UN « SPEC­TACLE MU­SI­CAL » QUI FE­RA DÉ­COU­VRIR BEAU DOM­MAGE AUX JEUNES

Le met­teur en scène Serge De­non­court ad­met se sen­tir coin­cé avec l’éti­quette de « co­mé­die mu­si­cale » et pré­fère plu­tôt par­ler d’un « spec­tacle mu­si­cal ».

Le Journal de Montreal - Weekend - - LE DÉFIDE DE NORMAND D'AMOUR - Da­ny Bou­chard Le Jour­nal de Mon­tréal

« Il y a quelque chose de qué­taine re­lié à la co­mé­die mu­si­cale, plaide-t-il. C’est un spec­tacle mu­si­cal. Les gens vont ai­mer ou ne pas ai­mer, mais ce n’est pas ar­ti­fi­ciel, pas su­per­fi­ciel. La chose la plus im­por­tante du spec­tacle, c’est l’émo­tion. »

Il y a plus de trente ans, au mo­ment où ils ont écrit les chan­sons de Beau Dom­mage, Mi­chel Ri­vard et Ro­bert Lé­ger ad­mettent qu’ils n’avaient pas une idée en­core très juste de la co­mé­die mu­si­cale.

« C’était deux uni­vers qui ne se cô­toyaient pas, com­mence Mi­chel Ri­vard en par­lant de la co­mé­die mu­si­cale et de la mu­sique. Dans mon en­fance, les co­mé­dies mu­si­cales, ça re­pré­sen­tait quelque chose d’un peu ar­ti­fi­ciel avec du monde qui se met­tait à chan­ter n’im­porte quand pour n’im­porte quelle rai­son », dit-il.

Ro­bert Lé­ger a dé­jà en­sei­gné l’his­toire de la co­mé­die mu­si­cale. « On dé­cri­vait ça comme un en­vol éphé­mère vers un ailleurs mer­veilleux », dit-il en le­vant le sour­cil.

Ce sur quoi tra­vaille in­ten­sé­ment Serge De­non­court de­puis trois mois ne res­semble de toute fa­çon à au­cune autre co­mé­die mu­si­cale pré­sen­tée au Qué­bec jus­qu’à main­te­nant.

« C’est une vraie créa­tion qué­bé­coise qui nous res­semble. Ce n’est pas un faux uni­vers de pa­pier mâ­ché », dit-il.

De toute fa­çon, pa­reil en­vi­ron­ne­ment ne col­le­rait pas à ce que ra­content les chan­sons de Beau Dom­mage, un ré­per­toire que Serge De­non­court connais­sait par coeur bien avant d’être em­bau­ché pour si­gner la mise en scène du spec­tacle.

« J’avais 14 ans à l’époque de Beau Dom­mage. (...) J’ai lu le script, sans disque », dit-il, une pointe de fier­té dans la voix.

CARTE BLANCHE

Avant de s’em­bar­quer dans le pro­jet, Serge De­non­court a te­nu à sa­voir ce qu’at­ten­daient de lui les membres de Beau Dom­mage. « Je leur ai de­man­dé (l’été der­nier) si j’avais les cou­dées franches ou s’il fal­lait que je leur de­mande la per­mis­sion pour tout et n’im­porte quoi. J’ai eu carte blanche. » Dans Le Blues d’la mé­tro­pole, les per­son­nages prennent vie se­lon ce que dé­crivent les chan­sons de Beau Dom­mage. « Le choix des tounes a ser­vi à l’his­toire. Il fal­lait mettre Le phoque, les pal- miers, Gi­nette. C’était le sque­lette de base. Pour re­lier tout ça, il a fal­lu fouiller dans le ré­per­toire. Il y a peu­têtre des chan­sons que les gens vont avoir en­ten­du deux fois dans leur vie », ra­conte Serge De­non­court.

Il y avait aus­si l’es­prit de Beau Dom­mage à res­pec­ter. « C’est du monde or­di­naire à qui il ar­rive des choses or­di­naires: des peines d’amour, des ami­tiés, des dé­parts, des re­tours. On a ima­gi­né une gang d’amis qui s’aident. Ce sont d’ailleurs les co­mé­diens et les dan­seurs qui changent les dé­cors, comme dans l’es­prit com­mu­nau­taire des an­nées 70 », sou­ligne Serge De­non­court.

AT­TI­RER LES JEUNES

Le met­teur en scène veut évi­dem­ment re­joindre le plus large pu­blic pos­sible, mais il sou­haite de tout coeur at­ti­rer des jeunes dans la salle.

« Je veux pas faire un spec­tacle de nos­tal­gie pour les boo­mers. Je veux que les jeunes aient le goût d’ache­ter la mu­sique de Beau Dom­mage. Ça fait par­tie de notre his­toire. Ce sont les pre­miers qui, au lieu de chan­ter Paris, ont chan­té Ville­ray, Mon­tréal. On s’est dé­com­plexé avec la mu­sique de Beau Dom­mage », rap­pelle-t-il.

À comp­ter de cette se­maine, la pro­duc­tion aban­donne son lo­cal de ré­pé­ti­tion, près du ca­si­no, pour s’ins­tal­ler dans le Théâtre St-Denis.

« Tout s’amé­liore à chaque se­maine. Ils chantent le ma­tin, ils dansent l’après-mi­di. C’est très com­pli­qué, très com­plexe; tout le monde chante, il y a beau­coup d’har­mo­nies et de cho­ré­gra­phies de danse mo­derne. »

Qu’im­porte, tout se­ra prêt pour la pre­mière, le 31 mars pro­chain.

« Le show est très, très mo­derne. (...) On est dans la tra­di­tion de la co­mé­die mu­si­cale chan­tée de Broad­way, mais on l’ap­plique au Qué­bec », ré­sume Serge De­non­court.

PHOTOS MAR­TIN CHEVALIER

Les sept dan­seurs et les sept co­mé­diens-chan­teurs du Blues d’la mé­tro­pole ré­pètent les ta­bleaux du spec­tacle de­puis des se­maines. Serge De­non­court ne « veut pas faire un spec­tacle de nos­tal­gie pour les boo­mers », mais plu­tôt un spec­tacle mo­derne qui sus­ci­te­ra la curiosité du

jeune pu­blic.

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