Alice au pays de Bur­ton

Dans l’uni­vers de Tim Bur­ton et d’Alice, les choses ne sont pas comme à l’or­di­naire, on brise les conven­tions et les normes éta­blies. Lors de la pre­mière lon­do­nienne, le ta­pis n’était donc pas rouge, mais vert!

Le Journal de Montreal - Weekend - - MODE DE STARS -

On re­trouve cette même au­dace dans le film qui, di­sons-le, est beau­coup plus ex­cen­trique, voire même plus ar­ro­gant que dans le livre de Le­wis Car­roll. La clas­sique his­toire est com­plè­te­ment trans­for­mée à la sauce “bur­to­nienne”. Bur­ton, ai­dé de la tech­no­lo­gie de la mo­tion cap­ture et des bonnes veilles tech­niques (échasses, per­ruques, ma­quillages...etc.), trans­pose les mots de Car­roll en images co­lo­rées et bi­zarres.

LES COS­TUMES NE SONT PAS EN RESTE

C’est Col­leen At­wood, la cos­tu­mière os­ca­ri­sée à deux re­prises pour Chi­ca­go en 2002 et Mé­moires d’une gei­sha en 2006, qui ha­bille les per­son­nages. Elle a tra­vaillé avec Bur­ton sur sept de ses films dont Édouard aux mains d’ar­gent et Swee­ney Todd: le dia­bo­lique bar­bier de Fleet Street. « Le dé­fi re­po­sait dans les si­mi­li­tudes et les dif­fé­rences entre le ‘vrai’monde et le ‘sous-monde’, in­dique-t-elle. Les si­mi­li­tudes s’ar­rêtent au haut-de-forme du Cha­pe­lier fou et à la cou­leur bleue de la robe d’Alice. »

Le film nous fait dé­cou­vrir une Alice un peu re­belle, vê­tue d’une simple robe sans cor­set, une ins­pi­ra­tion des illustrations d’Ar­thur Rack­ham et de John Ten­niel qui ac­com­pa­gnaient les livres d’ori­gines. Le Cha­pe­lier Fou, in­ter­pré­té par John­ny Depp, porte quant à lui un cos­tume ins­pi­ré des mo­distes des an­nées 1860.

Lors­qu’At­wood fai­sait ses re­cherches, elle a dé­cou­vert que les cha­pe­liers de l’époque uti­li­saient une colle qui conte­nait une concen­tra­tion éle­vée de mer­cure qui ta­chait leurs doigts, abî­mait leurs che­veux et fi­nis­sait par les rendre fous.

Son man­teau a la pro­prié­té d’une bague d’hu­meur qui dé­code l’hu­meur de ce­lui qui le porte, plus sombre lors­qu’il est mé­lan­co­lique et plus vi­brant lors­qu’il est heu­reux. Vous re­mar­que­rez aus­si que son noeud pa­pillon s’anime lors­qu’il sou­rit.

Le cos­tume de la Reine Rouge est ti­ré d’un jeu de carte et ins­pi­ré de la reine de coeur. Sa taille de guêpe sou­ligne son im­mense tête. La Reine Blanche est l’op­po­sée. Elle in­carne la bonne reine. Elle porte une robe lé­gère et vo­lu­mi­neuse com­po­sée de plu­sieurs épais­seurs de tis­sus dé­co­rés de flo­cons de neige et d’ap­pli­qués mé­tal­liques pour y ajou­ter de la brillance. Mais l’image par­faite est un peu cas­sée, grâce à la touche Bur­ton, par des lèvres et un ver­nis à ongles de cou­leur sombre.

DANS LA VRAIE VIE

Le film n’était pas en­core en salle qu’il ser­vait d’ins­pi­ra­tion à plus d’une col­lec­tion. Chez Ver­sace, Do­na­tel­la, la soeur de Gian­ni, a tou­jours été fas­ci­née par le monde fan­tai­siste d’Alice. La sor­tie du film n’était qu’une ex­cuse pour jouer avec les cou­leurs pas­tel (jaune, tur­quoise, rose et li­las) et les im­pri­més géo­mé­triques sur des robes hy­per courtes et des sacs à l’al­lure ba­roque. Stel­la McCart­ney a ima­gi­né des col­liers et des bra­ce­lets dé­co­rés de bre­loques qui rap­pellent le la­pin, le cha­peau haut de forme et les quatre atouts d’un jeu de cartes (pique, coeur, trèfle et car­reau). Swa­rovs­ki a dé­voi­lé une col­lec­tion de bi­joux alors que OPI pro­pose quatre teintes en édi­tion li­mi­tée.

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