Le maître de la GLACE

Ar­bitre pen­dant une ving­taine d’an­nées dans les ligues ma­jeures, Ron Four­nier oc­cupe le même rôle dans La sé­rie Mon­tréal-Qué­bec. Pour lui, il s’agit d’un des dé­fis les plus em­bal­lants de sa car­rière.

Le Journal de Montreal - Weekend - - TÉLÉVISION - Serge Drouin SERGE.DROUIN@JOUR­NAL­DE­QUE­BEC.COM

« Quand Sté­phane La­porte m’a pré­sen­té le concept de la sé­rie, j’ai vu tout de suite que ce se­rait quelque chose de très sé­rieux. Je n’ai pas hé­si­té un seul ins­tant. Je sa­vais que ça se­rait une belle aven­ture. Il y a tout de même eu 11 000 per­sonnes qui se sont ins­crites. C’est in­croyable! » dit l’ar­bitre et com­mu­ni­ca­teur en en­tre­vue.

DES BÊ­TISES

Ron Four­nier ne s’en fait pas avec les ré­ac­tions des par­ti­sans, des en­traî­neurs et des joueurs à la suite de cer­taines de ses dé­ci­sions. « Quand t’es ar­bitre, tu sais que tu peux te faire crier des bê­tises; t’es ha­bi­tué à ça, dit-il. Quand Mi­chel (Ber­ge­ron) a crié après moi au pre­mier match, ça ne m’a pas fâ­ché. Mi­chel, ça reste Mi­chel. On le connaît. Il a re­con­nu être al­lé trop loin. L’im­por­tant dans ce tra­vail, c’est de de­meu­rer pro­fes­sion­nel, res­pec­tueux et juste. Mais je sais qu’il y en au­ra tou­jours pour dire que je prends pour Qué­bec et d’autres, pour Mon­tréal. Un ar­bitre, ce n’est

pas là pour re­ce­voir des ap­plau­dis­se­ments. Il faut que tu restes dis­cret », lance M. Four­nier.

L’ar­bitre sa­vait au dé­part qu’il se fe­rait crier des noms et que cer­tains blas­phé­me­raient contre lui. « Moi, avec les joueurs, je joue un peu le rôle de père. Je suis là avec mon ex­pé­rience et je leur dis de ne pas dé­pas­ser cer­taines li­mites. Ça ne se passe pas tout à fait comme ça dans la Ligue nationale, mais un peu. Moi, je vois des joueurs qui se dé­foncent à chaque match. »

PLUS DÉ­MONS­TRA­TIFS À QUÉ­BEC

N’es­sayez pas de de­man­der des pré­dic­tions à Ron Four­nier à sa­voir qui rem­por­te­ra la sé­rie. « Ce n’est pas mon rôle. Je pense ce­pen­dant que nous au­rons droit à une belle fin de tour­noi. Après le qua­trième match, où la sé­rie était égale à 2-2, per­sonne n’au­rait pu écrire meilleur scé­na­rio. Tu vois qu’il n’y a rien d’ar­ran­gé. Cette sé­rie-là, ça se joue sur la pa­ti­noire. »

S’il ne veut pas pré­dire un vain­queur, Ron Four­nier di­ra tou­te­fois que les par­ti­sans de Qué­bec sont plus éner­giques, in­tenses, ex­pres­sifs et dé­mons­tra­tifs que ceux de Mon­tréal. « Et Dieu sait qu’à Mon­tréal, ils sont in­tenses », dit l’ar­bitre.

LE CA­LIBRE

Par­lant du ca­libre des joueurs, Ron Four­nier ne croit pas « qu’un joueur de la sé­rie pour­rait jouer dans la Ligue nationale. Ils peuvent être d’ex­cel­lents joueurs de ligues de ga­rage, mais la Ligue nationale, c’est cinq coches au-des­sus. Peut-être qu’un gars comme Ju­lien Walsh (gar­dien de but de Qué­bec) pour­rait jouer dans la Ligue amé­ri­caine. Ce qui m’a sur­pris ce­pen­dant, c’est le dé­sir de ga­gner des gars et des filles. Wow! Ce sont des joueurs qui ont tou­jours vou­lu per­for­mer de­vant 15 000 per­sonnes et là, ils réa­lisent leur rêve. »

Ce que sou­haite Ron Four­nier pour le reste de la sé­rie, c’est que les joueurs gardent leur maî­trise. « Je veux que tout se fasse dans les règles. Les gars et les filles n’ont pas à lais­ser tom­ber les gants. On n’a pas be­soin de ba­garres dans le ho­ckey ama­teur. On ne veut pas de Ven­dre­di saint. On peut jouer in­ten­sé­ment sans se battre. On n’a pas be­soin de ça », dit-il en ter­mi­nant.

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