Le clown de l’aré­na

« L’am­biance qui règne au Co­li­sée lors des matchs de La sé­rie Mon­tréalQué­bec est plus forte que celle qu’il y avait au temps de la ri­va­li­té entre le Canadien et les Nor­diques. Je n’en re­viens pas. »

Le Journal de Montreal - Weekend - - TÉLÉVISION - Serge Drouin Agence QMI

Sans doute le trom­pet­tiste le plus po­pu­laire à Qué­bec, Claude Scott fait la pluie et le beau temps lors des matchs de ho­ckey au Co­li­sée de­puis plus de 18 ans. Sa pré­sence aux matchs de La sé­rie Mon­tréal-Qué­bec en amuse plus d’un. « Je suis un clown. Quand tu fais un tra­vail comme ça, il faut que tu te dises que ce n’est pas toi la ve­dette, mais le ho­ckey. Moi, je m’amuse et tant que la san­té me le per­met­tra, je fe­rai ce tra­vail. »

Pour ceux qui s’in­quiètent lors­qu’on le voit presque tom­ber de la baie vi­trée d’un aré­na, sa­chez qu’il y a un peu de théâtre là-de­dans. « Mes dé­barques la baie vi­trée sont ar­ran­gées avec le gars des vues, comme la lutte. Dans toute ma car­rière, je me suis peut-être fait mal à deux re­prises, dont une fois plus sé­rieu­se­ment à Atlanta, il y a dix ans. J’avais alors su­bi une com­mo­tion cé­ré­brale », dit Scott.

C’est à Gatineau, au temps des Fes­ti­vals (au­jourd’hui les Olym­piques de Gatineau), que Claude Scott a amor­cé sa car­rière de trom­pet­tiste-amu­seur pu­blic. « Quand j’avais sept ou huit ans, j’écou­tais La soi­rée du ho­ckey. C’est une re­li­gion à l’époque et j’avais vu un gars jouer de la trom­pette. Je me suis dit que j’ai­me­rais ça faire ça plus tard », dit ce­lui qui s’est pré­sen­té pour la pre­mière fois à l’aré­na Guertin, à Hull, pour bras­ser la cage lors d’un match de ho­ckey. « On me payait avec un abon­ne­ment et un pe­tit ca­chet. »

Après Gatineau, Claude Scott a ac­com­pli le même tra­vail pour le compte des Oi­lers d’Ed­mon­ton, alors que ces der- niers sé­vis­saient au sein de l’As­so­cia­tion mon­diale de ho­ckey (AMH). « Je me rap­pelle que, trop gê­né, je ne m’étais pas ser­vi de ma trom­pette à la pre­mière pé­riode du match. À la deuxième, ce­pen­dant, je m’étais dé­ci­dé et les spec­ta­teurs avaient été sai­sis par ce que j’avais fait. » Scott est de­meu­ré à Ed­mon­ton du­rant quatre ans.

LES NOR­DIQUES

Au mo­ment où les Nor­diques ont fait leur en­trée dans la Ligue nationale de ho­ckey, Claude Scott s’ins­talle à Qué­bec. Il s’en­nuyait de sa culture et des siens. À sa pre­mière pré­sence au Co­li­sée, il s’est fait mettre de­hors. « On ne vou­lait pas que je joue, se rap­pelle-t-il. Au deuxième match, j’ai com­men­cé à jouer et lorsque les po­li­ciers se sont ap­pro­chés de moi pour me sor­tir une fois de plus, les spec­ta­teurs se sont mis à leur lan­cer de l’eau, du Pep­si et des hot-dogs. Ils m’ont fi­na­le­ment lais­sé jouer. » Et on connaît la suite. Au len­de­main de ce match, la di­rec­tion de Nor­diques l’a joint pour lui pro­po­ser d’être de tous les matchs.

Au mo­ment où il tra­vaillait pour les Nor­diques, Claude Scott pou­vait ac­cep­ter d’autres contrats si l’équipe de Qué­bec était sor­tie des sé­ries éli­mi­na­toires. De­puis sept ans, le trom­pet­tiste tra­vaille pour les tour­nées Lé­gendes du ho­ckey et les Lé­gendes de la Ligue ca­na­dienne de foot­ball.

De­puis le dé­but de sa car­rière, Claude Scott est pas­sé à tra­vers une di­zaine de trom­pettes. Payant, payant? Sans dé­voi­ler son sa­laire ac­tuel, Claude Scott dit qu’il n’a pas à se plaindre. Dans ses bonnes an­nées avec les Nor­diques, il rap­pelle qu’il ga­gnait fa­ci­le­ment dans les six chiffres...

PHOTO COUR­TOI­SIE

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