LE DÉ­FI DE NOR­MAND D’AMOUR

« Tu vois les cordes à linge dans leurs chan­sons, les jeunes qui jouent à kick la ca-canne, le pre­mier french en des­sous de la ga­le­rie. J’ai tout fait ça », confie le co­mé­dien Nor­mand D’Amour, le Yvon Gil­bert du Blues d’la mé­tro­pole.

Le Journal de Montreal - Weekend - - LE DÉFIDE DE NORMAND D'AMOUR - Da­ny Bou­chard Le Jour­nal de Mon­tréal

En en­ten­dant par­ler de la co­mé­die mu­si­cale sur l’oeuvre de Beau Dom­mage, c’est lui qui a pro­po­sé ses ser­vices au met­teur en scène Serge De­non­court.

« Je suis un gars de Ro­se­mont qui a juste le goût de chan­ter, de faire un trip de gang. Je suis un troo­per et j’ai tou­jours été un gars de gang. J’ai tou­jours sen­ti que Beau Dom­mage, c’était un trip de gang leur af­faire. »

Dans Le Blues d’la mé­tro­pole, il prête ses traits à Yvon Gil­bert, un ex-ho­ckeyeur qui a ga­gné sept coupes Stan­ley et qui a aban­don­né ses pa­tins pour s’oc­cu­per de sa femme at­teinte du cancer. Il tient dé­sor­mais une ta­verne dans Ville­ray, fré­quen­tée par une bande de jeunes (Pas­cale Mon­treuil, Carl Po­li­quin, Éric Paul­hus, David Lau­rin, So­phie Trem­blay et Ma­ry­lène Cou­si­neau).

« J’ai joué au ho­ckey de ruelle toute ma vie, dit-il en pen­sant à son per­son­nage. J’ai vou­lu que mes en­fants connaissent les ruelles; il se passe quelque chose là qu’on ne peut pas ex­pli­quer ». Évi­dem­ment, le co­mé­dien dé­voile sur scène un ta­lent qu’on ne lui connais­sait pas: ce­lui de chan­teur.

« Ce que les gens pensent, ça ne m’ap­par­tient pas. J’ai fait un bout de che­min dans la vie et j’ai com­pris ça, dit-il au su­jet de ceux qui dou­te­raient de ses ca­pa­ci­tés. Moi je sais que je chante et vous le ver­rez », pro­met-il.

Sur scène, Nor­mand D’Amour couche sa voix sur une ving­taine de titres, mais il est le me­neur sur trois chan­sons: Ho­ckey, Tout va

bien, et Le Blues d’la mé­tro­pole. « J’ai joué dans un band de blues. (...) J’ai le beat, le rythme, l’oreille », confie-t-il.

L’oeuvre de Beau Dom­mage lui est très fa­mi­lière, pour l’avoir dé­cou­verte plus jeune, à l’âge de 12 ans, à tra­vers les chan­sons qu’écou­taient ses soeurs plus âgées que lui.

« L’une de mes soeurs s’ap­pelle Gi­nette. Elle se

l’est fait chan­ter sou­vent », ra­conte-t-il en riant.

UN PRE­MIER CAPPUCINO

Nor­mand D’Amour a croi­sé la route de Mi­chel Ri­vard pour la toute pre­mière fois à sa sor­tie de l’école de théâtre, au mi­lieu des an­nées 80, alors que le chan­teur de Beau Dom­mage était dé­jà bien connu. Sans em­ploi, Nor­mand D’Amour avait ac­cep­té d’ai­der à la construc­tion d’un so­la­rium der­rière la mai­son de Mi­chel Ri­vard.

« Il est ar­ri­vé le pre­mier ma­tin, dans sa robe de chambre en sa­tine, et il a dit: Les gars, vou­lez­vous un ca­fé? Ça a été mon pre­mier contact avec lui et la pre­mière fois que j’ai bu un cappucino », ra­conte Nor­mand D’Amour.

Le co­mé­dien est ha­bi­tué aux grands pro­jets, mais il ad­met que Le Blues d’la mé­tro­pole est l’un des plus im­por­tants de sa car­rière.

« J’ai fait des gros shows dans ma vie et ce­lui­là est un beau dé­fi. Mais ap­prendre une toune, c’est comme ap­prendre un texte et en par­tant, les chan­sons de Beau Dom­mage on les connaît à 50 %, dit-il.

« J’ap­proche tou­jours les shows de la même fa­çon, avec calme et sé­ré­ni­té. Quand le show ar­ri­ve­ra, il ar­ri­ve­ra. S’il se passe de quoi, il se pas­se­ra de quoi », dit-il.

Le Blues d’la mé­tro­pole se­ra la pre­mière co­mé­die mu­si­cale ins­crite à son cur­ri­cu­lum vi­tae.

Bien connu au théâtre, Nor­mand D’Amour a ga­gné en po­pu­la­ri­té ces der­nières an­nées en mul­ti­pliant les rôles au grand écran, dans des films comme

5150, rue des Ormes, De Père en flic, et Tout est par­fait.

« Le tour­nage de Ya­mas­ka re­com­mence à la fin avril et je viens de ter­mi­ner trois jours de tour­nage sur le pro­chain film de Claude Miller, Voyez

comme il danse (avec Yves Jacques et Ma­ri­na Hands). Ça a été ben trip­pant de tra­vailler avec ce bon­homme-là. Ça a été d’une grande sim­pli­ci­té », confie le co­mé­dien.

Nor­mand D’Amour est l’un de sept co­mé­diens du spec­tacle. Il campe Yvon Gil­bert, le pro­prié­taire de la ta­verne où les jeunes se ras­semblent.

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