UNE VIE CHRONIQUÉE

Forte du suc­cès que lui ont va­lu ses Chro­niques d’hi­ver, la co­mé­dienne et ani­ma­trice Mar­cia Pi­lote re­vient avec un deuxième tome, Chro­niques d’été.

Le Journal de Montreal - Weekend - - THÉÂTRE - MAR­CIA PI­LOTE

Mar­cia Pi­lote, comment ces Chro­niques ont-elles vu le jour ?

En 1992, après cinq ans de ma­ter­ni­té, j’ai res­sen­ti le be­soin de mettre sur pa­pier ce que je vi­vais, qu’il s’agisse de ré­flexions sur mes états d’âme ou de trucs hu­mo­ris­tiques sur­ve­nus pen­dant les cours de na­ta­tion. Je trou­vais que ces ob­ser­va­tions mé­ri­taient d’être no­tées, parce que cer­taines d’entre elles étaient de vraies perles et qu’il au­rait été dom­mage qu’elles tombent dans l’ou­bli.

Par contre, je n’ai ja­mais pen­sé que, presque 20 ans plus tard, ces notes al­laient prendre la forme de chro­niques et que j’au­rais en­vie de les par­ta­ger avec le pu­blic.

Pour­quoi ne pas l’avoir fait en créant un blogue ?

Je vou­lais que les lec­trices se sentent en tête-àtête avec moi. Quand on écrit des textes sur un blogue, c’est rare qu’on les im­prime pour les lire dans le bain. Je trouve que le livre-ob­jet est très im­por­tant lors­qu’on veut éta­blir un lien d’in­ti­mi­té entre l’au­teur et le lec­teur.

Je trou­vais aus­si que de courtes chro­niques conve­naient bien aux femmes qui n’avaient pas beau­coup de temps pour lire. Au dé­but, je vou­lais écrire 365 textes qui al­laient cou­vrir l’an­née, mais mes édi­teurs ont eu l’idée d’en ti­rer quatre livres à la place. D’un point de vue pra­tique, ça se lit plus ai­sé­ment qu’une grosse brique.

Comment vos su­jets vous viennent-ils ?

Ça peut être un sou­ve­nir qui re­monte et que je re­lie à une si­tua­tion ac­tuelle, ou en­core quelque chose que je suis en train de vivre.

Qu’est-ce que la ré­dac­tion de ces Chro­niques vous a ap­pris sur vous ?

J’ai ré­di­gé le pre­mier tome, Chro­niques d’hi­ver, en po­sant un re­gard sé­vère sur moi-même, un re­gard de l’ordre de la cen­sure. Je me di­sais que les gens n’al­laient pas être in­té­res­sés par mes ré­flexions, alors je ne l’ai pas écrit en pen­sant qu’il al­lait tou­cher un vaste pu­blic. Je n’avais pas cette pré­ten­tion.

Mais quand j’ai su que j’avais ven­du 20 000 exem­plaires, j’ai com­pris que je pou­vais m’au­to­ri­ser à croire que ce que j’avais à dire tou­chait les gens et j’ai ap­pris à faire taire la pe­tite voix qui m’em­pê­chait d’al­ler jus­qu’au bout.

Est-il fa­cile de par­ler de soi sans trop se cen­su­rer ?

Oui, c’est fa­cile. Ce qui n’est pas fa­cile, c’est de faire taire la pe­tite voix. Cette pe­tite voix est là pour tout le monde et elle est épou­van­table parce qu’elle nous mé­prise. Mais main­te­nant, je ne l’en­tends plus.

Est-ce que tout ce dont vous par­lez dans vos livres est vrai ?

Tout ! Je suis même par­fois obli­gée d’en en­le­ver un peu, car je me dis que les gens ne me croi­ront pas. J’écris sou­vent pen­dant que je suis en train de vivre la si­tua­tion. Par exemple, une par­tie du texte Pleu­rer dans son char a été écrit pen­dant que je pleu­rais dans l’au­to, tan­dis que le reste a été fait le len­de­main.

Les femmes aiment beau­coup tout ce qui est de l’ordre du par­tage et tout ce qui les fait avan­cer. Je me sers de ce que je vis pour leur pro­po­ser des pistes de ré­flexion.

Sa­vez-vous quand Chro­niques d’au­tomne et Chro­niques de prin­temps de­vraient sor­tir ?

Je suis en train d’écrire Chro­niques d’au­tomne. Il de­vrait donc être en li­brai­rie vers la mi-août. Quant aux Chro­niques du prin­temps, je pense que ce se­ra au cours du prin­temps 2011.

La vie comme je l’aime : chro­niques d’été, Mar­cia Pi­lote, Édi­tions de Mor­tagne, 288 pages, 22,95 $.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.