LE PA­RI GA­GNANT

THE YOUNG VIC­TO­RIA

Le Journal de Montreal - Weekend - - SOMMAIRE - PA­TRICE VER­METTE Mi­chelle Cou­dé-Lord MCLORD@JOUR­NALMTL.COM

ll fut le di­rec­teur ar­tis­tique du film The Young Vic­to­ria. Son tra­vail l’amène au­jourd’hui dans la course aux Os­cars. Le Qué­bé­cois Pa­trice Ver­mette est à Los Angeles de­puis mar­di pour sa­vou­rer ses jours de rêve. Ga­gne­ra-t-il contre Ava­tar ?

Il se fout de la ré­ponse. Il est là, pré­sent dans cette course hol­ly­woo­dienne. Et il sa­voure chaque ins­tant. À sept ans, le jeune Pa­trice, ébloui par le film Star Wars, avait dit à ses pa­rents qu’il se­ra un jour en com­pé­ti­tion aux Os­cars.

Pa­trice Ver­mette peut dire mis­sion accomplie et mer­ci à Jean-Marc Val­lée, son ami et son fi­dèle com­plice. Il lui rend d’ailleurs très vite hom­mage lors de cette en­tre­vue.

« Si je me suis re­trou­vé à la tête d’un bud­get de plus de 5 M$ pour les dé­cors et toute la di­rec­tion ar­tis­tique de ce pres­ti­gieux film, c’est grâce à Jean-Marc Val­lée, mon ami de­puis tou­jours sur les pla­teaux, mon fi­dèle com­plice de C.R.A.Z.Y. », ra­conte fiè­re­ment Pa­trice Ver­mette.

LES QUATRE MOUS­QUE­TAIRES

C’est simple. Jean-Marc Val­lée a été très clair lors­qu’est ve­nu le temps de né­go­cier son contrat avec la pro­duc­tion; il par­tait avec ses potes du Qué­bec, les meilleurs, Pa­trice Ver­mette, Mar­tin Pin­son­neault et Marc Co­teau, ce der­nier res­pon­sable des ef­fets 3D. Si­non, il ne réa­li­sait pas ce film de 35 M$ qui ame­nait l’équipe pen­dant sept mois en An­gle­terre.

« On nous ap­pe­lait les quatre mous­que­taires. Jean-Marc nous a mon­tré en­core une fois à quel point il dé­fen­dait et sou­te­nait même à l’étran­ger le ta­lent de chez nous. »

Il faut le faire. Car comme le dit fort bien Pa­trice Ver­mette, avec le ta­lent qu’il y a en An­gle­terre, il fal­lait être drô­le­ment dé­ter­mi­né et cons­cient de son ta­lent pour di­ri­ger toute une équipe étran­gère.

Il était à la tête d’au moins quinze per­sonnes: dé­co­ra­teurs, peintre, ache­teur, me­nui­sier, ani­ma­lier, sty­liste cu­li­naire.

« Tous des ex­perts. Au dé­but, d’ailleurs, je me suis dit, ‘‘mais qu’est-ce que je fais ici?’’ Sauf que ça n’a pas pris beau­coup de temps à prendre ma place. Nous avons for­mé une mer­veilleuse équipe. Cette no­mi­na­tion est le re­flet de notre tra­vail. The Young Vic­to­ria fut un pla­teau de rêve », ex­prime avec un large sou­rire rem­pli de fier­té Pa­trice Ver­mette.

JEAN-MARC VAL­LÉE, L’AMI

Sept mois en An­gle­terre à vi­si­ter des châ­teaux, trou­ver le pe­tit dé­tail qui fe­ra la dif­fé­rence. Il y a eu construc­tion de dé­cor au stu­dio Shep­per­ton, si­tué à 45 mi­nutes de Londres. Un en­droit my­thique.

Un di­rec­teur ar­tis­tique lit le scé­na­rio et les images dé­filent alors dans sa tête.

« La com­mu­ni­ca­tion doit être par­faite avec le réa­li­sa­teur. Mon his­toire d’ami­tié avec Jean-Marc Val­lée a dé­bu­té en pu­bli­ci­té et avec C.R.A.Z.Y. C’est un pas­sion­né comme moi et un homme de dé­tails. Rien ne lui échappe. Il veut tou­jours se dé­pas­ser. Et ça, c’est mo­ti­vant. » Il a ado­ré tra­vailler avec les An­glais. « Ils sont très dis­ci­pli­nés et ciblent le meilleur tout le temps. »

VITE, DES MOYENS…

Et bien sûr, ils ont les moyens, beau­coup de moyens.

À ce su­jet, Pa­trice Ver­mette s’in­quiète du pré­sent et de l’ave­nir du ci­né­ma qué­bé­cois.

« Ce n’est pas nor­mal qu’on nous de­mande de tra­vailler avec dix fois moins de bud­get. Le der­nier exode des tour­nages des films amé­ri­cains à Mon­tréal nous a fait très mal, dit-il. Nous avons per­du plu­sieurs ex­perts qui se sont re­trou­vés sans bou­lot. C’est la perte de cette grande ex­per­tise qui me fait le plus de peine ».

HA­BILLÉ PAR PHILIPPE DUBUC

Pa­trice Ver­mette voit grand pour le ci­né­ma qué­bé­cois.

« Nous avons tel­le­ment de ta­lent chez nous. Mais pour com­pé­ti­tion­ner à l’in­ter­na­tio­nal, il faut se don­ner les moyens. Ce n’est pas nor­mal que nos gou­ver­ne­ments ne com­prennent pas l’im­por­tance. Le ta­lent a un prix », conclut Pa­trice Ver­mette, qui se­ra ha­billé di­manche soir par le cou­tu­rier qué­bé­cois Philippe Dubuc.

Et oui, il se pro­met­tait de pro­fi­ter de cette se­maine de cock­tails et de ren­contres pour qu’on se rap­pelle de Pa­trice Ver­mette du film The Young Vic­to­ria.

« Une car­rière in­ter­na­tio­nale m’in­té­resse, c’est cer­tain, mais ac­com­pa­gnée de beaux pro­jets qué­bé­cois. C’est pour­quoi je veux que notre in­dus­trie reste forte et bien re­pré­sen­ta­tive du ta­lent de chez nous », sou­ligne le di­rec­teur ar­tis­tique ré­pu­té.

Y CROIRE

Au fait, ses pa­rents vou­laient qu’il soit un avo­cat. Or, au­jourd’hui, ils sont drô­le­ment fiers que leur fils Pa­trice Ver­mette fasse du ci­né­ma.

« Ils ont su res­pec­ter ma pas­sion », nous dit fiè­re­ment Pa­trice Ver­mette, qui leur dit en pas­sant mer­ci. À no­ter que le film The Young Vic­to­ria compte aus­si deux autres no­mi­na­tions aux Os­cars; une pour le ma­quillage de Jon Hen­ry Gor­don et Jen­ny Shir­core; et une autre pour les cos­tumes San­dy Powell. Il se­ra du pro­chain film de Jean-Marc Val­lée, Le Ca­fé de Flore.

PHOTO COUR­TOI­SIE

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