En Flo­ride, des pas­se­relles de bois pour mieux ad­mi­rer une vraie beau­té

En Flo­ride, il y a les plages, mais l’in­té­rieur des terres ré­serve de bien belles sur­prises à ceux qu’une na­ture gé­né­reuse conti­nue d’éton­ner.

Le Journal de Montreal - Weekend - - TOURISME -

Ces terres de ma­ré­cages aux im­menses ré­serves d’eau de­meurent une source in­épui­sable d’ap­pren­tis­sage pour tous les âges.

DES CLASSES EN PLEINE NA­TURE

Et les Flo­ri­diens l’ont bien com­pris en amé­na­geant des jo­lies pas­se­relles de bois que des classes d’éco­liers at­ten­tifs ar­pentent en re­trou­vant quelques beau­tés illus­trées dans leurs livres.

Nous écou­tons at­ten­ti­ve­ment ces ac­com­pa­gna­teurs qui pa­tiem­ment ex­pliquent l’im­por­tance de ces filtres na­tu­rels, de ces vé­ri­tables reins de la terre, de ces ma­ré­cages qui re­nou­vellent gra­tui­te­ment une eau pure si es­sen­tielle à la vie sur terre.

Et puis il y a une faune fur­tive, mais com­bien sym­pa­thique qui, à l’oc­ca­sion, se pointe le mu­seau pour mieux ob­ser­ver cette cu­rieuse in­cur­sion de bi­pèdes dans leur pe­tit royaume. Alors, on en­tend des Oh ! et des Ah ! d’éton­ne­ment et d’ad­mi­ra­tion tan­dis que le pro­fes­seur com­mente la beau­té d’une Ta­lève vio­la­cée.

SPLEN­DIDE MER­VEILLE DU MA­RAIS

Ce râle de taille moyenne aux larges pieds jaunes, au plu­mage bleu pour­pré avec un si jo­li dos vert qui mi­roite au so­leil pointe vers les vi­si­teurs un in­imi­table bec rouge et jaune. Nous sommes en dé­but de sai­son et ra­pi­de­ment, les couples mo­no­games des ta­lèves, ou­bliant les vi­si­teurs, re­prennent leurs oc­cu­pa­tions. Les deux sexes sont sem­blables, sauf pour une taille un peu plus mince chez la fe­melle. Ils s’af­fairent à trans­por­ter de larges touffes de vé­gé­taux pour conso­li­der leur îlot flot­tant où de cinq à dix co­quilles cha­mois ta­che­tées de brun vien­dront bien­tôt as­su­rer la sur­vie de l’es­pèce.

DES GAR­DIENS DE LA BIO­DI­VER­SI­TÉ

Om­ni­vores, les pe­tits re­je­tons vont être ali­men­tés au nid par les deux pa­rents pen­dant 2 à 4 jours avant de s’aven­tu­rer, en bonne com­pa­gnie, vers le 7e ou 10e jour au sein du ma­rais. Là, ils vont ap­prendre à sa­vou­rer une grande va­rié­té de plantes aqua­tiques ou ter­restres, d’in­sectes, de gre­nouilles, de pe­tits ser­pents, d’arai­gnées, de vers et de pois­sons. Af­fa­més, ils vont par­ti­ci­per au main­tien du fra­gile équi­libre entre les dif­fé­rentes es­pèces pour as­su­rer cette bio­di­ver­si­té si es­sen­tielle à la bonne san­té du ma­rais.

Ils de­vront at­tendre le 21e jour avant de s’éman­ci­per de la tu­telle pa­ren­tale. Au­pa­ra­vant au­ra dé­bu­té le long et dif­fi­cile ap­pren­tis­sage de la sur­vie dans ces terres hu­mides, où bien des voi­sins, qu’ils soient al­li­ga­tors ou pois­sons vo­races, sa­livent à la vue de ces in­no­centes et dé­li­cieuses chairs fraîches…

Sur la pas­se­relle de bois, des jeunes sem­blables à nos éco­liers se re­tirent dis­crè­te­ment. Leurs com­men­taires en­thou­siastes consti­tuent un vé­ri­table hom­mage aux gé­né­ra­tions pré­cé­dentes qui ont su pré­ser­ver ces filtres de l’eau, ces reins de la terre, ces ma­ré­cages de la bio­di­ver­si­té…

PHOTOS JEAN LÉ­VEILLÉ

1. Le tou­cher 2. Le plus beau.

2

1

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.