Hé­ros mal­gré lui Hé­ros mal­gré lui

Ro­bert Pat­tin­son ad­met qu’il était dans le dé­ni lors­qu’il a ac­cep­té de jouer dans La rage de vivre, un film d’amour tra­gique et re­belle. Oui, Twi­light ve­nait de sor­tir. Mais l’ac­teur de 23 ans (re­con­nu par des hordes d’ad­mi­ra­trices comme le vam­pire idole

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA -

« Avant d’ar­ri­ver à New York, je croyais que ce se­rait très fa­cile, que je pour­rais me pro­me­ner de­hors et re­pi­quer les ma­nies des New Yor­kais, ra­conte l’ac­teur bri­tan­nique dé­bon­naire à la che­ve­lure re­belle. Bien sûr, tout ce­la a tour­né en cirque, bien plus que ce à quoi je m’at­ten­dais. »

Et ce­la ne pou­vait qu’em­pi­rer. La sa­ga Twi­light:Ten­ta­tion pre­nait l’af­fiche au mo­ment même où com­men­çait le tour­nage du film in­dé­pen­dant dont la trame res­semble à celle de La Fu­reur de vivre. Et alors que sa par­te­naire, in­ter­pré­tée par Émi­lie de Ra­vin, pou­vait mar­cher d’un pas non­cha­lant dans le Bronx afin d’amé­lio­rer son ac­cent dans La rage de vivre, l’ar­deur des filles af­fi­chant « Team Ed­ward » sur leur T-shirt et l’agres­si­vi­té des pa­pa­raz­zi confi­naient Pat­tin­son à sa chambre.

« Au dé­but, ce­la me ren­dait fou, évoque Pat­tin­son. Sur­tout pour un per­son­nage qui est cen­sé être per­du et cher­cher quelque chose et qu’il ne peut re­gar­der de­vant lui parce que, tout à coup, les ob­tu­ra­teurs se mettent à cré­pi­ter. À moi­tié che­min, j’ai eu une ré­vé­la­tion : j’ai ap­pris à me fer­mer aux choses ex­té­rieures. »

Mais un jour, le réa­li­sa­teur Al­len Coul­ter a, quant à lui, per­du son calme.

« Il y a eu ce fa­meux jour sur le per­ron, lors d’une scène tran­quille et tendre (entre Pat­tin­son et de Ra­vin), re­late Al­len Coul­ter. La lu­mière du jour bais­sait et les pa­pa­raz­zi étaient frus­trés parce qu’ils n’avaient pas pu prendre une bonne photo de toute la jour­née. Nous met­tions des af­fiches leur de­man­dant de res­pec­ter notre in­ti­mi­té, mais les pa­pa­raz­zi ont l’im­pres­sion que la rue leur ap­par­tient. Nous avions beau­coup de pres­sion, nous nous dé­pê­chions pour tour­ner avant la fin du jour, et ils ont dé­ci­dé de prendre des cli­chés en même temps que nous tour­nions. C’est la seule oc­ca­sion où je me suis mis en co­lère. J’ai été très bref et ils ont ces­sé aus­si­tôt. Mais tout le tour­nage du film a été dif­fi­cile à cause de ce­la. »

UN HÉ­ROS BLES­SÉ

Ty­ler Haw­kins, le per­son­nage de Pat­tin­son dans La rage de vivre, est dé­chi­ré entre le deuil de son frère qui s’est sui­ci­dé, le res­sen­ti­ment qu’il éprouve en­vers son père, un ad­mi­nis­tra­teur im­pas­sible (Pierce Bros­nan), et ses af­fron­te­ments avec le père de sa pe­tite amie, un po­li­cier (Ch­ris Coo­per).

Est-ce de­ve­nu pour lui une rou­tine que de jouer les hé­ros bles­sés et dé­pri­més ? « Je ne sais pas. Peut-être suis-je moi-même bles­sé et dé­pri­mé », ré­pond-il. Avant de re­prendre : « Mais non, je ne le suis pas ! On fait de pe­tits pas, en quelque sorte. »

Se­lon lui, le film La rage de vivre était in­té­res­sant. Mais plus en­core, il était pra­tique.

« J’ai lu le scé­na­rio après le pre­mier film de la sa­ga Twi­light et il m’a plu tout de suite. L’oc­ca­sion s’est pré­sen­tée entre le se­cond et le troi­sième film, ce qui est en réa­li­té un court laps de temps. Ce n’est pas tous les films qui peuvent être tour­nés en si peu de temps, et ce­lui-là était par­fait. »

Ro­bert Pat­tin­son est au­jourd’hui une per­sonne po­sée. Il se sou­vient af­fec­tueu­se­ment du rôle qu’il a joué avant Twi­light, ce­lui du jeune Sal­va­dor Da­li dans le film Lit­tle Ashes. « J’ai fait ce tour­nage avant Twi­light, mais le film a été vu à tra­vers ce prisme. Quand je l’ai tour­né, je ne croyais pas qu’il se­rait vu par grand-monde et c’est un point de vue très dif­fé­rent, car on n’a pas peur d’ex­pé­ri­men­ter. »

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