Des vam­pires au rock’n roll

Quand on a joué dans un film aus­si po­pu­laire que Twi­light, qui a fait des mil­lions de dol­lars, on peut se re­po­ser sur nos lau­riers. En ef­fet, notre ave­nir pro­fes­sion­nel (et fi­nan­cier) est as­su­ré.

Le Journal de Montreal - Weekend - - ACTUALITÉS -

Mais plu­tôt que de jouer à nou­veau dans un film grand pu­blic, ce qui au­rait été la so­lu­tion de fa­ci­li­té, la jeune Kris­ten Ste­wart (qui joue Bel­la Swan) a choi­si d’in­ter­pré­ter une ro­ckeuse les­bienne, qui joue de la gui­tare élec­trique, qui boit comme un trou et se drogue, dans le film in­dé­pen­dant The Ru­na­ways. Et elle est ex-cel-lente !

Le film de Flo­ria Si­gis­mon­di ra­conte l’his­toire vraie des Ru­na­ways, un groupe des an­nées 1970 aux États unis, for­mé en­tiè­re­ment de filles de moins de 16 ans.

Kris­ten Ste­wart y in­carne avec beau­coup de cré­di­bi­li­té la jeune Joan Jett (celle qui chante I Love Rock’N

Roll ) et la res­sem­blance avec la vraie ro­ckeuse est frap­pante. D'ailleurs, Joan Jett, en plus d’être la pro­duc­trice exé­cu­tive du film, était pré­sente tous les jours sur le tour­nage pour pro­di­guer ses conseils à Kris­ten et à Da­ko­ta Fan­ning, qui in­carne la blonde et sen­suelle chan­teuse du groupe, Che­rie Cur­rie.

Ce film fas­ci­nant re­trace l’as­cen­sion de ces toutes jeunes filles, qui s’em­merdent dans leurs ban­lieues, avec des pa­rents ab­sents ou al­coo­liques, et qui sont re­cru­tées pour faire par­tie du pre­mier « all fe­male rock brand ».

SEX, DRUGS AND ROCK’N’ROLL

Si vous trou­vez cho­quantes les images d’hy­per­sexua­li­sa­tion des jeunes filles en 2010, vous al­lez voir que les Ru­na­ways mi­saient dé­jà dans les an­nées 1970 sur le look Lo­li­ta ex­pli­cite. Leur gé­rant les ap­pe­lait d’ailleurs des jail­baits (lit­té­ra­le­ment des ha­me­çons à pri­son), avec leurs te­nues et leurs mi­miques pro­vo­cantes des­ti­nées à agui­cher les hommes qui aiment les très jeunes filles.

Les Ru­na­ways ont connu énor­mé­ment de suc­cès, mais n’ont sur­vé­cu que trois ans. Que cinq ados de 15 ans aient pu se pro­me­ner en tour­née aux États-Unis, de bar mi­teux en salle de se­conde zone, avec pour seul cha­pe­ron un homme aux mains ba­la­deuses, ça ne pou­vait se pas­ser que dans les an­nées 70, l’âge d’or du « sex, drugs and rock’n roll ».

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