L’AR­DÈCHE, ÎLOT DE VER­DURE

Le Journal de Montreal - Weekend - - TOURISME -

AR­DÈCHE, France | On n’y compte plus au­cune gare ac­tive. Les au­to­routes se contentent de le frô­ler sans le tra­ver­ser. C’est un ma­gni­fique et at­trayant îlot de ver­dure in­tact, à l’écart de la fré­né­sie des grands axes, qui se prête à d’in­fi­nies dé­cou­vertes pour tout vi­si­teur ac­tif et cu­rieux.

Simple com­po­sante de la ré­gion Rhô­neAlpes, le dé­par­te­ment de l’Ar­dèche, entre Lyon et Mar­seille, re­pré­sente moins d’un cen­tième du ter­ri­toire du pays. Pour­tant, les forces na­tu­relles y ont lais­sé des em­preintes fort dif­fé­rentes.

Au sud, une vé­gé­ta­tion de type mé­di­ter­ra­néen se dé­ploie sur un sol cal­caire dans le­quel les rivières ont creu­sé pro­fon­dé­ment leur lit et cache des grottes spec­ta­cu­laires. C’est aus­si le ter­roir de l’oli­vier et de la vigne.

En son centre, où le mont Mé­zenc culmine à 1 754 m, une moyenne mon­tagne cou­verte de fo­rêts ré­vèle des veines de gra­nit et des cou­lées de roches vol­ca­niques. Au nord, dans de douces col­lines, al­ternent pâ­tu­rages et bois.

VILLAGES DE CHARME

Épar­pillés sur ce ter­ri­toire au re­lief tor­tu­ré, de pe­tites villes et des villages mi­nus­cules sont per­chés sur les som­mets ou ni­chés dans les val­lées. La pierre de gra­nite pré­do­mine dans l’ar­chi­tec­ture de mai­sons hautes, épou­sant les pentes, et mas­sives, conçues ja­dis pour hé­ber­ger des fa­milles nom­breuses.

De­puis tou­jours cette so­cié­té ru­rale a vé­cu du tra­vail de la terre. Un tra­vail rude qui consis­tait à culti­ver des lo­pins ga­gnés sur la fo­rêt, cer­tains la­bo­rieu­se­ment amé­na­gés en d’étroites ter­rasses. Quelques chèvres et quelques mou­tons, quelques porcs et quelques lé­gumes et, pour tout le monde, le fruit de l’arbre pro­vi­den­tiel, le châ­tai­gnier.

À tra­vers les siècles, c’est le châ­tai­gnier qui a, dit-on, « sau­vé » la po­pu­la­tion ar­dé­choise. On l’ap­pe­lait d’ailleurs « l’arbre à pain ». Sé­chée, la châ­taigne se conserve. Elle peut se man­ger cuite de di­verses fa­çons ou en­core ré­duite en fa­rine pour confec­tion­ner du pain ou des crêpes.

MOULINAGES À FIL DE SOIE

Grâce à la res­source hy­drau­lique fournie par de mul­tiples rivières, l’Ar­dèche a connu son époque d’in­dus­tria­li­sa­tion. Plu­sieurs val­lées en­cais­sées abri­taient en ef­fet des moulinages, ces usines où l’on dé­vi­dait le fil à soie des­ti­né aux fi­la­tures éta­blies dans la ville de Lyon.

Les co­cons étaient four­nis par les fa­milles de la ré­gion qui éle­vaient, grâce aux feuilles du mû­rier, les vers à soie dans un es­pace de leurs mai­sons. Les jeunes de ces mêmes fa­milles, gar­çons et filles, étaient em­ployés par cen­taines dans les moulinages où ils étaient en pen­sion.

Fort d’un tel pa­tri­moine, et no­tam­ment grâce à l’ac­tion du Parc na­tu­rel ré­gio­nal des Monts d’Ar­dèche, ce ter­ri­toire re­vit. La po­pu­la­tion tend même à aug­men­ter.

En va­lo­ri­sant les pro­duits is­sus de la châ­taigne, qui bé­né­fi­cie de l’Ap­pel­la­tion d’ori­gine contrô­lée (AOC), ré­col­tants et in­dus­triels ont don­né une nou­velle image à l’Ar­dèche.

C’est en au­tomne, de dé­but oc­tobre à dé­but no­vembre, qu’il est conseillé de sé­jour­ner en Ar­dèche pour ap­pré­cier les mul­tiples sa­veurs de la châ­taigne, no­tam­ment dans le cadre de la sé­rie d’évé­ne­ments ap­pe­lés Cas­ta­gnades.

Mais, en toute sai­son, le ter­ri­toire ar­dé­chois se prête à d’in­ter­mi­nables ba­lades et ran­don­nées le long de sen­tiers, ba­li­sés ou non, ou en­core de pe­tites routes bor­dées de mu­rets de pierre mous­sue. Les étapes de charme ne manquent pas. Bien des mai­sons épar­pillées dans la cam­pagne ont été conver­ties soit en mai­sons d’hôtes, soit en gîtes ru­raux, où la qua­li­té de l’ac­cueil est de mise, et la pas­sion des pro­duits du ter­roir éle­vée au rang d’un vé­ri­table art.

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