110 CAMP KANAWANA ANS DE TRA­DI­TIONS

LE CAMP KANAWANA EST LE PLUS VIEUX CAMP DU QUÉ­BEC. IL Y A 116 ANS, LES PAR­TI­CI­PANTS ÉTAIENT LO­GÉS DANS DES TENTES, SANS ÉLEC­TRI­CI­TÉ, ET ILS DE­VAIENT TOUT FAIRE À LA MAIN : LEUR LES­SIVE, LA VAIS­SELLE ET MÊME SCULP­TER LES AVI­RONS POUR FAIRE DU CA­NOT !

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA -

Au­jourd'hui, le camp est bien dif­fé­rent de ce qu'il était lors de son lan­ce­ment par le YMCA, en 1894. Mais l'orien­ta­tion de­meure la même : un es­prit com­mu­nau­taire à l'avant-plan. À l'époque, le camp avait pour mis­sion de sor­tir les gar­çons de la rue. Leur sé­jour était sub­ven­tion­né grâce aux col­lectes de fonds du YMCA. La dis­ci­pline et le condi­tion­ne­ment phy­sique étaient au coeur des ac­ti­vi­tés. « Tout était axé sur les ha­bi­le­tés phy­siques: comment na­ger, comment faire du ca­not, comment tra­vailler le bois, comment faire de l'au­to-dé­fense, af­firme Sean Day, le di­rec­teur du camp. Et sur les photos de l'époque, on peut voir à quel point ils étaient en forme! » Et pas ques­tion d'ar­ri­ver en re­tard pour le pe­tit-dé­jeu­ner. Car la pu­ni­tion était fri­go­ri­fiante ! « Il y avait une glis­sage de 70 mètres de long qui par­tait de la salle à man­ger jus­qu'au lac. Les re­tar­da­taires de­vaient se je­ter dans cette glis­sade. C'était leur pu­ni­tion pour le re­tard. Mais au­jourd'hui, ce n'est plus comme ça », pré­cise Sean Day. Il fal­lait être cou­ra­geux pour en­tre­prendre un voyage vers le camp Kanawana à Saint-Sau­veur. Car c'était toute une aven­ture. En ca­riole ou en train, les par­ti­ci­pants voya­geaient une jour­née com­plète. « Ça ne pre­nait pas 45 mi­nutes comme au­jourd'hui. Alors, les jeunes res­taient au camp plus long­temps, un mois ou deux, au lieu d'une se­maine ou deux,» ra­conte Sean Day.

TRA­DI­TIONS Le camp Kanawana est an­cré dans les tra­di­tions. Pour en té­moi­gner, des plaques sou­ve­nir ta­pissent les murs de la ca­fé­té­ria. On y voit des jeunes du camp qui sont al­lés com­battre pen­dant la Pre­mière Guerre mon­diale. Cer­taines ac­ti­vi­tés sont vieilles de plu­sieurs di­zaines d'an­nées, dont l'ex­pé­di­tion en ca­not et la marche si­len­cieuse. « Dès la pre­mière jour­née du camp, on al­lume des torches et on marche 300 mètres en fo­rêt, sans bruit, et à la fin, on al­lume un feu avec les torches. Lors de ce feu de camp tra­di­tion­nel, on ré­pète les mêmes pa­roles de­puis au moins 70 ans. » L'ex­pé­di­tion en ca­not existe tou­jours, mais elle est beau­coup moins exi­geante qu'avant, étant don­né la condi­tion phy­sique des par­ti­ci­pants, qui n'est plus la même. « On a tou­jours cru dans l’im­por­tance de l'im­mer­sion en na­ture, pour que les jeunes de­viennent plus in­dé­pen­dants et qu'ils dé­ve­loppent une ap­pré­cia­tion de l'en­vi­ron­ne­ment. On fait tou­jours des ran­don­nées al­lant jus­qu'à 300 ki­lo­mètres, mais on pré­voit plus de temps pour ob­ser­ver la na­ture et se re­po­ser .» Le camp de tra­di­tion an­glo­phone se dé­roule tou­jours en an­glais, mais il ac­cueille aus­si des en­fants fran­co­phones, gar­çons ou filles. Les mo­ni­teurs sont tous bi­lingues. Le camp Kanawana est le plus an­cien de la pro­vince, mais pas du Ca­na­da. Se­lon Sean Day, le YMCA a créé le camp Big Cove à Ha­li­fax, en Nou­velle-Écosse, sept ans avant le camp Kanawana au Qué­bec. C'était d’ailleurs le pre­mier camp pour en­fants au Ca­na­da.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.