dant la sai­son tou­ris­tique, mais en at­ten­dant, il faut ab­so­lu­ment ins­crire Gi­rar­ville sur notre agen­da du 28 no­vembre au 6 jan­vier.

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