Bus­sières et Le Bre­ton réunies

Le Journal de Montreal - Weekend - - THÉÂTRE -

Comme plu­sieurs, Ju­lie Le Bre­ton a lu Huis Clos, de Jean-Paul Sartre, à la fin de l’ado­les­cence, sans trop s’at­tar­der sur le sens. Re­pre­nant au­jourd’hui la pièce au TNM aux cô­tés de Pas­cale Bus­sières, de Pa­trice Ro­bi­taille et de Sé­bas­tien Dodge, l’ac­trice plonge avec plai­sir dans cette oeuvre dense.

« Le texte pro­pose tel­le­ment d’ave­nues que ça en­gendre beau­coup de dis­cus­sions lors des ré­pé­ti­tions. C’est un dé­fi exi­geant et très in­té­res­sant à re­le­ver », di­telle. La belle au re­gard azu­ré in­ter­prète Es­telle, une sé­duc­trice condam­née à vivre l’en­fer aux cô­tés de Gar­cin et d’Inès. « Elle est tou­jours dans le pa­raître et la sé­duc­tion, elle vit dans la su­per­fi­cia­li­té et se dé­fi­nit com­plè­te­ment par le re­gard des autres, sur­tout des hommes », ex­plique l’ac­trice.

La co­mé­dienne, quant à elle, a les deux pieds sur terre — ses membres en­do­lo­ris le lui rap­pellent chaque jour. « Ça fait quelques an­nées que je n’ai pas joué au théâtre et mon corps s’en res­sent, s’en amuse-t-elle. La scène est exi­geante pour tous les muscles de l’ac­teur, au fi­gu­ré comme au propre, que ce soit au ni­veau de la mé­moire, du to­nus ou de la dic­tion. Heu­reu­se­ment, tous mes bons ré­flexes de l’École de théâtre me re­viennent, c’est comme s’ils fai­saient par­ties de moi. »

Pour Ju­lie, l’en­fer passe par l’an­goisse. Ce­lui de ne pas tra­vailler est un stress à gé­rer conti­nuel­le­ment pour une ac­trice comme elle.

Ain­si, même si son jo­li mi­nois est bien pré­sent dans la tête du pu­blic, la co­mé­dienne nous avoue que, ré­cem­ment, elle n’a pas tra­vaillé pen­dant deux ans.

PAS DE PLAN B

« Après Ca­davres, j’ai fi­ni Nos

étés et je n’ai plus été ap­pe­lée. C’était très an­gois­sant, je me di­sais : “Il faut que je re­garde les choses en face, c’est fi­ni.” J’ai vé­cu le syn­drome de l’im­pos­teur; je me suis de­man­dé si, tout à coup, tout le monde n’avait pas dé­cou­vert que je n’étais pas si bonne. J’ai réa­li­sé que je n’avais pas de plan B et que j’étais un peu mal fou­tue. »

Mal­gré ses craintes, Ju­lie sa­vait, bien au fond d’elle, que le tra­vail re­pren­drait. Elle a donc uti­li­sé cette pause pour vivre de nou­velles aven­tures.

« Ces si­tua­tions-là font par­ties d’une car­rière. J’ai donc dé­ci­dé de les trans­for­mer en quelque chose de construc­tif. J’ai beau­coup voya­gé et je l’ai fait pour les bonnes rai­sons, pas pour me sau­ver. C’est drôle à dire, mais on sur­vit à ce genre d’épreuves. Ce n’est rien com­pa­ra­ti­ve­ment à ce que d’autres vivent... »

AU CI­NÉ­MA

Et les nou­veaux pro­jets sont, fi­na­le­ment, ar­ri­vés. En plus d’être sur scène dans Huis Clos, on la ver­ra bien­tôt au ci­né­ma dans le film 100 mil­liards de neu

rones, de Mi­chel Mon­ty, qui ra­conte le deuil d’un pe­tit gar­çon or­phe­lin de son père. À la té­lé­vi­sion, dans Toute la

vé­ri­té, Ju­lie in­carne Vé­ro­nique, une jeune ma­man de re­tour au bu­reau après seule­ment trois mois de congé de ma­ter­ni­té.

« Elle est confron­tée à son ho­raire de tra­vail et à ce­lui d’une mère d’un bé­bé de trois mois qui sou­haite conti­nuer à l’al­lai­ter. Un pro­cès, au cours du­quel un bé­bé est jus­te­ment im­pli­qué, va l’ébran­ler. »

Huis Clos est pré­sen­té au TNM du 9 mars au 8 avril.

Ju­lie Le Bre­ton.

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