ANEC­DOTES FA­MI­LIALES

Après avoir as­su­ré la pre­mière par­tie de Louis-Jo­sé Houde à 412 re­prises, l’hu­mo­riste Philippe Bond est main­te­nant prêt à vo­ler de ses propres ailes. Il pré­sen­te­ra, à l’au­tomne, son pre­mier one man show. En­tre­tien avec un spé­cia­liste de l’anec­dote, qui no

Le Journal de Montreal - Weekend - - Á L'ÈCRAN - Cé­dric Bé­lan­ger Agence QMI

ES-TU NER­VEUX, MÊME SI NOUS SOMMES À QUELQUES MOIS DE LA PRE­MIÈRE?

Je l’étais il y a une se­maine, parce que ma pre­mière soi­rée de ro­dage était à Trois-Rivières, le week-end der­nier. Tout a bien été, à tel point que je se­rais très à l’aise de prendre le spec­tacle tel qu’il est ac­tuel­le­ment et l’ame­ner im­mé­dia­te­ment à ma pre­mière mé­dia­tique. Avec Louis-Jo­sé Houde, j’ai eu le temps de tes­ter mon ma­té­riel. J’ai quand même trois nou­veaux nu­mé­ros, parce que je veux avoir des sur­prises.

ÇA PARLE DE QUOI?

Sur­tout de ma fa­mille. J’ai un nu­mé­ro sur mon père dans le­quel j’ex­plique que si je suis de­ve­nu hu­mo­riste, c’est en grande par­tie grâce à lui. J’en ai un sur le 40e an­ni­ver­saire de ma­riage de mes pa­rents, qui au­ra lieu dans un an, un autre sur mon en­fance avec mon frère et ma soeur, sur ma grand-mère de 85 ans qui est presque ren­due aveugle et de qui je m’oc­cupe toutes les deux se­maines.

COMMENT TON PÈRE T’A-T-IL IN­FLUEN­CÉ?

Juste sur lui, je pour­rais faire trois heures de spec­tacle. À la fin de la pre­mière par­tie, à Trois-Rivières, les gens se re­gar­daient en se di­sant: ça se peut pas. Il n’a au­cune bar­rière. Il a été ban­quier pen­dant 32 ans et de­puis qu’il a pris sa re­traite, on di­rait qu’il n’a au­cune li­mite.

EST-CE QUE TOUT CE QUE TU RA­CONTES EST VRAI?

Oui. Per­sonne ne peut m’écrire de nu­mé­ros parce que tout ce que je ra­conte, c’est ma fa­mille, mon his­toire. J’aime que les gens viennent me voir pour me de­man­der si c’est vrai­ment ar­ri­vé.

COMMENT TE DÉ­CRI­RAIS-TU COMME HU­MO­RISTE?

Je suis un ra­con­teur. Ce sont des his­toires qui ont un dé­but, un mi­lieu et une fin. C’est très anec­do­tique. Je crois que les gens vont se re­trou­ver à tra­vers mes gags, parce que je ra­conte des choses qui touchent tout le monde. Quand je dis que mon père n’est pas ca­pable de prendre une deuxième ligne au té­lé­phone, je vois toutes les femmes dans la salle don­ner des coups de coude à leurs ma­ris.

SI TU N’AVAIS PAS ÉTÉ HU­MO­RISTE...

J’ai joué au ho­ckey dans le ju­nior AAA. L’autre jour, j’ai re­trou­vé une carte qu’on se fai­sait faire dans le pee­wee. Der­rière, c’était mar­qué : que veux-tu faire plus tard? Moi, j’avais ins­crit ho­ckeyeur ou hu­mo­riste. Je pense que je pré­fé­rais joueur de ho­ckey. Mais à un mo­ment don­né, t’ar­rives dans le ju­nior et tu vois tes amis se faire ta­bas­ser et perdre des dents; alors, je me suis dit que j’al­lais ra­con­ter des jokes.

Pas en­core, je touche du bois. Mais un des pires spectacles que j’aie fait, c’était dans une pri­son. Une fille avec qui j’al­lais à l’école au se­con­daire, qui tra­vaille à Ri­vière-des-Prai­ries, m’avait de­man­dé de faire un spec­tacle comme ca­deau de Noël aux dé­te­nus qui avaient eu un bon com­por­te­ment. C’était n’im­porte quoi. Au lieu de 45 mi­nutes, j’en ai fait 25. La moi­tié était sous mé­di­ca­tion, ge­lés comme des balles. Per­sonne n’écou­tait. Ça res­sem­blait au film Le par­ty, mais avec un hu­mo­riste au lieu d’une dan­seuse sur la scène.

EST-CE QUE TU T’ES DÉ­JÀ PLAN­TÉ SUR SCÈNE? POUR­QUOI AIMES-TU À CE POINT LA SALLE AL­BERT-ROUSSEAU?

Je ne sais pas ce que vous avez à Qué­bec, mais il y a une vibe par­ti­cu­lière dans cette salle. On l’a faite cin­quante fois avec Louis-Jo­sé. Des fois, trente se­condes avant de mon­ter sur scène, les gens com­men­çaient à crier et ap­plau­dir. C’était dé­jà le dé­lire et nous étions en feu. T’as le goût d’en don­ner plus. On se cla­quait des rap­pels d’une de­mi­heure. Avec les séances d’au­to­graphes, on se ren­dait jus­qu’aux pe­tites heures du ma­tin. Philippe Bond se­ra du 28 au 30 sep­tembre, à Mon­tréal, au Saint-Denis et le 9 no­vembre, à la salle Al­bert-Rousseau.

PHOTO COUR­TOI­SIE

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