AB­SENTE DES PLANCHES DE­PUIS 13 ANS !

La der­nière ap­pa­ri­tion sur scène de Pas­cale Bus­sières re­monte à 1997, jus­te­ment au TNM sous les ordres de Lor­raine Pin­tal, dans Les sor­cières de Salem. L’ac­trice, qui joue­ra dans Huis Clos, ex­plique cette ab­sence par les nom­breux pro­jets et, bien sûr, par

Le Journal de Montreal - Weekend - - THÉÂTRE - Agence QMI

« Jouer au théâtre exige tout un rythme de vie et le 5 à 7 n’est pas le mo­ment idéal pour quit­ter la mai­son lors­qu’on a des en­fants. Là, ça va, ils ont une meilleure com­pré­hen­sion de ce que je fais », confie-telle.

Bien que plu­sieurs soient fé­briles à l’idée de la re­voir sur scène, la co­mé­dienne n’est pas vic­time d’un trac fou : « Je n’ai pas ten­dance à trop an­gois­ser. L’ex­pé­rience est, par contre, par­fois in­quié­tante et dé­sta­bi­li­sante, parce qu’elle est dif­fé­rente d’un tour­nage. Au théâtre, les ac­teurs sont res­pon­sables du rythme et de l’ac­cent dra­ma­tique. Au ci­né­ma, cette par­tie est sou­vent ma­gni­fiée par la mu­sique. »

Pour son re­tour, Pas­cale Bus­sières n’a cer­tai­ne­ment pas ac­cep­té la plus fa­cile des oeuvres. Huis Clos de Jean-Paul Sartre di­rige le pu­blic di­rec­te­ment en en­fer où Gar­cin, Inès et Es­telle se re­trouvent après l’avoir lar­ge­ment mé­ri­té. Loin d’être tout de feux et de flammes, les abysses de la Terre res­semblent à un pe­tit sa­lon fer­mé à la dé­co­ra­tion sus­pecte, mais ré­con­for­tante. Le trio de pê­cheurs dé­cou­vri­ra ce­pen­dant bien vite qu’ils au­raient pré­fé­ré brû­ler vifs que de s’en­du­rer pour l’éter­ni­té.

« C’est un texte pour le­quel on trouve fa­ci­le­ment un pre­mier sens, mais on peut beau­coup le creu­ser aus­si. Les grands concepts de Sartre se trans­forment en corps dans la pièce. Sur scène, nous sommes des idées plus que des per­sonnes, ce n’est pas fa­cile à in­car­ner. Que veut-il vrai­ment dire par: “tu n’es rien d’autre que ta vie ?” », avoue l’in­ter­prète d’Inès, une em­ployée des postes ai­grie, par qui la vé­ri­té ar­rive.

DANS LES MAINS DE DE­NISE RO­BERT

Pour cer­tains, l’en­fer est dans l’at­tente. Pas pour Pas­cale, l’au­teure qui pa­tiente sa­ge­ment alors que son pre­mier scé­na­rio de film est dans les mains de nulle autre que la pro­duc­trice De­nise Ro­bert. Le pro­jet am­bi­tieux ra­conte l’his­toire d’une tenancière de bor­del, dont l’éta­blis­se­ment se si­tue à la fron­tière du Qué­bec et des États-Unis. La cé­lèbre pré­si­dente de Ci­né­ma­gi­naire est à la re­cherche d’un réa­li­sa­teur et s’in­ter­roge avec la nou­velle scé­na­riste sur une distribution bi­lingue pour son ré­cit d’époque.

Ins­pi­rée par la réa­li­sa­tion, la co­mé­dienne pen­sait bien être der­rière la ca­mé­ra lors de l’écri­ture du scé­na­rio, mais a chan­gé d’idée der­niè­re­ment.

« Je viens de tour­ner une pu­bli­ci­té que j’ai moi-même écrite pour Be­cel, qui lance une cam­pagne de sen­si­bi­li­sa­tion au su­jet des ma­la­dies co­ro­na­riennes. En jouant de­dans, j’ai sa­bo­té mon plai­sir de la réa­li­ser. Ç’a pris cette ex­pé­rience pour me rendre compte que faire les trois était très lourd. Comme ce se­rait as­sez casse-gueule pour un pre­mier long-mé­trage, je pré­fère jouer de­dans que de le réa­li­ser », af­firme celle dont on ver­ra le pe­tit film pu­bli­ci­taire en pri­meur lors de la Soi­rée des Ju­tra le 28 mars pro­chain.

Huis Clos est pré­sen­té du 9 mars au 8 avril au TNM.

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