Dans l'Ima­gi­naire DE NI­CO­LA CIC­CONE

Le Journal de Montreal - Weekend - - ACTUALITÉS - Mi­chelle Cou­dé-Lord

Il écrit au rythme de ses ins­pi­ra­tions au fil des heures et des jours et du temps qui passe. Ni­co­la Cic­cone ra­conte son al­bum Ima­gi­naire.

Tu m’aimes quand même

« L’amour pour moi, c’est ac­cep­ter l’autre mal­gré ses dé­fauts. Même si je suis un peu poète et voyou, tu m’aimes quand même. C’est sa­voir ai­mer l’autre mal­gré ses dé­fauts. C’est un peu comme si je vou­lais dire mer­ci aux filles de nous ai­mer mal­gré nos dé­fauts ».

Ar­ri­vé jus­qu’à toi

« C’est l’his­toire d’une per­sonne qui tra­verse beau­coup d’épreuves, beau­coup de re­la­tions pas tou­jours fruc­tueuses et en­so­leillées et, tout à coup, voi­là la lu­mière au bout du tun­nel. Un mo­ment don­né, il dé­cide d’ar­rê­ter sa quête, car il est ar­ri­vé à quel­qu’un. »

Pic­co­la Ita­lia

« J’étais dans un avion, je m’en al­lais en voyage à Bar­ce­lone; et j’ai eu le re­frain en tête. Je me suis dit que ce se­rait in­té­res­sant d’écrire une chan­son sur mon quar­tier. Vi­gneault a par­lé de Na­ta­sh­quan, Des­jar­dins de l’Abi­ti­bi, Fé­lix de son île et moi, c’est ma Pe­tite Ita­lie. Et je ne sais pas pour­quoi, à Bar­ce­lone, je chan­tais dans la rue, La mia

Pic­co­la, pic­co­la ita­lia… et l’ins­pi­ra­tion m’est ve­nue. Je parle de la Pe­tite Ita­lie, de ses odeurs, de ses gens, de ses ac­cents; si­tuer aus­si mon écri­ture dans ce quar­tier-là. C’est tout sim­ple­ment comme ce­la qu’elle est née ».

Lé­gè­re­té

« C’est quelque chose que je sou­haite à tout le monde, sur­tout à tous ceux qui vivent à 200 à l’heure. La lé­gè­re­té, c’est quelque chose d’im­por­tant dans la vie, car ça nous amène du re­cul, une cer­taine sa­gesse par rap­port à nos dé­ci­sions. Au dé­but de l’an­née, c’est quelque chose que je sou­haite à tout le monde la lé­gè­re­té. Car mes amis sont tous des fous comme moi, ils tra­vaillent tous très fort. »

J’t’aime pas, j’t’adore

« C’est un cri du coeur, cette chan­son-là. En tant qu’au­teur, je trouve tou­jours de nou­velles fa­çons de dire “je t’aime”. Alors moi j’ai trou­vé, “j’t’aime tout court, tu m’aimes quand même”. “J’t’aime pas, j’t’adore”, c’est une fa­çon de dire “je t’aime” à quel­qu’un, mais d’une autre ma­nière. “J’t’aime pas j’ta­dore”, c’est en­core plus fort que “j’t’aime”. Je vou­lais écrire une chan­son écla­tée, joyeuse, en­so­leillée. Le but, c’est de sou­rire à la fin. »

L’amore esiste an­co­ra (L’amour existe en­core)

« C’est la chan­son de Luc Pla­mon­don. J’avais fait un hom­mage à Luc et j’avais chan­té

L’amour existe en­core en ita­lien. Luc était ve­nu me voir pour me dire à quel point cette chan­son-là chan­tée en ita­lien était belle et ça lui don­nait une belle pro­fon­deur. C’est ma chan­son pré­fé­rée de Luc Pla­mon­don. Et les gens aiment ce­la quand je chante en ita­lien. »

Bou­le­vard Re­né-Lé­vesque

« Bou­le­vard Re­né-Lé­vesque, c’est l’image que j’ai chaque fois que je roule sur cette rue-là. L’image d’unir la ville d’est en ouest. Par­fois, on parle de ce qui nous dif­fé­ren­cie au Qué­bec, mais c’est im­por­tant aus­si de par­ler de ce qui nous ras­semble. Et il y a plein de gens comme mon père, des Ita­liens, des Grecs, des Qué­bé­cois pure laine qui ont construit plein de rues en tant qu’ou­vriers et qui portent le nom de fon­da­teurs qué­bé­cois. Mon père a 80 ans et fut un vrai bâ­tis­seur ici. Je vou­lais par cette chan­son don­ner une image ras­sem­bleuse. La chan­son le dit: lui et ses amis tra­vaillèrent sans re­fus pour chaque grand Qué­bé­cois, ils construi­sirent une rue. Papineau, Du­ples­sis, Cham­plain, Jean-Ta­lon, Bou­ras­sa, Cré­ma­zie, Lau­rier et Mas­son. Et cette chan­son met­tait la table pour l’autre qui suit… L’im­mi­grant. »

L’im­mi­grant

« C’est un su­jet d’ac­tua­li­té. Un su­jet par­fois ta­bou… j’es­saie d’ex­pli­quer le dé­ra­ci­ne­ment. Quand j’ai ter­mi­né l’al­bum, je l’ai fait écou­ter à des amis qui ve­naient des ré­gions comme l’Abi­ti­bi et le Sa­gue­nay et qui ont beau­coup ai­mé cette chan­son. Ils m’ont ex­pli­qué que l’im­mi­gra­tion se vi­vait aus­si d’une ré­gion à une autre. À Mon­tréal, ils se sen­taient à leur ar­ri­vée comme des im­mi­grants. Ils ont tous vé­cu un grand dé­ra­ci­ne­ment. Ils perdent leurs re­pères. Je veux que par cette chan­son, les gens soient plus sen­sibles lors­qu’ils en­tendent quel­qu’un dire qu’ils s’en­nuient de son chez­soi… faut pas lui dire bê­te­ment de re­tour­ner chez eux. Ce n’est pas simple. Tu peux t’en­nuyer de tes points de re­père. J’ai en­ten­du sou­vent mon père dire que son ailleurs lui man­quait. Mes amis de l’Abi­ti­bi ont per­du leurs re­pères à Mon­tréal. »

Toi et Moi

« C’est un dia­logue entre une per­sonne qui veut ai­mer l’autre et une autre per­sonne désa­bu­sée par rap­port à l’amour. Une belle chan­son ryth­mée. »

L’amour est un porc-épic

« Une des mes idoles est Jacques Du­tronc. J’adore sa chan­son, Le

cac­tus. J’avais le goût de faire une chan­son qui bouge et qui a un mes­sage. Ce qui n’est pas tou­jours fa­cile. Lui, il com­pare la vie à un cac­tus, moi je dis que l’amour pique aus­si, donc ça donne l’amour est un porc-épic. C’est aus­si une chan­son plus écla­tée, moins in­tense. C’est im­por­tant dans un al­bum d’avoir plu­sieurs di­men­sions, de chan­ger com­plè­te­ment de dé­cors. »

La danse du pour­quoi

«Ce n’est pas une chan­son qui veut por­ter un ju­ge­ment, mais il y a plein de choses dans la vie qui ar­rivent et qu’on ne com­prend pas vrai­ment et dont on ne connait pas l’ori­gine. Ça reste dans le do­miane de l’in­cons­cience hu­maine... comme lorsque j’écris, une jeune ado­les­cente vou­lant chan­ger le monde, au nom de Dieu, vient à vê­tir son corps de bombes, elle ouvre grand les bras sur nous et sur nos coeurs, puis part vers l’au-de­là...»

La dé­rive des conti­nents

«J’avais une image de deux conti­nents qui se sé­parent et deux coeurs qui se sé­parent; je trou­vais que l’image était forte pour sym­bo­li­ser la sé­pa­ra­tion. Bien des gens qui s’aiment vivent dans des conti­nents dif­fé­rents. Cha­cun dé­ci­de­ra ce que veut dire cette chan­son pour lui ou elle. Mais pour moi, c’est ma fa­çon de par­ler d’une rup­ture.»

Les mots qu’on a peur

d’en­tendre et Fé­mi­ni­té

«Au dé­but, j’ai écrit le couple de la chan­son

Fé­mi­ni­té, une chan­son dé­diée aux femmes at­teintes d’un cancer du sein. J’ai vu à tra­vers une amie at­teinte d’un cancer du sein prendre une aus­si une belle route mal­gré cette épreuve. Le mot cancer n’était pas une fa­ta­li­té pour elle. Cette chan­son rend hom­mage à toutes celles qui luttent et ceux qui les aident. Ce sont des bat­tantes.»

POUR­QUOI LE TITRE IMA­GI­NAIRE?

«Moi, je viens du pe­tit monde. À dé­faut d’avoir de l’ar­gent, j’avais l’ima­gi­naire... mes amis ne sont pas des au­teurs-com­po­si­teurs, y’en a même qui sont des voyous, mais moi, grâce à l’écri­ture et la mu­sique, je suis res­té de­bout.» L’al­bum Ima­gi­naire se­ra en ma­ga­sin le 23 mars.

PHOTO THIER­RY AVRIL

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