LA CONSCIENCE COU­PABLE

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - DE MARC BI­SAILLON

Jus­qu’au 15 avril, Marc Bi­saillon s’af­faire au tour­nage de La Vé­ri­té, long mé­trage qui suc­cède à La Lâ­che­té, pa­ru en 2007, dans la tri­lo­gie ins­pi­rée de faits di­vers et dont le noyau cen­tral est la conscience cou­pable.

Met­tant en ve­dette Pierre-Luc La­fon­taine, Émile Mail­hot, Geneviève Rioux, Denis Tru­del et Louise La­pa­ré, le drame so­cial, dont Bi­saillon signe éga­le­ment le scé­na­rio, nous trans­porte à Saint-Hya­cinthe, où Ga­briel et Yves, deux amis d’en­fance, vivent avec le tour­ment d’être cou­pables d’un ho­mi­cide com­mis un soir de fête.

« L’am­biance est agréable, même si on tourne quelque chose d’un peu dark et de tra­gique », pré­cise Ch­ris­tine Fal­co, des Pro­duc­tions Camera Os­cu­ra.

MÈRE PO­LI­CIÈRE

Dans La Vé­ri­té, le meilleur ami d’Yves est Ga­briel Ca­ron, rôle prin­ci­pal in­ter­pré­té par Pierre-Luc La­fon­taine. « C’est un jeune in­tel­lec­tuel. Il est très in­tro­ver­ti et a un rap­port très émo­tif avec sa mère, tan­dis qu’Yves a un rap­port plus dé­lais­sé avec son père et fuit la si­tua­tion. Ga­briel reste pris avec sa ten­sion en vi­vant quo­ti­dien­ne­ment avec sa mère, qui est po­li­cière et qui lui rap­pelle ce qu’il a fait. »

Geneviève Rioux joue pour sa part la mère de Ga­briel. « Ca­ro­line est po­li­cière com­mu­nau­taire et en­quê­teuse à Saint-Hya­cinthe », nous a-t-elle in­di­qué. « Elle est mère mo­no­pa­ren­tale et son fils est sa fier­té, mais sa vie va bas­cu­ler lorsque son fils va se re­trou­ver en eaux troubles, car elle va être en conflit d’in­té­rêts. »

DEUX ANS À FI­NAN­CER

Le tour­nage de La Vé­ri­té a dé­bu­té le 12 fé­vrier et se ter­mi­ne­ra le 15 avril. Les images prises à l’in­té­rieur comme à l’ex­té­rieur – et par­fois de nuit — ont été cap­tées prin­ci­pa­le­ment à Saint-Hya­cinthe, puisque l’his­toire se dé­roule dans cette ville. Des scènes ont éga­le­ment été tour­nées à La­val, à La­chine et à Bou­cher­ville.

Un bud­get de 1,7 mil­lion $ a été al­loué à l’équipe de Bi­saillon. « Ça a pris presque deux ans à fi­nan­cer », nous a confié la pro­duc­trice. « La SODEC a em­bar­qué tout de suite, mais ce n’est pas pa­reil pour Té­lé­films, parce qu’on est plu­tôt dans le genre film d’au­teur. Cette fois, par exemple, on s’est équi­pés de tech­no­lo­gie HD, de ma­nière à mettre plus de bud­get dans ce qu’on voit à l’écran. »

Et à quand la sor­tie ? « On es­saie de le sor­tir à l’hi­ver 2010, mais c’est à confir­mer », sou­ligne Ch­ris­tine Fal­co. « Ça va dé­pendre si Fil­mop­tion, le dis­tri­bu­teur, veut le faire tour­ner dans les gros fes­ti­vals avant de le sor­tir. Dans ce cas-là, ça irait à 2011. »

L’AMOUR

Marc Bi­saillon en est d’ailleurs dé­jà à l’écri­ture de la deuxième ver­sion du scé­na­rio du troi­sième et der­nier vo­let de la tri­lo­gie : « Ça va s’ap­pe­ler

L’Amour. C’est ba­sé sur l’his­toire de Ste­ven Mar­shall, un jeune de la Nou­velle-Écosse qui est par­ti chez son père, dans le Maine, à 21 ans, et qui, un soir, a vo­lé des armes à feu et a tra­qué des pé­do­philes qu’il a re­pé­rés dans un re­gistre de dé­lin­quance sexuelle, sur in­ter­net. Il en tue deux, cette nuit-là, avant de se sui­ci­der. »

Le bud­get de­vrait cette fois être de 3 mil­lions $ et quelques scènes pour­raient être tour­nées à l’ex­té­rieur du Qué­bec.

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