En amour avec Mon­tréal

Da­niele Fin­zi Pas­ca n’était qu’un jeune clown suisse, pra­ti­que­ment in­con­nu, quand il a sé­duit le pu­blic mon­tréa­lais avec son spec­tacle en so­lo, Ica­ro, il y a dix ans. Il a par­cou­ru beau­coup de che­min de­puis.

Le Journal de Montreal - Weekend - - THÉÂTRE - Be­noît Au­bin Le Jour­nal de Mon­tréal

Fin­zi Pas­ca a dé­ve­lop­pé, au cours des an­nées, des re­la­tions très fer­tiles avec le mi­lieu mon­tréa­lais. Il a col­la­bo­ré avec la troupe Car­bone 14, créé trois spectacles du cirque Éloize et si­gné le

Cor­teo du Cirque du So­leil, qui sont tous les quatre en tour­née mon­diale en ce mo­ment.

Sa troupe, le Tea­tro Su­nil, es­saime un peu par­tout, avec plu­sieurs spectacles qui portent sa griffe. Il a créé un opé­ra à Londres, un fes­ti­val Tche­kov en Rus­sie. Plus tôt cette se­maine, j’ai re­joint Fin­zi Pas­ca à Tai­pei (ca­pi­tale de Taï­wan), un de ses ports d’at­tache en ce mo­ment. Il tra­vaille avec l’opé­ra na­tio­nal de Tai­pei à la mise en scène d’un opé­ra qui se­ra pro­duit en 2012.

« Nous com­men­çons à des­si­ner le pro­jet. Ce se­ra un opé­ra chi­nois tra­di­tion­nel, mais avec des conso­nances sym­pho­niques. C’est un pro­jet d’en­ver­gure. »

« Ce sont des mi­lieux as­sez éloi­gnés du théâtre que je fais ha­bi­tuel­le­ment », dit-il de cet opé­ra, ain­si que d’un pro­jet de film qu’il dé­ve­loppe aus­si, « en pa­ral­lèle avec d’autres ac­ti­vi­tés ».

La créa­tion, dit-il, ne peut s’exer­cer sans prise de risque. « Ce sont de nou­veaux ter­rains d’ex­pé­ri­men­ta­tion et de dé­cou­verte. »

LA RÉ­PÉ­TI­TION

La ques­tion, alors, c’est : pour­quoi conti­nuer de jouer Ica­ro, en­core au­jourd’hui, un spec­tacle qui a près de 20 ans ?

« C’est un be­soin, dit-il. Ica­ro est un spec­tacle très simple, fait avec presque rien. Au cours des an­nées, je me suis oc­cu­pé de pro­jets plus vastes, plus am­bi­tieux. Mais réa­li­ser des pro­jets comme la cé­ré­mo­nie de clô­ture des Jeux olym­piques de Tu­rin peut te faire perdre tes ra­cines. Pour moi, c’est très im­por­tant de ne pas perdre le contact avec d’où je viens. »

« La grande dif­fé­rence entre les ac­teurs et les clowns, c’est que nous, les clowns, avons une fixa­tion sur la ré­pé­ti­tion. Les ac­teurs ont be­soin de chan­ger de per­son­nages de temps à autre. Nous, nous sommes ha­bi­tués à re­faire les mêmes choses pen­dant des an­nées. »

Fin­zi Pas­ca trouve le temps de don­ner une soixan­taine de re­pré­sen­ta­tions d’Ica­ro chaque an­née. Ces temps-ci, il s’en sert pour faire une sorte de pè­le­ri­nage et pour re­voir les villes avec les­quelles lui et sa troupe ont tis­sé des liens par­ti­cu­liè­re­ment fer­tiles ces 25 der­nières an­nées : São Pau­lo, Mon­te­vi­deo, Mexico, et, évi­dem­ment, Mon­tréal.

« Il y a des en­droits où, dès qu’on ar­rive, il se pro­duit une chi­mie et, sû­re­ment, Mon­tréal est une de ces villes. C’est la ma­gie des connexions, entre les genres de théâtre. »

« Quand cette chi­mie fonc­tionne, elle peut fa­ci­le­ment de­ve­nir un coup d’amour. »

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