EN RES­PEC­TANT «L’ES­PRIT» DE BEAU DOM­MAGE

Le Blues d’la mé­tro­pole, qui prend l’af­fiche à la fin du mois, de­vait être fi­dèle à l’es­prit de Beau Dom­mage, ni trop res­pec­tueuse de l’oeuvre, ni trop écla­tée. Simple et or­di­naire. Un trip de gang. Mi­chel Ri­vard et Ro­bert Lé­ger en ont fait un point d’hon

Le Journal de Montreal - Weekend - - DE BEAU DOMMAGE - Da­ny Bou­chard

« Pour nous, c’était im­por­tant que quelque chose qui mette en scène un pan si im­por­tant de nos vies soit fi­dèle à l’es­prit du groupe », confie Mi­chel Ri­vard qui, avec Ro­bert Lé­ger, parle pour la toute pre­mière fois du spec­tacle.

« On ne vou­lait pas s’éloi­gner des va­leurs es­thé­tiques de Beau Dom­mage. De la chique, des paillettes et du car­ton-pâte, on n’en vou­lait pas », ajoute Ro­bert Lé­ger.

Le pro­jet de mon­ter une co­mé­die mu­si­cale avec les chan­sons du groupe a été pro­po­sé aux membres de Beau Dom­mage il y a main­te­nant deux ans.

« On a eu un synopsis de deux pages. On a dit: On est ni pour, ni contre, mais on vou­drait en avoir un peu plus », ra­conte Ro­bert Lé­ger.

« On ne pen­sait pas que ça pou­vait s’y prê­ter, ad­met Mi­chel Ri­vard. Cha­cune de nos chan­sons ra­conte une his­toire et on se de­man­dait comment des scé­na­ristes pou­vaient tra­vailler avec trente chan­sons. »

Loui­sa Dé­ry et Mi­chèle Gron­din, les scé­na­ristes, se sont aus­si­tôt at­ta­quées à un pre­mier scé­na­rio. « La toute pre­mière ver­sion était trop res­pec­tueuse de l’his­toire de chaque chan­son », com­mence Ro­bert Lé­ger.

La deuxième ver­sion était plus « créa­tive », « plus écla­tée ». Peut-être trop.

« On a don­né nos im­pres­sions et on a pous­sé quelques idées », ajoute Mi­chel Ri­vard.

L’HIS­TOIRE DANS LES CHAN­SONS

Au­jourd’hui, le scé­na­rio est cam­pé dans le quar­tier Ville­ray des an­nées 1975 à 1986. L’his­toire est celle de six jeunes qui vivent leurs peines, leurs amours et leurs joies au­tour d’une ta­verne te­nue par Yvon Gil­bert, un ex­ho­ckeyeur cam­pé par Nor­mand D’Amour. Le spec­tacle ne ra­conte pas l’his­toire du groupe et ce sont les chan­sons de Beau Dom­mage qui servent de fil conduc­teur à l’his­toire. Un peu comme ce que le Cirque du So­leil a fait avec l’oeuvre des Beatles pour LOVE.

« Les per­son­nages de nos chan­sons pou­vaient co­ha­bi­ter parce qu’ils sont is­sus de la même fibre, des mêmes ra­cines. On était tout le temps en­semble et on avait un ba­gage com- mun très, très fort. C’est pas éton­nant que nos per­son­nages puissent se cô­toyer », ana­lyse Mi­chel Ri­vard avec le re­cul des an­nées.

« On est en train de faire la pre­mière co­mé­die mu­si­cale folk », lance le met­teur en scène, Serge De­non­court. « Pour moi, folk, c’est ac­tuel mais c’est di­rec­te­ment con­nec­té sur nos ra­cines. C’est drôle parce que sur la toute pre­mière af­fiche du tout pre­mier spec­tacle de Beau Dom­mage, c’était écrit: Beau Dom­mage,

folk-rock ur­bain. C’est ce qu’on était », ra­conte

Mi­chel Ri­vard.

« J’AI DES FRIS­SONS »

Mi­chel Ri­vard, comme Ro­bert Lé­ger et le reste du groupe, est par­ti­cu­liè­re­ment fier que la mu­sique qu’ils ont écrite il y a plus de trente ans serve au­jourd’hui de char­pente à un spec­tacle jeune et mo­derne.

« Ça me rend très fier, par­tage Ro­bert Lé­ger, l’oeil brillant, un pe­tit sou­rire en coin. Quand on fait des chan­sons, on ne sait pas ce que ça vaut, ce qui va ar­ri­ver avec. Trente ans après, il y a des gens qui mettent de l’ar­gent, de l’éner­gie et du Coeur là-des­sus. »

« J’en­tends ça et j’ai des fris­sons, confie Mi­chel Ri­vard, en en­ten­dant les jeunes chan­teurs ré­pé­ter Le Re­tour du flâ­neur dans la pièce d’à cô­té. Ça sur­vit parce que cette mu­sique-là sur­vit, ajoute-t-il au su­jet des chan­sons du groupe. Mes filles, qui ap­prochent de la ving­taine m’ar­rivent, sans que je ne fasse de pres­sion, et me de­mandent si je connais ça Neil Young. Ça re­vient à la mode. »

Pour l’ins­tant, au­cun des membres du groupe n’a vu le spec­tacle. « On at­tend que Serge nous in­vite, lance Mi­chel Ri­vard en riant. Sé­rieu­se­ment, on se ré­serve la sur­prise, mais la confiance est de plus en plus forte », dit-il.

Éton­nam­ment, Mi­chel Ri­vard ra­conte que ce n’est pas lui qui doute du ré­sul­tat, mais plu­tôt ses en­fants.

« Elles sont plus crain­tives que moi, dit-il au su­jet de ses filles.

«Elles vont être scep­tiques jus­qu’à ce qu’elles voient l’af­faire. Pour l’ins­tant, c’est: « At­ten­tion à ce que vous al­lez faire à pa­pa », ra­conte-t-il en sou­riant.

PHOTO MAR­TIN CHEVALIER

Ro­bert Lé­ger et Mi­chel Ri­vard sont fiers de voir ce qu’il ad­vient de la mu­sique de Beau Dom­mage, plus de trente ans après sa créa­tion.

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