Ni­co­la Cic­cone l'homme qui sait par­ler aux femmes

Le Journal de Montreal - Weekend - - LA UNE - Mi­chelle Cou­dé-Lord MCLORD@JOUR­NALMTL.COM

« Des fois, il faut que je me pince tel­le­ment je suis heu­reux de voir à quel point ma mu­sique touche les gens de tous les âges. Ré­cem­ment, dans une école de Val-David, des en­fants du pri­maire m’ont chan­té Nous se­rons six mil­liards; la Chan­son pour Marie, qui traite de la vio­lence faite aux femmes, m’amène en­core des cen­taines de cour­riels. L’ar­tiste est un com­mu­ni­ca­teur de sen­si­bi­li­té, donc cette ré­ponse des gens me le confirme », ra­conte en en­tre­vue Ni­co­la Cic­cone, dans un pe­tit ca­fé de sa Pe­tite Ita­lie, son pays.

Son nou­vel al­bum Ima­gi­naire, le sixième de sa car­rière, est en­core plus ma­ture, plus pro­fond, plus ré­flé­chi.

Lors­qu’on lui fait re­mar­quer que chaque mot compte sur cet al­bum, il nous dit que c’est là un des plus beaux com­pli­ments.

LA MA­GIE DES MOTS

Car Ni­co­la Cic­cone est un ma­gi­cien des mots. « J’au­rais pu être un voyou, mais je voyais tra­vailler mes pa­rents ou­vriers, ma mère dans les ma­nu­fac­tures et mon père sur les chan­tiers, et j’étais re­con­nais­sant de leurs ef­forts. Donc, j’ai fait un mé­tier ».

Un peu pour faire plai­sir à son père, il a étu­dié en psy­cho­lo­gie in­fan­tile à l’Uni­ver­si­té McGill… mais un jour, il dé­ci­da que la mu­sique al­lait être sa vie.

Au­jourd’hui, à 35 ans, ça fait douze ans qu’il peut dire avec un fier sou­rire qu’il peut vivre de sa mu­sique.

« Mes pa­rents sont fiers, mais le fils unique que je suis reste leur pe­tit gars, pas le chan­teur po­pu­laire, en­core moins la ve­dette ».

Et bien sûr, il parle d’amour, d’ami­tié et de la vie sur cet al­bum.

« Je n’écris pas l’amour avec une pers­pec­tive idéa­liste, mais avec la pers­pec­tive d’un gars qui a des dé­fauts et qui a des fai­blesses. Je dis aux femmes que je ne suis pas par­fait ».

Et ce dis­cours rem­pli de vé­ri­té plaît au­tant aux femmes qu’aux hommes.

« Les filles me disent par exemple que la chan­son Tu m’aimes quand même, c’est leur chum, et les

En route vers notre en­tre­vue, voi­là qu’une fillette d’une di­zaine d’an­nées aborde l’ar­tiste: « Vous êtes bien Ni­co­la Cic­cone ? Dites-moi, mon père est là-bas et il ai­me­rait avoir un au­to­graphe, est-ce pos­sible ? » L’au­teur-com­po­si­teur, ra­vi, a pris le temps de lui écrire son nom sur un bout de pa­pier… Bien­ve­nue sur la po­pu­laire pla­nète de Ni­co­la Cic­cone, l’homme qui sait par­ler aux femmes et qui a su s’al­lier les hommes.

gars disent que je sais par­ler d’eux. Moi, je leur ré­ponds que je parle de nous. »

Pour par­ler ain­si d’amour, Ni­co­la Cic­cone est-il en amour? Le su­jet le rend mal à l’aise. Ça se sent. « Je peux dire que je ne suis pas en peine d’amour. La femme qui choi­sit de vivre avec moi n’a pas né­ces­sai­re­ment choi­si mon mé­tier pu­blic. Donc, je res­pecte ce­la. »

Il est clair tou­te­fois que l’homme de 35 ans est en par­fait contrôle de sa vie pro­fes­sion­nelle et per­son­nelle. Jeune en­fant, il était lu­na­tique. « Je suis né la clé dans le cou, car mes pa­rents de­vaient tra­vailler beau­coup. J’au­rais pu faire les cent coups, mais heu­reu­se­ment, mes pa­rents m’ont don­né de bons re­pères et je ne re­grette pas au­jourd’hui de les avoir res­pec­tés. »

Son al­bum en an­glais Sto­ry­tel­ler a as­sez bien fonc­tion­né dans le Ca­na­da an­glais.

« Je vais ré­pé­ter l’ex­pé­rience, mais ce n’est pas fa­cile d’avoir à re­com­men­cer à zé­ro. Sauf que l’ac­cueil fut as­sez concluant pour qu’il y ait une suite », dit-il.

POR­TEUR DE MES­SAGES

Il aime écrire oui sur l’amour, mais il veut aus­si que sa mu­sique soit por­teuse de mes­sages.

« Cet al­bum Ima­gi­naire a un cô­té ro­man­tique, certes, mais aus­si hu­ma­ni­taire. Je tiens aux deux. »

Il sent que la po­pu­la­ri­té rime aus­si avec res­pon­sa­bi­li­té.

« C’est une vé­ri­table com­mu­nion avec le pu­blic qui s’ins­talle. »

Se dé­cri­vant comme un sal­tim­banque, il rêve de chan­ter sur toutes les terres du monde.

« Voya­ger, c’est la li­ber­té et tout m’ins­pire ».

Ni­co­la Cic­cone es­time ne pas en­core avoir écrit la chan­son de sa vie.

« Ce n’est pas tou­jours fa­cile d’écrire une chan­son d’amour en étant très hon­nête. Cet al­bum-là compte plu­sieurs mes­sages que je tiens à dé­fendre. C’est le plus im­por­tant pour moi », conclut Ni­co­la Cic­cone, un homme de chaque mot. Ima­gi­naire, un sixième al­bum qui l’amène en­core plus loin comme ar­tiste.

PHOTO THIER­RY AVRIL

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