À table aux cô­tés des Fran­çais : bon, pas cher et sans chi­chis

Le Journal de Montreal - Weekend - - TOURISME -

SUR LA ROUTE en France | La meilleure fa­çon de cô­toyer les gens du pays, tout en mé­na­geant son por­te­feuille, consiste à choi­sir pour le mi­di des tables qui ont l’avan­tage d’être à la fois bonnes, pas chères et sans chi­chis. Il en existe une mul­ti­tude sur tout le ter­ri­toire fran­çais. On les ap­pelle des res­tau­rants ou­vriers ou en­core des res­tau­rants rou­tiers.

Ces res­tau­rants se dis­tinguent par leur bonne cui­sine de type fa­mi­lial, leur ser­vice ef­fi­cace et ra­pide, et leurs ta­rifs avoi­si­nant les 10 eu­ros (14 $), tout com­pris in­cluant le ser­vice, la taxe et… le vin à vo­lon­té. Seul le ca­fé (1 eu­ro) ne fi­gure pas dans ce for­fait.

Les en­trées sont gé­né­ra­le­ment pré­sen­tées sous la forme d’un buf­fet où cinq ou six types de char­cu­te­rie cô­toient un vaste as­sor­ti­ment de sa­lades, à base de lé­gumes, mais aus­si de pois­son ou de viande.

CUI­SINE FA­MI­LIALE

Un choix de deux à quatre plats prin­ci­paux (viandes et pois­sons) per­met à cha­cun de trou­ver une sa­veur à son goût. Suivent en­core un pla­teau de fro­mage et un pla­teau de des­serts. Les bou­teilles d’eau et de vin (blanc, ro­sé ou rouge) sont pla­cées d’em- blée sur la table.

Ce type de res­tau­rants per­met à la classe la­bo­rieuse fran­çaise de se res­tau­rer à proxi­mi­té de son lieu de tra­vail ou sur la route. Les éta­blis­se­ments de ce type se sont dé­ve­lop­pés ja­dis aux abords des axes rou­tiers (routes na­tio­nales et dé­par­te­men­tales) mais éga­le­ment dans les bourgs.

Cer­tains sont ré­per­to­riés, d’autres se dé­couvrent au ha­sard du che­min, à la condi­tion donc que l’on sorte des au­to­routes.

La na­ture même des vé­hi­cules sta­tion­nés aux abords de ces res­tau­rants aux heures de ser­vice du mi­di per­met de si­tuer la clien­tèle de ces éta­blis­se­ments. Il s’agit soit de ca­mion­neurs au long cours, soit de li­vreurs, soit d’ou­vriers spé­cia­li­sés af­fec­tés à des chan­tiers éloi­gnés de leur do­mi­cile.

Dès mi­di ta­pant, parce que leur temps de re­pos leur est comp­té, ils ar­rivent, sou­vent par équipes de tra­vailleurs. Pour la du­rée de leur chan­tier dans les alen­tours, ils ré­servent leurs tables tou­jours dans le même res­tau­rant.

Les autres, clients iso­lés ou oc­ca­sion­nels, se voient pla­cés en fonction des dis­po­ni­bi­li­tés à une table in­com­plète. Le sou­ci des te­nan­ciers de ces res­tau­rants, dont cer­tains peuvent com­prendre une bonne cen­taine de places, est en ef­fet de gé­rer au mieux et l’es­pace et le ser­vice.

AUX CÔ­TÉS DES « GENS D’EN BAS »

Le tou­riste de pas­sage qui choi­sit de faire étape dans ce type de res­tau­rant est le bien­ve­nu. Il peut ain­si fa­ci­le­ment se re­trou­ver aux cô­tés de tra­vailleurs soit de la ré­gion même, soit de pro­fes­sion­nels de la route en tour­née dans la contrée.

En règle gé­né­rale, vos voi­sins de table ont ten­dance à par­ler entre eux soit de leurs chan­tiers, soit des ré­sul­tats de foot de la fin de se­maine écou­lée, soit de leurs loi­sirs.

Si vous sou­hai­tez avoir la paix, ils ne vous posent pas de ques­tion. Au contraire, ils ne re­chignent au­cu­ne­ment si vous vous im­pli­quez dans leur conver­sa­tion.

Ha­bi­tués à se res­tau­rer ain­si dans les res­tau­rants ou­vriers, les tra­vailleurs connaissent bien des bonnes adresses du genre et adorent par­ta­ger celles-ci avec les vi­si­teurs.

Le res­tau­rant ou­vrier, outre une étape avan­ta­geuse, re­pré­sente ain­si une belle oc­ca­sion d’en­trer en contact avec ce que l’on ap­pelle ici le « vrai monde », et là-bas, la « France d’en bas », par op­po­si­tion à l’uni­vers « bling bling » des adresses à la mode.

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